Pénurie d’eau à Abéché

Abéché, ville peuplée de plus de deux cent mille habitants, souffre d’un manque criard d’eau.

L’approvisionnement en eau se fait depuis une station pompage située à 45 kilomètres au sud-est de la ville et drainé par des tuyaux jusqu’à Abéché.

Des ménages aux restaurants en passant par les vendeurs d’eau, la crise n’épargne personne.

Avoir de l’eau, est un véritable casse-tête pour les Abéchois.

Il faut attendre plus de deux heures devant un point d’adduction d’eau pour espérer avoir un bidon de 25 litres.

Mahamat, chef de famille, gobelet en main, est sur le point de prendre l’eau dans une jarre à moitié vide installée près de son lieu de travail.

“Le problème d’eau dans la ville d’Abéché est une réalité. Si chaque jour votre robinet ne coule pas, ça veut dire qu’il y a un problème d’eau. Si vous pouvez avoir de l’eau après deux jours, ça veut dire qu’il y a un problème. Le problème est là il existe. Il revient aux responsables de la commune de se mettre résolument au travail et de suivre tout ce qui se passe. Il s’agit de mieux suivre ce qui se passe. Quand l’Etat donne les moyens, il envoie les entreprises à Abéché pour qu’il y‘ait de l’eau. Et quand le travail est mal fait, il faut refuser de signer le document qui stipule que le travail est bien fait », a expliqué M. Mahamat.

Issa Ali, vendeur d’eau, assis sur une chaise de fortune, est furieux, il attend l’eau depuis 4h de temps sans la moindre goutte dans ses douze bidons alors que ses clients qui ont lancé la commande la veille attendent.

Une situation qui non seulement le met en conflit avec ses clients, mais constitue un manque à gagner pour sa famille.

Le bidon de 25 litres est vendu à 500 francs CFA alors que dans les conditions normales il devrait couter 25 francs

“Je suis vendeur d’eau. Je vous assure que c’est très difficile pour moi face à cette situation. L’eau ne coule pas tous les jours. L’eau est pompée par secteur. En ce moment si l’eau coule je ne peux avoir que cinq charrettes de six bidons à 5000. Cela ne me rapporte pas. Avant quand l’eau coulait je peux vendre jusqu’à 15 ou 16 fois le contenu d’une charrette soit 15000fcfa. C’est un manque à gagner et c’est dommage pour ma famille”, se désole Issa.

Pénurie permanente

Image copyright

Beaucoup d’autres vendeurs d’eau comme Issa, attendent autour d’une fontaine publique.

Alors qu’ils attendent avec leurs charrettes, leurs clients eux sont sous un arbre presque dépourvu de feuilles.

Il est 12h le soleil est ardent et il fait plus de 40 degré c’est en ce moment que l’eau commence à couler.

Au quartier Moumier près du marché Habsita a trouvé un moyen de contourner la pénurie.

“Je suis dans un quartier où l’eau vient chaque deux jour par secteur. On fait des réserves. Et ça nous permet d’attendre les deux jours si vous n’êtes pas assez nombreux ou vous n’utilisez pas assez d’eau”, témoigne la femme.

L’eau consommée à Abéché vient du petit village de Bitéha, située à 45 kilomètres de la ville.

A l’origine, cette station de pompage construite en 1994 devait alimenter une ville de 50 mille personnes.

Aujourd’hui Abéché fait plus de 200 mille habitants.

Les problèmes ont commencé avec l’urbanisation de la ville explique le maire d’Abéché Mahamat Saleh Ahmat Abakar.

“On ne peut pas vous dire qu’on peut avoir une solution immédiate, dans la mesure où la station de Bitéha est en train de d’approvisionner la ville d’Abéché selon ses capacités. Donc il ne peut pas avoir de miracle par rapport à cette situation. Il y a des sociétés tchadiennes de forage qui sont là qui sont en train de faire beaucoup de forage dans la ville d’abéché et même nous au niveau de la commune, nous avons installé quatre forages à travers la ville d’Abéché, nous en avons équipé deux. On a deux à motricité, ce que vous voyez à la devanture de la commune. Donc là aussi c’est pour pallier aux carence d’eau dans la ville d’Abéché, nous avons deux citernes qui approvisionnent la population pendant le mois de canicule”, indique le maire.

A Abéché il y a plusieurs personnes qui pensent que la crise d’eau est une punition collective orchestrée par le pouvoir à cause disent-elles de la proximité des habitants de la ville avec l’opposition.

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