Pape Diouf, ancien président de l’OM, mis en examen: «Je ne comprends plus rien à la justice»

Après Jean-Claude Dassier, Philippe Pérez et Antoine Veyrat, Pape Diouf, l’ancien président de Marseille, a été le quatrième dirigeant mis en examen par le juge d’instruction Guillaume Cotelle, dans l’affaire des transferts douteux de l’OM.

«Quand avez-vous appris votre mise en examen ?

J’ai été convoqué hier après-midi (vendredi après-midi) par le juge d’instruction Guillaume Cotelle, qui m’a signifié ma mise en examen. Les détails sont cocasses… C’est à propos de la gestion des abonnements des supporters au Vélodrome et de Thomas Deruda (ex-joueur de l’OM de 2004 à 2009, fils de Richard, ancien membre du grand banditisme marseillais). Je pensais pouvoir m’expliquer là-dessus.

Ce sont les deux points qu’on vous reproche ?

Le danger, derrière ça, est qu’on se dise :  »Il n’y a pas de fumée sans feu, c’est dans le cadre des transferts frauduleux de l’OM, il a croqué ». Or, on me reproche de ne pas avoir enlevé les abonnements, alors qu’il y a eu tellement de dirigeants qui sont passés, des juristes au conseil de surveillance, et même un magistrat à la tête du club (Etienne Ceccaldi, en 2001) : personne n’a remis en cause ce procédé. Un procédé certes discutable, mais sur le plan philosophique, mais pas sur le plan judiciaire. Ensuite, on me reproche Thomas Deruda, qui était déjà au club quand je suis arrivé.

Quel est précisément le problème avec Deruda ?

Pour le juge, on lui a payé des salaires, et on l’a payé pour qu’il parte (dans le cadre d’une résiliation de contrat, ndlr). Mais ça, on le fait pour tous les joueurs. Parfois, un joueur acheté 20 millions d’euros, on le paie pour partir. Parfois, on prête un joueur à un club, et on prend encore une partie du salaire, la moitié ou tout, en espérant que le joueur parte définitivement dans ce club. Mais le juge ne comprend pas ça. Deruda, je n’étais pas au club quand il est arrivé. Et la première fois que j’ai signé son contrat, je ne savais même pas ce que représentait son nom. J’ai rencontré le père Deruda ensuite, comme j’ai rencontré le père Benatia, le père Nasri, etc. Imaginez que le père de Leyti Ndiaye, un joueur qui est resté dix ans au club, soit un membre du grand banditisme… là on nous aurait directement tués… Deruda a joué quatre matches avec nous ! La mise en examen des autres dirigeants (Dassier, Veyrat, Pérez) résulte d’erreurs de gestion, ils venaient d’arriver, ne savaient pas ce qu’il fallait signer ou pas. Et j’ai l’impression, au fond de moi, qu’ils n’avaient absolument pas la volonté de croquer. Ils n’ont pas pris d’argent. Moi, on ne me reproche même pas ces erreurs de gestion, huit ans après que j’ai quitté le club en laissant 40 millions d’euros dans les caisses. Deux ans après, il y avait 48 millions de déficit. Et on me dit aujourd’hui, abus de biens sociaux à cause des supporters ?

Il y avait un président du conseil de surveillance, au-dessus de vous (Mehdi El Glaoui, plus Vincent Labrune)…

La question des abonnements n’a jamais été soulevée. J’ai compris qu’une personne (Labrune, ndlr) a utilisé toutes les manœuvres possibles, toutes les manigances, pour charger tout le monde, dire que nous étions sous l’influence de Deruda et compagnie. Pourquoi en est-il sorti comme simple témoin assisté ? Je ne comprends plus rien à la justice. Ça me navre d’être enveloppé dans ce chapitre des transferts frauduleux, alors que j’ai tout fait pour qu’on respecte la loi et la morale à l’OM. Le juge Cotelle pense que toutes les institutions marseillaises sont infestées de voyous, alors j’ai compris, qu’à la place de taper directement sur les voyous, on essaie de les avoir indirectement, par d’autres moyens.»

lequipe.fr

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