PIERRE SANE « Il faut mettre fin à l’accaparement frauduleux du bien commun »

Pierre Sané Politologue Membre du Bureau politique du Parti socialiste (Ps) ancien Secrétaire général d'Amnesty International
Pierre Sané Politologue Membre du Bureau politique du Parti socialiste (Ps) ancien Secrétaire général d'Amnesty International
Pierre Sané Politologue Membre du Bureau politique du Parti socialiste (Ps) ancien Secrétaire général d’Amnesty International

Membre du Bureau politique du Parti socialiste (Ps), ancien Secrétaire général d’Amnesty International, Politologue et Pr d’université au Japon et en Corée du Sud, Pierre Sané se prononce sur la crise en Syrie, la Cour Pénale Internationale, la situation politique et socio économique du Sénégal.

Sud Quotidien: Politologue et Professeur d’université au Japon et en Corée du Sud, membre du comité d’éthique du conseil d’administration de Mercedes, membre du conseil de Global Compact des Nations Unies, initiateur de Imagine Africa, « droit de l’hommiste », membre du Parti socialiste… ça fait beaucoup de casquettes non ?

Je précise pour cet entretien que je ne suis le porte-parole d’aucune des organisations précitées. Je vous parle en homme libre porté par une constante de vie, la défense et la promotion des droits humains. Je dois  d’ailleurs vous dire que je n’apprécie guère ce terme de « droit de l’hommiste » mis au goût du jour par l’ancien ministre français Hubert Védrine et repris de manière paresseuse ça et là, sans le moindre filtre critique. Quand, comme moi ,vous avez assisté à des enterrements de défenseurs de droits humains abattus par des paramilitaires en Colombie, ou soutenu des familles de défenseurs enlevés, torturés et exécutés au Congo ou encore exigé pendant des années la libération de défenseurs arbitrairement emprisonnés au Myanmar, vous éprouvez du respect pour ces femmes et ces hommes qui investissent du temps et de l’énergie , risquent leur liberté et souvent leur vie pour défendre non pas leurs droits mais celui des autres. Pendant que les « bonnes gens  se complaisent dans le silence », comme disait Martin Luther King. Alors je dis… Respect !

N’empêche, on ne vous entend pas beaucoup dans les débats publics au Sénégal ?

Il y a un temps pour la réflexion et la concertation, un temps pour l’action et un temps pour la parole publique. Il serait souhaitable, dans notre pays, de privilégier les deux  premiers temps et de nous émanciper de la dictature de la communication tout azimut. Le bruit et la fureur ne sont pas propices à la réflexion sereine, ce qui constitue un handicap pour penser l’action. A ce propos je me souviens d’un reportage du journal le  Monde, lors de la campagne électorale de 2007 où le journaliste qualifiait les Sénégalais de « peuple le plus bavard de la terre ». Cela m’avait irrité à l’époque, comme de toute vérité qui n’est pas bonne à dire.

Dans une introduction au rapport annuel d’Amnesty de 2000 vous aviez exprimé à Kofi Annan votre scepticisme quant aux interventions humanitaires, c’est a dire les guerres menées au nom des droits humains. Où en êtes-vous aujourd’hui?

Mon scepticisme a été renforcé par le déroulé et les conséquences de l’intervention en Lybie et la sélectivité évidente qu’on voit a l’œuvre. A mon avis, seule une réforme des Nations Unies confiant la décision d’intervention à une nouvelle institution indépendante et à caractère judiciaire et dotée d’une capacité militaire autonome permettra aux Nations Unies d’intervenir pour réellement protéger les droits humains. Autrement, on continuera à être manipulés par des affirmations douteuses « d’armes de destruction massives » ou « d’attaques chimiques avérées », pour justifier des interventions, sans enquêtes  impartiales préalables et dont les conséquences ne sont jamais sérieusement soupesées.

Les Occidentaux ont exprimé leur volonté de « punir » la Syrie pour avoir utilisé des armes chimiques contre sa propre population. Comment réagissez-vous ?

