PDS-REWMI – Chaise vide aux Assises et à la concertation sur la décentralisation : L’acte 2 des boycotteurs

 

Il faudra encore attendre pour voir le chef de l’Etat dialoguer avec le Parti démocratique sénégalais (Pds), ses alliés et le parti Rewmi. En refusant de partager une séance de travail avec Macky Sall sur l’Acte 3 de la décentralisation, le Pds et le parti Rewmi se rappellent au bon souvenir des acteurs des Assises nationales dans lesquelles se reconnaît l’actuel chef de l’Etat.

Tout en dénonçant la démarche de l’Exécutif, les Libéraux suivent le mot d’ordre de Samuel Sarr, qui avait rejeté l’offre de dialogue politique du chef de l’Etat. Leurs alter ego de Rewmi, qui avaient refusé aussi de participer aux Assises nationales, prolongent leur bras de fer avec la coalition Benno bokk yaakaar (Bby) exacerbé par les récentes manœuvres du pouvoir au sein de l’Hémicycle afin de les empêcher de mettre sur pied un groupe parlementaire.

De la démarche dépendra le caractère inclusif des concertations sur l’Acte 3 de la décentralisation. Depuis hier, Macky Sall reçoit ses opposants au palais de la République. Sans le Parti démocratique sénégalais (Pds) et le parti Rewmi de Idrissa Seck. Ces deux formations politiques et leurs alliés (pour le premier nommé) ont refusé de prendre part aux échanges qui doivent aboutir au report des élections locales de 2014.

Les Libéraux dans une logique de combat
Les Libéraux restent donc dans la logique de combat qui les oppose au camp présidentiel depuis le 25 mars 2012 pour ne pas dire depuis la création de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).

Surtout  que Karim Wade est la première victime des enquêtes sur les biens supposés mal acquis. Toutefois,  les Libéraux accusent Macky Sall d’avoir fauté dans la démarche adoptée en faisant envoyer les invitations par le ministre de l’Intérieur. Celles-ci, disent-ils, devraient être signées par le chef de l’Etat lui-même et non pas par Abdoulaye Daouda Diallo. En dehors des discussions sur le Code et le processus électoral (Code électoral de 1992, création de l’Onel, refonte du fichier électoral en 2004), le Pds n’a guère partagé un banquet avec ses adversaires d’aujourd’hui.

Les Assises nationales en sont l’illustration la plus marquante. En 2008, Abdoulaye Wade avait même menacé de sanctionner ses partisans, qui daigneraient verser à la moindre boîte à idées ouverte par le président du Comité de pilotage des assises, Amadou Makhtar Mbow.

Le «mot d’ordre» du Wadiste éternel Samuel Sarr

A la salle des banquets du Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor, le Président Macky Sall est entouré d’«Assisards» pour recueillir les avis de la classe politique sur l’Acte 3 de la décentralisation. A la place de la politique de la chaise vide, les Libéraux pouvaient opter pour le spectacle en boudant la salle au moment des débats. Mais le Pds a suivi le «mot d’ordre» de Samuel Sarr qui, des jours auparavant, avait demandé à ses frères libéraux de boycotter le dialogue politique.

Pourtant, l’ancien ministre de l’Energie sous le régime du Président Wade, ciblé dans le cadre de la traque des biens mal acquis, ne se définit point comme un Libéral militant mais comme un «Wadiste éternel». Heureusement que le coordonnateur du Parti démocratique sénégalais, Oumar Sarr, a abondé dans le même sens. Sinon, la querelle de leadership qui dépeuple le Pds depuis la «retraite» politique de son chef Abdoulaye Wade en serait ravivée.

Rewmi emprunte la méthode Macky Sall

Dans l’opposition, le Pds a un potentiel allié. Il s’agit du parti Rewmi. La formation politique de Idrissa Seck a décidé de ne pas mettre les pieds dans les jardins du Palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor dans le cadre des concertations en cours. C’est un acte parmi tant d’autres. En effet, Rewmi semble définitivement tourner le dos à son ancien allié. Au-delà des combinaisons électorales de 2012 basées sur le slogan «Tous contre Wade», les «Orange» ont rarement encouragé le dialogue politique. Même étant dans l’opposition, ils n’avaient pas trouvé opportun de participer aux Assises nationales, en 2008.

A l’époque, Idrissa Seck et ses partisans œuvraient pour leur retour au parti de son «père», Abdoulaye Wade, alors que le fils biologique Karim jetait les bases la Génération du Concret. Malgré les appels du Président Macky Sall, Rewmi a visiblement choisi la radicalisation. Il faut relever que le président de l’Alliance pour la République (Apr) avait fait sienne cette démarche au moment de la rupture avec Abdoulaye Wade. Pour aucun prétexte, Macky Sall n’a accepté de rencontrer son ancien maître. «La page Abdoulaye Wade est définitivement tournée», répétait le nouvel opposant de l’époque.

La recette a payé. A coup sûr, Rewmi aura  du mal à pardonner au président de la République, Macky Sall, le fait de manœuvrer jusqu’à lui empêcher la création d’un groupe parlementaire, le 11 octobre dernier à la Place Soweto, lors du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale. Aujour­d’hui, c’est au tour du maire de Thiès d’appliquer la réciprocité  en tentant de porter un coup sur la crédibilité des concertations engagées par le Président Macky Sall. Le combat à mort entre la Coalition Benno Bokk Yaakaar et Rewmi ne fait que commencer.

biramefaye@lequotidien.sn

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