Ouverture aujourd’hui du Sommet de l’Oif : Dakar grouille… d’enjeux

Ce samedi et demain, le Sénégal sera la capitale du monde francophone où se bousculent depuis hier plusieurs dirigeants. Même s’il cristallise beaucoup de passions, il reste un moment diplomatique prestigieux pour chaque pays. Et les enjeux sont nombreux.

On parle francophonie ce week end. Depuis quelques jours, Dakar accueille un flot de voyageurs prestigieux dans un aéroport clinquant. La plupart des dirigeants du monde francophone sont dans la capitale sénégalaise : Ils sont 77 chefs d’Etat ou de gouvernement. Macky Sall a donc passé l’après-midi d’hier à les recevoir un par un à la sortie de leur avion. Le nouveau président de la transition du Burkina Faso, Michel Kafando, a effectué son premier voyage officiel à l’étranger à Dakar. Il faut juste souligner l’absence du Roi Mohamed VI du Ma­roc.

Il ne faut pas faire la fine bouche évidemment en accueillant le XVème Sommet de la Franco­pho­nie. L’es­pace francophone est actuellement le 6ème espace géopolitique et il pourrait rapidement se hisser à la quatrième place. Il est un vivier économique sous-estimé. Même si aux jeux des comparaisons, il n’a pas l’envergure du G8, de l’Assemblée générale de l’Onu, de l’Oci. Mais, il reste un rendez-vous prestigieux et un succès pour la diplomatie sénégalaise.
Les chefs d’État et de gouvernement de l’Oif se réunissent pour définir les prochaines orientations de la Francophonie, statuer sur l’admission de nouveaux pays membres et élire le prochain Secrétaire général de la Franco­phonie. Les enjeux politiques sont réels et ont pris le dessus sur quasiment les questions culturelles. Il crève les yeux que les regards du monde francophone sont forcément tournés vers Dakar. Elle devra entériner la nomination du nouveau secrétaire général de l’organisation. Abdou Diouf retrouve son pays peuplé d’heureux souvenirs pour faire ses adieux à la vie active et publique. Quel couronnement !
Dans les coulisses de la rencon­tre, on continue d’échafauder des stratégies pour lui trouver un successeur idéal. On connait les candidats en lice (voir par ailleurs) mais personne n’arrive à faire rallier le consensus autour de sa candidature. En coulisses, les tractations se poursuivent, même si dans les couloirs ce sont plutôt les plaisanteries. Même si cela va se décider au niveau des chefs d’Etat, lors du huis clos.

77 dirigeants à Dakar
Aujourd’hui, les questions liées à la Francophonie économique, à la situation des femmes, des jeunes, la résolution des conflits, le développement durable, la solidarité entre les pays francophones n’auront pas un écho retentissant durant ce week end. Alors que plusieurs spécialistes alertent sur cette fragile cohésion à travers la langue française qui reste de moins en moins influente dans le monde. En Afrique, des pays comme le Gabon et surtout le Rwanda ont adopté l’étude de l’anglais pour parier sur l’avenir. Les chiffres sont là : Le français est la 5ème langue la plus parlée du monde, avec 274 millions de locuteurs à travers cinq continents. Selon le dernier rapport de l’Organisation internationale de la Francophonie, il se porte surtout bien et s’enracine progressivement en Afrique. Ses locuteurs seront au nombre de 767 millions d’ici à 2060, avec 85% de ses effectifs en Afrique.

Mohamed VI absent
Ça tombe bien : Ce sommet se tient à Dakar qui a contribué fortement à l’éclat de la Francophonie dans le monde à travers Léopold Sédar Senghor. Il a fallu deux années de travail pour draper la ville des couleurs de la Franco­phonie. Il a donc exigé des dépenses qui ont fait naître des polémiques sur son opportunité. Jugées «prestigieuses», elles font grincer des dents dans le pays. La construction du Centre de conférence de Diamniadio, qui aurait coûté plus de 50 milliards de F Cfa, a suscité plus de passions dans ce pays que ce rendez-vous diplomatique. Construit à la lisière de Dakar, il serait le premier joyau, d’après les autorités, d’un grand Pôle urbain composé d’hôtels, d’immeubles administratifs après l’aéroport de Diass. Ces investissements et l’organisation ont subjugué les responsables de l’Oif. En marge d’un dîner offert à une brochette de journalistes, Clément Duhaime, administrateur de l’Oif, s’est dit «émerveillé par l’organisation» et «subjugué par la réalisation du Centre de conférences, la décoration intérieure» de l’infrastructure, le niveau de participation. Bref, il assure qu’il s’agit du sommet le mieux organisé jusqu’ici. On fera le bilan dimanche soir.

  • Écrit par  Bocar SAKHO

bsakho@lequotidien.sn

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