Parution du Tome 2 du livre “le Coran, exégèse par Cheikh Ibrahima Niass (BAYE) de Kaolack”

Le professeur Mamadou Mouspha Sarr, Maître de conférence à l’Université de Thiès, vient de publier le tome 2 de sa collection “Le Coran, Exégèse par Cheikh Ibrahima Niass (Baye) de Kaolack’’, un travail qui à terme doit compter 10 ouvrages.

Ce tome 2, qui parait un an après le premier, porte sur les sourates “La famille d’Imran ‘Ali Imran)” et “Les femmes (An Nisa)”.

Comme le premier, il constitue “une traduction en langue française des nombreuses séances d’exégèse du Saint Coran que Mawlânâ Cheikh Ibrahima Niass […] faisait chaque année au cours du mois de Ramadan à l’entrée de sa maison sise au quartier de Médina Baye de Kaolack”.

Pour sa rédaction, il s’est appuyé sur les CD audio dans lesquels a été compilé “ce travail remarquable que le guide religieux a mené pendant plusieurs auprès de ses fidèles”.

La compilation est introduite par un discours d’Oustaz Barham Diop dont l’auteur se fait aussi l’écho.

Le prpfesseur Sarr, médecin de formation et spécialiste en neurologie, explique qu’il s’est agi pour lui “de traduire les paroles du Cheikh”.

Ainsi, “toutes les idées développées sont celles du Cheikh”, assure-t-il dans l’avant-propos de l’ouvrage, soulignant que son challenge “est de ne pas les déformer, donc ne pas les trahir”.

Une manière pour lui de s’inscrire dans le sillage de celui dont il est le disciple et qui d’après lui “réunissait toutes les qualités d’un bon exégèse”.

Selon l’auteur, le Cheikh “utilisait le Djalânaïni, mais il faisait appel à l’essentiel des exégèses des grands érudits. Il maîtrisait son sujet et faisait preuve de beaucoup de pédagogie”.

“L’objectivité était une caractéristique fondamentale de l’exégèse du Cheikh…il était possible de l’écouter jusqu’à terme sans savoir ni son identité, ni sa confrérie, ni son école de pensée, ni ses parents. Son seul objectif était d’expliquer clairement les versets”.

Le professeur Sarr indique que “le Coran lui suffisait pour tout”. “Remède contre toutes sortes de maladies”, il représentait également pour lui “un rempart contre tous types de malheur, de crainte ou d’angoisse”.

Il estime que le travail de traduction des séances d’exégèse revêt un caractère essentiel compte tenu du fait que “le Cheikh a aujourd’hui des millions de disciples dans le monde”, dont une “une très infime minorité […] comprend le wolof”, langue dans laquelle le guide spirituel faisait ses interventions.

Cheikh El Hadji Ibrahima Niasse, plus connu sous le nom de Baye Niasse, est l’une des plus grandes figures de la confrérie des tidjanes au Sénégal. La Jamhiyatu Ansaru-Din, l’association internationale qui réunit ses disciples, revendique “plus de 100 millions” de membres.

Ibrahima Niasse – à l’état civil – est né en 1900 à Taïba Niassène, un village situé dans la région de Kaolack, où il cultiva la terre durant sa jeunesse. Son père Abdoulaye était un grand érudit et l’une des figures de proue de la tidjaniya.

Après avoir fondé la ville de Médina Baye en 1930 et accompli le pèlerinage à La Mecque en 1937, Baye Niasse, que l’on nommera Cheikh Al Islam plus tard, fut très vite connu au Sénégal et dans la sous-région ouest-africaine. Non seulement par la diversité du savoir qu’il dispensait, mais surtout par son implication dans les grandes causes africaines.

Panafricaniste convaincu, il visite plusieurs grandes villes d’Afrique pour expliquer la tidjaniya, une branche de l’islam soufi.

Le Maroc, la Mauritanie, le Soudan, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Nigeria, le Niger, le Tchad, la Guinée, le Mali, la France, l’Angleterre (où il rendit l’âme), le Pakistan, l’Irak, l’Iran et la Chine étaient ses principales destinations.

Dans un monde marqué par la colonisation, puis par la guerre froide, Cheikh Ibrahima Niasse parvint à se rendre aux quatre coins du monde pour vulgariser la Sunnah du prophète Mouhamad (PSL).

Par ses nombreux périples effectués dans la sous-région ouest-africaine, en Europe et en Asie, Baye Niasse acquit une réputation d’apôtre du panafricanisme.

“Baye Niasse s’est aussi rendu hors du continent, notamment en France, en Angleterre, en Belgique, en Indonésie, en Chine et au Pakistan pour y prêcher. Il fut notamment le premier négro-africain à diriger la prière dans la prestigieuse mosquée d’Al Azhar, en Egypte”.

Au début des années 1960, il fut nommé membre de l’Académie de recherche de l’Université d’Al Azhar, ensuite secrétaire général adjoint de la Ligue mondiale islamique, basée à La Mecque (Arabie Saoudite), puis vice-président du Congrès mondial islamique, dont le siège se trouve à Karachi (Pakistan).

“C’est un homme qui sans doute dispose d’une longueur d’avance sur sa génération et son époque’’, commente l’auteur.

APS