Expression malheureuse s’il en est ! Car depuis quand « punit »-on sans jugement ? Depuis quand juge-t-on sans enquêter et sans instruire ? Depuis quand la communauté internationale a-t-elle confié à certains le rôle de « justiciers » et surtout à des Etats qui sont partie prenante au conflit.

Ceux qui tiennent ce genre de langage, se rendent-ils compte à quel point il est offensant pour les pays du sud et irritant pour leurs propres opinions publiques devenues viscéralement sceptiques. Et dans tout cela les victimes des violations des droits de l’homme passent à la trappe car si on frappe pour les venger, c’est l’avènement de la « justice sauvage » dont parlait Francis Bacon.

Vous avez aussi dirigé  de 1993 à 1998 la campagne internationale d’Amnesty pour l’établissement du Tribunal Pénal International. Et voilà qu’après Laurent Gbagbo, on s’apprête à juger Hissène Habré au Sénégal. N’est-on pas fondé à penser que la justice internationale est contre l’Afrique comme le dit l’Union Africaine ?

Soyons précis parce qu’il y a beaucoup de confusions dans ce domaine. En matière pénale la justice internationale se déploie à trois niveaux : au niveau national ou la compétence universelle permet aux Etats d’entamer des poursuites pour des crimes commis à l’étranger sur plainte des victimes ; les tribunaux ad hoc mis sur pied pour se saisir d’épisodes qui ont révolté la conscience universelle (ex Cambodge, Rwanda, Yougoslavie). Et enfin la juridiction permanente qu’est le Tribunal Pénal International  en gestation depuis 1945, créée en 1998 à Rome et qui est entrée en fonction en 2002. Sur les 122 Etats membres  du TPI, l’Afrique en compte 34 qui ont adhéré librement aux statuts de Rome. Concernant les dossiers africains en cours, il y en a huit. Quatre affaires ont été référées par les Etats eux-mêmes, à savoir par l’Ouganda contre les dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur, la RCA contre Jean Pierre Bemba, le Mali contre les Islamistes armés et la RDC contre les chefs de guerre du Kivu. Deux procédures ont été ouvertes à la demande du Conseil de Sécurité : le Darfour et la Lybie. Le Procureur ne s’est donc autosaisi que dans deux cas, le Kenya et la Côte d’Ivoire avec l’assentiment à l’époque de ces deux Etats..

Au Sénégal, le nouveau pouvoir semble avoir comme cheval  de bataille la traque des biens mal acquis. Qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas cette expression ni cette démarche qui ne fait pas partie du lexicon de la justice universelle. La moralisation de la vie publique quant à elle, est une exigence citoyenne internationale comme on le voit en Inde, aux Philippines, en France…Il faut mettre fin à l’accaparement frauduleux du bien commun par quelques individus sans scrupules. Ce sont des pratiques qui depuis 50 ans sapent les fondements moraux de notre société et plombent nos ambitions de développement et de lutte contre la pauvreté. Si les poursuites peuvent contribuer, à enfin changer les comportements, ce sera une rupture et un acquis historique de la mandature du Président Macky Sall. Mais attention au détournement d’objectif. Il ne suffit pas tout simplement de récupérer l’argent volé, mais de sanctionner des délits hors de toute justice sélective, la restitution allant de soi une fois le délit avéré. Quant à ceux qui s’enrichissent, tant qu’ils n’ont pas touché aux deniers publics, cela ne me concerne pas. S’ils le font par le biais de transactions privées douteuses, c’est à la justice d’en démontrer l’illégalité.

Comment appréciez-vous le bilan du président Macky Sall ?

Quand on engage des ruptures, on commence par réévaluer 50 ans de politiques publiques, puis on s’attache à amplifier ce qui est porteur de développement et de justice sociale et à contenir et ajuster celles qui sont nocives. Un travail  colossal d’identification a été abattu par les Assises Nationales dont l’initiative, il faut le rappeler, revient à Ousmane Tanor Dieng. La mise en œuvre ne peut pas produire de résultats tangibles immédiats, et il faut l’expliquer, mais elle permettra d’élever les fondations pour le Sénégal auquel nous aspirons tous, à condition encore une fois de s’inscrire résolument dans une vision d’une Afrique de l’Ouest intégrée économiquement, monétairement et politiquement. Seule l’intégration régionale nous permettra de remédier à notre impuissance face à la mondialisation néo libérale. Quant à la promesse de « transparence et de bonne gouvernance », concepts empruntés au monde de l’entreprise et introduits insidieusement dans la gestion du politique par la Banque Mondiale, il faut comprendre qu’elle est lourde de malentendus.

