«Mbaye Wendelou», un guichet automatique «a sec» ?

Célébrité locale, il a brusquement disparu des radars du Show-biz où il avait fini d’imposer sa marque de fabrique. Distribuer des billets de banque en tournant sur lui-même… C’est bien Mbaye Sène alias «Mbaye Weundélou». Dans un passé récent, adepte de la scène et des jeux de lumière, aujourd’hui il se fond dans la masse. Le guichet automatique est-il à sec ?

Etre au-devant de la scène, peut faire tourner la tête, à s’y perdre même… Véritable rat de boite de nuit, il était devenu, par la force des choses et la magie des spot-lights, le chouchou de certains chanteurs sénégalais. Babacar Sène, malgré son apparence banale, physique trapu, a réussi à se faire une place dans le milieu très select du show-biz. Sa manière assez singulière de se transformer en guichet automatique, est sans doute passée par là. Tournoyer sur lui-même, avant d’arroser de billets de banque les troubadours pendant qu’ils chantent les louanges de ses aïeux. C’est du «Mbaye Weundélou», d’où son surnom. Seulement, du jour au lendemain, le bonhomme a disparu des radars du monde de la nuit. On ne le voit plus jouer au bon samaritain avec les peoples. Serait-il tombé en disgrâce ?

Dans la dèche ?

Coincé dans un boubou trois pièces, dégainant plus vite que son ombre… Cette image était devenue presque cliché dans les mondanités et autres réjouissances bien sénégalaises. Au Grand-théâtre comme dans les bastringues, c’était presque une routine de voir Mbaye Sène, dans ses manies de grand manitou. De l’époque de feu Ndongo Lô, en passant par les années de gloire de Thione Seck, à la nouvelle génération des Wally Seck et Pape Diouf, le marchand ambulant a marqué son monde avec ses effets de manche. D’une popularité naissante, en quelques années seulement, il est passé au stade de «célébrité» locale. Aujourd’hui, cette période semble révolue. Mbaye ne dilapide plus sa fortune acquise en s’époumonant sur les artères de la capitale dakaroise, à la recherche de potentiels clients. Marchand ambulant, businessman, entremetteur, la «débrouillardise» est son point fort. Il s’accoquine avec de grands noms et personnalités du pays. Bougane Gaye Dany est d’ailleurs l’un d’eux, sinon son principal bailleur. Lui, est son homme à tout faire, souffle un proche de la sphère people. Pour lui, il est même bien plus. «Bougane est plus qu’un ami, c’est mon frère. Je lui dois beaucoup» fait-il savoir. Faut-il faire le lien entre sa proximité avec le patron de D-Médias et sa soudaine «décadence» ? Selon notre source anonyme, «c’est plus que probable. Depuis quelques années, les affaires de son bienfaiteur ne marchent plus comme sur des roulettes. C’est normal que cela se répercute sur lui et son train de vie. La quasi-totalité de l’argent qu’il distribuait aux artistes venait de lui. Maintenant que les robinets sont fermées, il est obligé de réduire ses apparitions en public…»

«Je ne veux plus être ridicule aux yeux du public»

Vrai ou faux ? Pour le bon viveur, ce n’est ni plus, ni moins que des ragots répandus par des jaloux. «L’argent, soit on le gagne à la sueur de son front, soit on le vole ou on l’acquiert grâce à ses connaissances. Pour mon cas, je travaille et je connais du beau monde. Libre à moi de faire ce que je veux de mes sous. Je ne pouvais pas rester insensible aux panégyriques des chanteurs et je les couvrais de billets» a-t-il souligné. Pourquoi donc, «Mbaye Weudélou» a suspendu ses prouesses d’acrobate sur l’estrade des dancings ? Il répond : «Je suis bien là, toujours présent, mais un peu pris par mes affaires. Je reviens fraichement d’un voyage à Paris où j’ai passé quelques semaines. Comme d’habitude, je continue d’aller en boîte pour me divertir et me changer les idées. Seulement, j’ai choisi de ne plus me mettre en avant. Le fait de tout le temps monter sur la scène, devenait de plus en plus agaçant. A force, je risque même de devenir ridicule, aux yeux du public. J’ai également pris conscience que la vie ne tournait pas qu’autour de ça. Je suis appelé à fonder un foyer. J’ai aussi de la famille qui compte sur moi. Le fait de distribuer de l’argent aux artistes, je le faisais d’abord pour mon propre plaisir mais, au final, ça ne me servait pas à grand-chose. C’est ainsi que j’ai décidé de reculer pour mieux sauter.»

«L’argent coule toujours à flot, mais…»

En conséquence, Mbaye Sène réfute catégoriquement l’étiquette de «star déchue» qu’on veut lui coller. Il continue de mener grand train. C’est tout juste son surnom de «Weundélou» qu’il a laissé en rade sur la scène. Son ami et fidèle compagnon depuis plus d’une décennie, Habib Seck, confirme la thèse selon laquelle, Mbaye a gagné en sagesse. «Je suis au courant de ses moindres faits et gestes. Je peux vous assurer qu’il a changé dans le bon sens du terme. Certains ont même cru que j’étais son garde du corps, tellement on traine tout le temps ensemble. Je le suis comme son ombre. Il va toujours en boite mais, se garde de distribuer de l’argent à tort et à travers. Dans une seule soirée, il était capable de gaspiller jusqu’à 800 000 FCFA», soutient-il, le ton certain. On se demande alors d’où lui est venu ce nouvel état d’esprit. De sa grand-mère, chez qui il squatte à Pikine, après ses virées nocturnes, rétorque Habib, son confident. Celle-ci lui aurait ouvert les yeux sur ses pratiques tributaires de son avenir et l’a contraint à s’en départir, avant qu’il ne se perde dans le côté obscur de la célébrité. Mieux vaut tard que jamais…

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