Ouverture des classes en banlieue : La Tabaski retient les élèves à la maison

Dans la banlieue dakaroise, les dépenses de la Tabaski ont différé l’effectivité de la rentrée des classes. N’ayant pas encore inscrits leurs enfants, les parents d’élèves sont dans l’attente de jours meilleurs pour effectuer ces formalités administratives. 

Ils sont encore en train de digérer leur mouton tranquillement chez eux. Les élèves ont décidé de prolonger les vacances scolaires. Alors que la rentrée des classes était fixée hier sur toute l’étendue du territoire national.

Finalement, il n’y a pas eu d’«Ubbi tey jang tey» à cause de la volonté des potaches de boycotter encore les salles de cours. Dans la banlieue dakaroise, les enseignants et les chefs d’établissement ont pourtant répondu à l’appel de l’école.

Et les raisons de ces absences s’expliqueraient par les inscriptions qu’ils n’ont pas encore effectuées. Malgré la circulaire du ministère de l’Education nationale qui a exigé l’admission en classe de tous les élèves en attendant la régularisation de ces formalités administratives. 

Chez les parents d’élèves, on est encore en train de faire le décompte des folles dépenses de la Tabaski qui a désagrégé le budget familial.

Entre les deux choix, l’école a été reléguée au second plan. Jusqu’au mois prochain peut-être ? «Nous avons tout dépensé durant la Tabaski. On va trouver de l’argent dans cette semaine.

Peut-être que nous allons attendre jusqu’à la fin de ce mois faute de moins», explique un parent d’élèves. 
A l’école 25 de Guédiawaye, les mômes qui se sont déplacés ont déjà les vacances scolaires derrière eux. Sous leurs airs innocents, ils scellent leurs retrouvailles avec leurs sourires enchantés.

Dans d’autres salles de classe, les instituteurs et institutrices font l’appel en ce jour de prise de contact. Abdourahmane Sylla, venu inscrire ses 5 enfants, fait le constat : «L’argent fait défaut, tout ce qu’on avait, on l’a dépensé pendant la Tabaski. Moi j’ai 5 enfants que je dois inscrire et les inscriptions passent de 3 à 7 mille. Il faut au minimum 30 mille francs Cfa pour le faire. C’est difficile.» C’est la dure réalité du moment. 

A l’école 23/B, située dans la commune d’arrondissement de Wakhi­nane Nimzatt, la directrice Mme Kébé a le sourire ce matin. La plupart des élèves ont décidé de reprendre les activités scolaires et elle a réussi à faire démarrer quelques cours. De toute façon, la rigueur de cet établissement a atteint une notoriété nationale grâce à ses brillants résultats aux examens de fin d’année.

Ce parent est enthousiaste après avoir anticipé sur le déroulement des évènements : «J’ai très tôt inscrit mes enfants parce que cet établissement fait partie des meilleurs de la banlieue. Et le nombre est limité. Si tu ne viens pas très tôt, tes enfants risquent de ne pas être inscrits.» Il soupire de joie. 

A l’école Dhl, les parents d’élèves traînent encore le pas dans la cour pour inscrire leurs enfants. Pape Sy est déjà concentré sur l’année scolaire qu’il espère apaisée. Il dit : «Nous souhaitons une année scolaire calme et espérons que les enseignants feront correctement les cours. Les enfants rentrent souvent en soutenant Mme est malade, demain ils te diront que notre maître est allé à l’hôpital. Après-demain, ils sont absents et qu’il n’y a personne pour  dispenser de cours.» Ainsi va l’école sénégalaise…

  • Écrit par  Abdou Latif MANSARAY

latifmansaray@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*