Photo Hollande-Gayet : coup de balai au Palais

696620-french-president-jacques-chirac-and-us-president-bill-clinton-after-a-news-conferenceRÉCIT- Cinq membres du personnel de l’Elysée ont été réaffectés après la publication du cliché dans «Voici».
A défaut d’être entièrement résolue, l’affaire de la mystérieuse taupe sarkozyste à l’Elysée vient d’être réglée. Selon nos informations, les cinq personnes habilitées à travailler dans les appartements privés du président de la République viennent de se faire démettre de leurs fonctions. A l’Elysée, on refuse de parler «de sanction» , mais d’une simple réaffectation pour un problème évident de «confiance». L’enquête, menée par la gendarmerie, en charge de la sécurité du Palais, n’a pas permis de confondre l’auteur de la fameuse photo parue dans Voici, sur laquelle on pouvait voir François Hollande et Julie Gayet assis autour d’une des tables en teck de la terrasse du Palais.
Paranoïa. Pour autant, il a fallu à peine vingt-quatre heures à l’entourage du chef de l’Etat pour comprendre que ladite photo a bien été prise avec un téléphone portable depuis les appartements privés du Président. Et donc que le – ou la – photographe amateur faisait partie du personnel affecté au «service privé» du Président. Mais impossible de savoir qui exactement. Pour aller vite, il a donc été finalement décidé de muter la totalité des 5 personnes, dont 4 avaient été embauchées par Nicolas Sarkozy. Dans l’entourage de François Hollande, on est convaincu que cette photo n’est pas la première trahison envers le chef de l’Etat. Mais plutôt la confirmation qu’un ou plusieurs informateurs alimentaient depuis deux ans Nicolas Sarkozy de certains faits et gestes de Hollande.

Ces dernières semaines, il pouvait arriver à François Hollande de confier à voix basse à son visiteur : «Il faut faire attention, car il y a des personnes proches de Sarkozy qui peuvent nous écouter.» C’est d’autant plus étrange que Hollande n’a pas la réputation de verser dans la paranoïa. La première alerte a eu lieu, le 16 mars, quand le Journal du dimanche publie le fac-similé d’un extrait de l’agenda personnel du locataire de l’Elysée. On pouvait y lire que Hollande avait rendez-vous avec les deux journalistes d’investigation du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Ce n’était pas sans arrière-pensée : l’idée était de dénoncer leur collusion avec le pouvoir actuel. Au Palais, pas plus d’une vingtaine de personnes (dont le service privé du Président) n’avait accès à cet agenda. L’enquête interne diligentée pour trouver la fuite n’a rien donné. Mais les soupçons sont vite réapparus. En lisant le Sarko s’est tuer de Davet et Lhomme, l’entourage du chef de l’Etat a découvert ahuri que, trois semaines avant les photos publiées dans Voici, Sarkozy était parfaitement au courant des allées et venues en scooter de Hollande pour rejoindre Gayet. Cela faisait d’ailleurs plusieurs mois que des proches de Sarkozy se vantaient auprès de journalistes de Libération, d’être très bien informés de ce qui se passait à l’Elysée. «On a nos entrées, vous savez», nous avait confié un intime de l’ex-président.

Grilles. Avec la photo de Voici, l’histoire a pris une autre tournure. Au centre de tous les soupçons, le rôle joué par l’agence de photo E-Press, dont la rédactrice en chef, Christel Doveri, n’est autre que la compagne de Sébastien Valente, tout nouvellement promu photographe officiel de la campagne de Sarkozy. La photo volée de l’Elysée a-t-elle transité par E-Press avant d’atterrir chez Voici, comme le suggère le Canard enchaîné ? Non, jure Doveri, reconnaissant seulement avoir vendu à VSD et Voici la photo de Gayet sortant en voiture des grilles du Palais et celle du Président en maillot de bain, prise cet été.

Grégoire Biseau

Libération

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