Ce qui importe, c’est de tenir un langage de vérité et d’arrêter de promettre ce qu’on ne peut pas tenir. Sans quoi c’est un détournement de confiance qui finit par transformer le Sénégal en un cimetière des illusions. Ce qu’il convient de faire c’est de légiférer sur le contenu d’un droit à l’information  pour tous les citoyens plutôt que de compter sur la bonne volonté de l’Etat. Ensuite il ne suffit pas de gérer même « vertueusement », car l’ambition de « bonne gouvernance » est une ambition a minima. Le grand projet national c’est la transformation du pays, la transformation de notre insertion dans la mondialisation, la transformation de notre économie et de notre société. Je souhaite de tout cœur que le nouveau régime soit à la hauteur des enjeux.

  Après le limogeage du Premier ministre, voilà que Idrissa Seck et son parti Rewmi viennent de rejoindre le camp de l’opposition. Ceci illustre t-il des difficultés de fonctionnement de la coalition  Benno Book Yakaar ?

Les difficultés de fonctionnement de la coalition sont liées à la nature de notre régime. Une Présidence aux pouvoirs exorbitants n’est pas compatible par essence avec un système de coalition de gouvernement. Car une telle Présidence ne peut se décliner  qu’avec parti unique et autoritarisme, comme au temps de Senghor. Or le pays a changé de siècle, mais le régime est resté le même.. Aujourd’hui, qu’un homme seul soit habilité par notre Constitution à décider de tout, n’est pas l’idée que je me fais d’une démocratie au 21e siècle. Dans notre République, le Président décide seul de toutes les nominations, décide seul d’engager la nation dans une guerre et d’envoyer nos jeunes au front, décide seul de la politique de la nation et la conduit, décide seul de notre politique étrangère, il est le seul garant de notre intégrité territoriale et incarne seul notre souveraineté nationale ..! A supposer même qu’il soit animé des meilleures intentions et qu’il soit le plus intelligent d’entre nous, il n’est pas « Superman ». Le monde d’aujourd’hui est trop complexe, les enjeux sont trop vitaux pour conserver un système qui avait été taillé sur mesure par et pour le Général De Gaulle et reproduit par Senghor il y a 50 ans. C’est complètement dépassé.

  Etes-vous donc partisan d’un système parlementaire ?

C’est le système qui se conjugue avec coalition. D’abord, même s’il est vrai que pour aller vite on peut être tenté d’y aller seul, le fait est que l’on n’ira pas loin. Si on veut aller loin il faut y aller ensemble en agrégeant les intelligences. Ensuite comme aucun des grands partis n’est majoritaire dans notre pays, un tel système permettrait à nos élus de former depuis le Parlement d’authentiques coalitions de gouvernement à travers un partenariat émanant des urnes et, cerise sur le gâteau, en dehors de l’emprise des entrepreneurs politiques sans légitimité électorale. Je pense que cette formule traduirait mieux l’expression de la volonté de l’électorat. N’oubliez pas en outre que plus le pouvoir est dispersé moins on peut en abuser. Je crois in fine que le peuple sénégalais a atteint un degré de maturité qui nous permet d’aller dans cette direction comme au Cap Vert, en Inde, en Angleterre, en Allemagne, dans les pays scandinaves, au Canada, à Maurice, au Japon etc.. Senghor lui même disait dans un entretien accordé au Figaro, le 22 décembre 1962, que le régime présidentiel était le « mieux adapté au degré d’évolution du pays ». Ne me dites pas que le pays a été immobile depuis ! Et pour parachever la rupture et inciter les Sénégalais à s’engager, il faudrait interdire le cumul des mandats et des fonctions, introduire une limite constitutionnelle au nombre de mandats et ce pour tous les élus couplés avec une parité intégrale. Cela nous éloignerait du spectre d’une aristocratie élective grâce au renforcement de la participation. C’est à ce prix que le Sénégal retrouvera sa place dans le peloton de tête des démocraties africaines et même mondiales.

