PECHE ILLEGALE : «Le Sénégal dans les mailles de la mafia du thon et des Russes», selon une Ong

pechtonLa gouvernance du secteur de la pêche pose un sérieux problème aux acteurs. En effet, la signature de l’accord de coopération avec l’Union européenne, «sans consultation de l’Assemblée nationale» et la présence des navires russes sur nos côtes entrainent, selon ces derniers, l’accaparement de nos océans.

Ça râle dans le secteur de la pêche. Plusieurs mesures prises récemment par les autorités en charge de ce secteur n’agréent pas certains acteurs. C’est le cas de la plateforme «Pêche-Ecologie». Laquelle, dans un communiqué de presse parvenu à Wal Fadjri, dénonce le fait que le président Macky Sall, porte-parole des pays africains et facilitateur de l’Union européenne, «offre le Sénégal à la politique commune des pêches «Pcp» de l’Union européenne, le plus mauvais cadre législatif de l’Europe». Surtout dans ce contexte de mondialisation mettant en risque les pays tiers et de compromis politique et économique en Afrique.

Ces acteurs de la pêche soulignent que le protocole, une fois paraphé, devait être transmis à l’Assemblée nationale qui autorise le président de la République à ratifier par décret l’accord de coopération de pêche. Mais, relève le texte, cela n’a pas été le cas et aucun parlementaire ne peut justifier cette situation. «La délégation composée des membres du gouvernement, des armateurs de pêche et des opérateurs mareyeurs à Bruxelles pour reprendre le même protocole avec le même contenu intégral sans changement de forme et de fond, nous renseigne que le Sénégal n’a pas respecté la trajectoire de la procédure autorisant un second accord de pêche de ce genre», fustige cette plateforme.

Les camarades de Mamadou Diop Thioune, leader du Réseau Green&Marines Africa regrettent aussi que le pays puisse faire bénéficier des «bateaux monstres des russes» d’une présence illégale, non réglementée et incontrôlée dans nos eaux, sous prétexte d’un droit de pêche en contrepartie de  l’exploitation d’une fabrique de glace comme motif de reprise de l’Africamer.

Ils dénoncent par ailleurs le manque de transparence dans le secteur de la pêche. Et listent, au Sénégal, une présence de 130 projets de sociétés mixtes agréés dans le domaine de la pêche industrielle, avec essentiellement des entreprises Sénégalo-espagnoles, Sénégalo-françaises, Sénégalo-chinoises, Sénégalo-coréennes, Sénégalo-italiennes. Ce, en plus de 27  sociétés mixtes pour 41 navires qui bénéficient des investissements européens et des pavillons sénégalais ne débarquant pas un kilogramme de produit à Dakar. «Le Sénégal est victime de sa politique de pêche et met en péril  la  gestion durable des ressources car le poisson est renouvelable et non inépuisable», soutiennent ces acteurs.

Non a l’accaparement des océans

A l’origine de pertes de recettes estimées à 50 milliards de francs Cfa par an, la pêche Inn n’est pas bien combattue, selon ces acteurs de la pêche. Qui estiment que la présence des navires thoniers est une menace environnementale des écosystèmes marins avec l’utilisation des dispositifs de concentration de poissons et le déficit de moyens criard de moyens de surveillance et de contrôle en haute mer malgré  l’usage du code «Alpha» de la Fao et les VMS.  «La pêche Inn  est de plus en plus fréquemment considérée comme l’un des obstacles majeurs  à la mise en place d’une gestion durable  des pêches mondiales. C’est une pêche qui ne respecte ni les frontières nationales, ni les efforts internationaux visant à mieux gérer les ressources en haute mer», dit M. Thioune.

Le réseau Green & Marines Africa,  membre du Forum social africain (Fsa) et de la Coalition internationale des travailleurs de la pêche (Ifwc), dénonce également une mondialisation néolibérale des ressources marines et côtières. Cet accaparement des océans passe, selon eux, par les Accords de partenariat de pêche (App) inclus et soutenus par l’Organisation mondiale du commerce dans les Accords de partenariat économique avec ses subventions de pêche et enfin le partenariat mondial des océans appuyé par des institutions  internationales.

Seyni DIOP

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