Ouzin Ke­ita, artiste genre particulier

Son comportement, son style, son look, rien chez lui, ne relève du classique. Ouzin Keita, l’a encore démontré, lors de sa soirée samedi dernier, où il paradé sur scène avec des tenues les unes aussi féminines que les autres.

Il est sans aucun doute, l’attraction du moment. Dans l’œil du cyclone, après sa sortie scabreuse du week-end, Ouzin Keita n’a pas fini d’attirer les foudres sur lui. Le temps d’un concert raté, il s’est donné en spectacle avec un look des plus fantaisistes. Sur l’estrade du Cices, il a paradé avec trois looks, les uns plus féminins que les autres. Le chanteur connu pour ses frasques et ses dérives à la limite de l’excentricité, a cette fois-ci, poussé le bouchon trop loin. Qu’il s’agisse de ses tenues de scène, de son attitude, de son allure, rien n’a jamais été classique, chez ce chanteur habitué aux bides…

Tourné en bourrique sur le Net

C’est en 2014 qu’il est sorti de son «tonneau». Avec fracas. Les Sénégalais découvrent alors, un chanteur à la voix nasillarde, aux manières troublantes, au style hors-norme. Avec «Beureung sa barigo», titre de la chanson qui l’a révélé au public, Ouzin Keita passe plus pour être un amuseur de la galerie qu’un chanteur en herbe. Le bonhomme visiblement bien dans ses habits de «clown», ne s’est d’ailleurs pas gêné de dire qu’il faisait de la comédie musicale. Le plus souvent en panne d’inspiration, il n’ira pas chercher loin pour développer ses thèmes, dont il est le seul à détenir l’interprétation. Sa chanson «Vourouthie varathie», est l’illustration parfaite de son manque de génie. Mais, du moment qu’il s’offre des coups de projecteurs, Ouzin ne lâche pas l’affaire. Il parvient à se faire inviter sur les plateaux de télévision et à créer des buzz autour de lui. Tous les moyens sont bons, pour être au-devant de la scène. Et c’est de mal en pis. Dans les cérémonies, il s’arrange pour être le bouffon de service avec des chorégraphies à deux balles et des chutes grotesques. Récemment, il avait beaucoup fait parler de lui, lors d’une bagarre avec un autre chanteur de son calibre, Pawlish Mbaye, dans un restaurant de la place. Une scène assez cocasse qui a fait vite le tour de la toile, comme lorsqu’il a été tabassé lors d’un meeting du Pur pendant les élections présidentielles passées. Curieusement, ses bévues semblent être cautionnées et sont même partagées sur les réseaux sociaux. Il devient une sorte de «désaxé» que les internautes prennent un malin plaisir à tourner en bourrique sur le Net…

Look transgenre

A tort ou à raison, certains l’assimilent à quelqu’un qui n’a pas toute sa tête. Un statut qui excuse d’office sa démesure et son extravagance. Seulement, samedi dernier, il a franchi une étape supérieure, lors de sa soirée d’anniversaire au Cices. Dans une salle archi-vide, il a quand même déroulé un show hilarant et choquant à la fois. Maquillage effarant avec des effets de ligne, du fond de teint presque aussi clair que ses cheveux peroxydés, Ouzin Keita n’y est pas allé de main morte pour être original. Dans un boubou bazin, fendu des deux côtés, on aurait facilement pu le confondre à une bonne dame. Comme s’il voulait en rajouter une couche, Ouzin va réapparaitre sur la scène, avec une tenue tout aussi singulière. Une robe en velours, transparente sur le dos, avec brillants et froufrous, qui lui donnent des airs d’androgyne. Il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. L’artiste ose s’afficher avec une robe, surmontée de volants sur l’arrière et sur les épaules avec des couleurs gaies. Quid de sa démarche qui est tout sauf virile. Malgré un fiasco, il a réussi à tirer la couverture sur lui. Certes, son excentricité et son culot font rire, mais rebute tout autant. Les commentaires ne se font pas attendre et les questions restent en suspens. Qu’est-ce qui l’a poussé à s’accoutrer comme un transgenre ? Ouzin Keita ferait-il la promotion de l’homosexualité. La communauté LGBT du Sénégal serait-elle derrière l’aplomb de ce chanteur de seconde zone ?

Une salle de 1 200 places à 760 000 FCfa

Une constante demeure cependant : une salle comme celle du Cices qui fait 1 200 places, n’est pas de l’acabit de l’artiste. L’échec de cette soirée était donc prévisible. D’ailleurs, beaucoup n’y ont pas cru jusqu’au bout et ont préféré le prendre pour une grosse blague. Lorsqu’il en faisait la promotion, personne ne le prenait au sérieux. A l’arrivée, la soirée a tout de même eu lieu. Seuls quelques curieux ont pris le pari d’y aller pour ensuite balancer sa déconvenue sur la toile, en direct. L’entrée fixée à 5000 FCfa, montre aussi à quel point, il a du toupet. Sa carrière qui compte plus de revers que de succès, ne lui donne en aucun cas la légitimité d’organiser une fête d’anniversaire en grande pompe. «Si Ouzin Keita donnait un concert devant ma porte, je ne sortirais pas pour le regarder». C’est en substance, la réaction de bon nombre de sénégalais. Plus intriguant encore, c’est le coût de la salle. Pour se produire au Cices, il faut casquer pas moins de 760.000 F Cfa. Débourser une telle somme, alors qu’on est sûr de ne pas avoir un retour sur investissement, c’est presque jeter son argent par la fenêtre. Pour d’autres, ce n’est ni plus, ni moins que de l’argent facile qu’il n’a pas gagné en monnayant ses prestations. Une mise en scène donc ! En tout état de cause, le staff de l’artiste n’a pas voulu se prononcer sur ces questions. Son producteur Djiby Diop, joint au téléphone, n’a pas non plus donné suite à nos interpellations. Wait and see…

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