Quel bilan tirez-vous de 40 ans d’efforts d’intégration en Afrique de l’Ouest ?

Je crois qu’il nous faut changer de paradigme. L’intégration régionale n’avancera pas tant que ses forces motrices seront la « diplomatie des sommets », l’intégration par les institutions, le mimétisme par rapport à la construction européenne ou un chimérique « Etats Unis d’Afrique », slogan pompeux visant à masquer l’immobilisme. Il faut avant tout privilégier l’intégration des peuples en renforçant la liberté de circulation, de résidence et l’accès à la citoyenneté du pays d’accueil. L’Afrique doit supprimer les visas pour tous les Africains, car la destination première des migrants africains, c’est l’Afrique ! C’est ce brassage qui, à terme, rendra les frontières obsolètes. Ensuite il faut privilégier l’intégration par la production, préalable au marché régional intégré, ce qui à son tour suppose une coopération accrue dans le domaine de la planification et une accélération de la création de la monnaie commune de la CEDEAO. Enfin il faut tenir compte de la spécificité de chaque Etat membre et déployer des stratégies d’intégration pour toutes les politiques publiques nationales (éducation, agriculture, énergie..). Ce qui bien entendu exige de nos ministres et parlementaires une connaissance intime de la région et des traités de la Communauté. Qu’en est il ?

Vous faites partie du Groupe de réflexion de Robert Sagna qui travaille sur l’avenir de la Casamance dans le cadre d’une  décentralisation renforcée. Allons-nous enfin vers la paix définitive?

Il faut distinguer la crise qui est une crise de l’Etat post colonial et le conflit armé qui en a découlé. Une décentralisation audacieuse visant à reformer l’Etat permettrait d’avancer dans la résolution du conflit. C’est ce qu’a compris Robert Sagna qui travaille dans la discrétion pour apporter des solutions acceptables par tous. Car le problème de la Casamance et de toutes nos régions, c’est Dakar. Dakar concentre tout : les ressources, les investissements, les intelligences, les décisions et forcément les ambulants, bloqués par les politiques migratoires européennes. Qu’est ce qui a changé pour nos régions par rapport à la logique coloniale ? Je vais vous dire : Dakar s’est substitué à Paris et les préfets sont Sénégalais. Résultat de cette tendance croissante à la concentration, qui d’ailleurs n’est que le reflet de notre système politique et administratif  hyper centralisé ? Dakar étouffe et nos régions se meurent. En plus on fait courir un risque existentiel au pays : bloquez le port, fermez l’aéroport et le Sénégal est à genoux, affamé, incapable de se déplacer, vivant dans l’obscurité… au bout de deux semaines !

     Mais la complication pour la Casamance c’est quand même son enclavement ?

Mais enclavement par rapport à qui ? La situation de la région est au contraire un atout si on mettait en place une vraie stratégie d’intégration régionale. Avec la Gambie, Bissau, la Guinée, le Sénégal Oriental, le Mali vous avez là un formidable pôle de développement au centre duquel se trouve la Casamance. Jetez plusieurs ponts sur les fleuves Gambie et Casamance et le tour est joué. C’est plutôt Dakar qui est enclavée. Alignez trois chars de combat sur l’autoroute et Dakar devient une île. En fait, du point de vue géostratégique et sécuritaire notre capitale est très exposée. On devrait y réfléchir sérieusement.

Seriez-vous donc en faveur d’un transfert de la capitale comme le Président Wade voulait le faire ?

