Pénurie grave d’eau: Boire de la boue et s’en remettre à dieu

Pénurie grave d’eau: Boire de la boue et s’en remettre à dieu
Pénurie grave d’eau: Boire de la boue et s’en remettre à dieu
Pénurie grave d’eau: Boire de la boue et s’en remettre à dieu

Douze jours de pénurie grave d’eau, c’en est trop pour que la Sénégalaise des eaux (SDE) réussisse la prouesse de s’attirer la colère de tous les Dakarois ou presque.

En effet, depuis le jeudi 12 septembre dernier, les populations de la capitale sénégalaise sont privées d’eau, la faute à la fuite constatée au niveau de la conduite d’eau sise à l’usine de Keur Momar Sarr. Depuis, les nombreuses déclarations de retour à la normale dans la distribution du liquide précieux se multiplient, mais le mal persiste.

Conséquence, malgré les nombreuses récriminations et les conclusions d’une étude selon laquelle la nappe phréatique est polluée à plus de 50%, les populations de la banlieue n’ont trouvé d’alternative que de s’approvisionner à partir de l’eau des pompes artisanales et des puits, avec tout ce que cela comporte comme risques.

Allez leur entonner la «chanson» que cette eau est souillée et contient des microbes, parce dans ces zones la nappe est polluée par les fosses septiques, elles vous répondront: à la place, qu’est-ce que vous nous proposez? On s’en remet à Dieu, Dieu est Grand !

L’eau c’est vital. Les camions de la SDE, ces populations pas comme les autres ne les «voient» qu’à travers les médias et dans certains quartiers…chics. Voyez-vous une citerne de la SDE ravitailler les populations dans les zones inondées à Gounass, Djéddah Thiaroye Kao, Hamdallaye, Yeumbeul, Sam Sam, Aladji Pathé, Aïnoumady, etc. Non, arrêtez !

Ces gens-là ne sont pas concernés par le plan «B» mis en place par la société de commercialisation des eaux. D’ailleurs, pourquoi vouloir qu’il en soit autrement?

Ces gens qui mènent un combat contre l’«envahisseur» qu’est l’eau des pluies dans les maisons, ont au moins cette chance d’avoir un peu partout et dans tous les coins des puits et pompes «Jambars» pour se procurer le liquide précieux gratuitement, contrairement à leurs concitoyens de Dakar.

Donc ils ne méritent pas ce pan «B», pardon les citernes d’eau. Ils peuvent continuer à boire l’eau souillée, sans aucune possibilité de la javelliser, pour la majorité, jusqu’au rétablissement de la fourniture normale, advienne que pourra.

Le ministre de l’Hydraulique peut, après douze jours de calvaire des populations, daigner enfin rassurer quant-à l’effectivité de la distribution du liquide précieux à partir de ce jour, le collectif des imams de Guédiawaye, connus pour son combat contre les coupures d’électricité, peut monter au créneau pour donner un «ultimatum de 48 heures» à la SDE, l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) peut, à son tour, décider de «porter plainte contre la SDE auprès de la SONES», chargée du contrôle de l’exécution du contrat, pour qu’elle la  sanctionne pour non respect des termes, ce qui est fait est fait.

Le mal c’est que des millions de banlieusards se sont abreuvés de «boue» pendant plus d’une dizaine de jours. Les centres et postes de santé locaux peuvent continuer de recevoir des cas de diarrhée ou de vomissement, des patients souffrant de maux de ventres, les autorités diront toujours qu’il n’y a rien de grave, ce sont des cas isolés et, que la situation est « sous contrôle ». Au même moment, les populations démunies continueront de s’en remettre au Bon Dieu, le seul capable de soulager toute peine. Pauvres banlieusards !

par Ibrahima DIALLO Sudonine

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