«Panama Papers»: révélations sur un scandale international d’évasion fiscale

mediaParmi les personnalités mises en cause dans les «Panama papers», Michel Platini.Reuters/Eric Gaillard/Files

Depuis ce dimanche soir, des médias du monde entier commencent à publier des révélations sur les avoirs cachés de personnalités du monde entier. Plusieurs présidents qui sont en poste actuellement sont cités dans des documents confidentiels que se sont procurés 370 journalistes de 107 rédactions.

On parle de la fuite la plus massive de l’histoire du journalisme. Dix fois plus importante que le dossier Offshore Leaks révélé en 2013, elle représente au total 11,5 millions documents, 2,6 téraoctets de données provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé dans le montage de sociétés offshore.

Cette masse de documents, qui comporte des mails, des notes, des tableaux, des fax, a été livrée par une source anonyme au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Pour les décrypter, le journal s’est associé à 106 autres rédactions à travers le monde et auConsortium international des journalistes d’investigation basé à Washington. Depuis ce dimanche 3 avril, ces journaux publient des révélations qui pourraient s’avérer délicates pour certains.

Douze chefs d’Etat, dont six en exercice sont mis en cause. Il y a aussi des milliardaires, des grands noms du sport, comme le footballeur Lionel Messi ou Michel Platini. Tous sont soupçonnés d’avoir recouru à des montages offshore pour dissimuler leurs actifs. Parmi les noms cités figurent Nawaz Sharif, le Premier ministre pakistanais, le roi Salman d’Arabie saoudite, le président ukrainien Petro Porochenko, son homologue argentin Mauricio Macri, ou le Premier ministre islandais, etc.

Les révélations éclaboussent des proches de Vladimir Poutine et notamment le parrain de sa fille. Les documents montrent comment les amis du président russe ont amassé et sorti du pays des sommes colossales puisées dans l’argent public.


Personne n’y échappe, c’est un grand réseau qui est révélé qui va bien au-delà de la simple entreprise mise en cause…
Manon Aubry, porte-parole de l’ONG Oxfam04/04/2016 – par RFIÉcouter

■ Un incroyable système de fraude basé sur des sociétés écrans

Les structures offshore créées ou administrées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca ne sont pas forcément illégales ou opaques. Leur rôle principal est de dissimuler des avoirs grâce au recours à des prête-noms.

C’est ainsi que l’argent propre côtoie l’argent sale. Les avoirs provenant de la fraude fiscale rencontrent l’argent du crime organisé et de la corruption, les grandes fortunes et les stars du football se mêlent aux réseaux mafieux et aux chefs d’Etat corrompus.

Les soi-disant « clients » sont protégés par d’autres sociétés, créées aux quatre coins du monde, qui s’emboîtent les unes dans les autres et rendent l’argent intraçable. Ce sont des montages qui exploitent les failles de la régulation et compliquent le travail du fisc.

Un exemple parmi d’autres : quatre ans après la faillite de son système bancaire, la petite Islande se retrouve au cœur du scandale, avec son actuel Premier ministre et sa femme. Alors que plusieurs banquiers islandais croupissent dans les prisons, le couple dissimulait ses avoirs par le biais d’une société baptisée Wintris, enregistrée dans les îles Vierges britanniques. Plusieurs autres politiques islandais sont mis en cause.

Par RFI

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