Ca me semble évident. Mais encore une fois ce n’est pas une décision qu’un homme seul doit prendre fusse-t- il Président. Il y va de l’avenir de la nation et cela requiert un grand débat national. En outre il ne s’agit pas d’en profiter pour investir dans une ville nouvelle avec des infrastructures coûteuses qui vont alimenter des caisses noires ou autres coffres forts privés. Sinon qu’on m’explique cette logique d’investir dans des villes nouvelles, au Lac rose, à Diamniado ou ailleurs, alors qu’il suffit de réhabiliter l’existant. Thiès serait la candidate idéale pour une nouvelle capitale. Elle est proche de Dakar et du nouvel aéroport, c’est la capitale du rail donc cosmopolite et la ville est dotée d’un potentiel foncier adéquat. Où est le problème ? Je suis persuadé qu’avec la vente du patrimoine bâti de l’Etat à Dakar, il y aurait des ressources substantielles permettant de construire et de réhabiliter pour abriter le gouvernement et l’administration et même de construire  des locaux administratifs décents dans les capitales régionales.

 L’Acte III de la décentralisation ne vous satisfait donc pas ?

Encore une fois la rupture à laquelle je m’attendais n’est pas au rendez-vous. Il ne s’agit pas de faire plus ou de faire mieux mais de faire autre chose. L’ambition devrait être de mettre en œuvre une véritable décentralisation de développement, suivie après et seulement après, de l’architecture politique et administrative concordante car la raison d’être de la décentralisation doit être le développement équilibré de la nation. Par exemple, pourquoi ne pas envisager de créer des sociétés régionales de production et de distribution d’électricité au lieu de mettre tous nos œufs dans le même panier et de continuer à endurer les carences d’une Senelec nationale ? Et pourquoi ne pas autonomiser les stratégies industrielles et agricoles sous l’autorité de la région, régionaliser les objectifs de création d’emplois et déployer sous l’égide de la région les politiques idoines en matière d’éducation et de développement social ? Au moins on répartit les risques ! Ce sont les économistes qui doivent être en première ligne dans cette réflexion visant à articuler un nouveau pacte national entre l’Etat et les citoyens à travers leurs régions, départements et communes. Où sont nos économistes ? Ont ils été réduits au silence par les juristes?

La réponse viendra t elle de la gauche ?

Cela dépendra de la doctrine, du programme et des alliances avec en perspective une gauche de gouvernement. Il est temps de réactualiser la pensée socialiste sénégalaise à partir des réalités socioéconomiques d’aujourd’hui, à partir des défis liés à la paucité de nos appareils de production, à la montée des inégalités, à l’immobilisme de notre démocratie, aux défis environnementaux, à la dimension genre, à la nécessité de l’intégration régionale. Il nous faut à travers la recherche et le débat et sans exclusive aucune aboutir à un projet de société cohérent  qui s’articule autour de solutions concrètes et réfléchies. Et ensuite structurer l’organisation politique qui portera cette vision. Je me réjouis donc de l’initiative de la Ligue Démocratique qui a entamé des consultations avec tous les partis de la mouvance socialiste. Le PS qui avait pris l’initiative des Assises Nationales doit s’investir dans ce chantier, en toute lucidité bien entendu, en y apportant son expérience inégalée de parti de gouvernement au fait de la réalité des contraintes internationales. Ce qui nous unit à gauche, au delà des crispations du passé, ce sont nos idéaux de justice sociale, de rationalité scientifique et de panafricanisme ainsi que notre foi dans l’Etat comme planificateur du développement. La gauche a dit Jean Daniel: « c’est comme une patrie. On en est ou on n’en est pas. » Eh bien, laissez moi vous dire ma conviction profonde : Macky Sall est un homme de gauche et doit donc être inclus dans ces consultations. Ses origines sociales, sa préoccupation pour nos compatriotes du terroir, son parcours militant, sa garde rapprochée, ses intuitions, et même son programme Yonnu Yokuté le situent sans ambiguïté a gauche de l’échiquier politique.C’est ce que Idrissa Seck d’ailleurs a bien compris et il en veut à Macky Sall d’avoir usurpé  le mantra du libéralisme dont il estime être le seul porteur authentique. En effet lisez les statuts de l’APR. Ils ne mentionnent nulle part le mot Libéralisme, le parti se définissant comme « sans idéologie ».Le pragmatisme de l’ingénieur Macky Sall sans doute !

Pierre Sané, définitivement de retour au Sénégal ?

Comme l’a dit si joliment André Breton , «j’ai cessé de me désirer ailleurs ».

Vieux SAVANE

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