Patrick Mbeko: « La décision du président Kenyatta est extrêmement grave pour l’Afrique »

Patrick Mbeko président KenyattaLe siècle d’exploitation et de domination de l’Afrique par l’Occident se poursuit a déclaré le président Uhuru Kenyatta du Kenya lors d’une allocution devant le Parlement de son pays, avant de prendre l’avion pour se rendre à la Cour Pénale Internationale (CPI) où il a été inculpé de crimes contre l’humanité. 

Peu importe les raisons ayant motivé l’action du président Kenyatta, je trouve cette décision extrêmement grave. Je suis très déçu. Déçu parce qu’encore une fois, un chef d’État africain respecté et respectable vient de faire honte à tout un continent en montrant à la face du monde que nous demeurerons à jamais de vrais esclaves. Un grand chef d’État comme lui, répondre devant une cour politique au service de l’impérialisme occidental !!! Il va se placer devant des juges aux motivations obscures et une autre « peau noire masque blanc » nommée Fatou Bensou… quelque chose, la procureure.

Le président a lui-même affirmé que la CPI est une cour politique qui ne s’attaque qu’aux Africains, mais que va-t-il faire là-bas ?

Le pire dans l’histoire, c’est que le dossier est vide, la procureure a admis ne pas disposer de preuves suffisantes. Le président Kenyatta a-t-il seulement réfléchi aux conséquences que son acte peut entraîner dans le mécanisme psychique de cette jeunesse africaine qui appelle de tous ses vœux à un sursaut d’orgueil de la part des dirigeants africains face aux assauts répétés des impérialistes occidentaux qui utilisent toutes ces organisations-pièges (FMI, BM, OMC, CPI…) pour dominer l’Afrique et ses habitants ?

Quel message compte-t-il faire passer quand on sait qu’il y a peu, l’Union Africaine (UA) affirmait haut et fort qu’elle n’entend plus céder aux « caprices » de cette cour pénale occidentale ?

Les dirigeants africains ne mesurent pas la portée de certaines actions qu’ils posent. Est-ce le poids de l’aliénation mentale, culturelle et intellectuelle qui caractérise la plupart de nos dirigeants ? 

Je ne peux observer cette histoire sans me remémorer les paroles de John Laughland (directeur du Think Tank « Institut pour la Démocratie et la Coopération ») lors d’une discussion que nous avons eue dans son bureau à Paris l’été passé. Nous devrions travailler sur un projet lié à la CPI, projet qui devait être remis aux responsables de l’UA.

En parlant de la grogne des chefs d’État africains au sujet de la CPI, John a dit, je cite : « Tout dépend des dirigeants africains. Ils ne peuvent pas demander une chose et son contraire… » Le président Kenyatta vient d’en faire la preuve. Est-ce le continent africain qui est maudit ou ses leaders qui sont complètement déconnectés ? Triste jour pour une Afrique qui se veut souveraine…

Patrick Mbeko
Analyste de questions géopolitiques

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