Polytechnique: deux élèves se donnent la mort à quelques jours d’intervalle

Conférene de Jean-Claude BIVER - PCA de Hublot horlogerie
Conférene de Jean-Claude BIVER - PCA de Hublot horlogerie
Conférene de Jean-Claude BIVER – PCA de Hublot horlogerie

Deux élèves de la prestigieuse école d’ingénieurs français, âgés d’une vingtaine d’années ont mis fin à leurs jours le 25 février et le 3 mars en se couchant sur les rails d’une voie de la gare de Lozère. L’établissement est sous le choc.

«Au-delà des mots d’usage, nous sommes effondrés». Anne Trotoux-Coppermann, directrice de la communication de Polytechnique, ne cache pas le chagrin éprouvé par les membres de l’établissement. Le 25 février une étudiante de Polytechnique, âgée de 22 ans – «elle aurait eu 23 ans demain»- trouve la mort sur les rails de la gare de Lozère, dans le département de l’Essonne. Le 3 mars, c’est au tour d’un étudiant de la même promotion (2013-2014) de trouver la mort dans les mêmes circonstances. «Il n’y a pas de lien à priori entre les deux actes, mais je ne peux rien affirmer» déclare Anne Trotaux-Coppermann. Avant d’expliquer la communication tardive de l’institution «Je tiens à préciser que nous avions choisi de ne pas communiquer, dans un souci de respect des familles».

«On ne peut pas comprendre ce type de drame»

Dès lors chacun essaie de comprendre ce qui a pu se passer. Un exercice périlleux selon la directrice de la communication. «On ne peut pas comprendre ce type drame. J’en ai parlé avec la psychologue de l’hôpital d’instruction des Armées Percy, et ce qu’il en ressort c’est que ce genre de tragédie est toujours pluri-causes. Ce qui s’est passé dans la tête de ces jeunes, à ce jour, personne ne le sait» déclare-t-elle.

Un dispositif important a été mis en place afin de soutenir les élèves et les membres du personnel, anéantis par cette nouvelle. Le service santé des armées ainsi que la cellule d’intervention et de soutien psychologique de l’armée de terre (Cispat) a porté main-forte à Polytechnique. L’établissement étant sous tutelle du ministère de la Défense. Des groupes de paroles et un système d’écoute ont également été organisés.

«Se retrouver en situation de détresse émotionnelle à Polytechnique, n’est pas bien difficile»

Un ancien élève se remémore pourtant un épisode étrange lors de son arrivée à Polytechnique dans les années 1980. «Le BDE distribuait une plaquette contenant les traditions liées à l’institution. De manière macabre était inscrit qu’il y avait un suicide par promo. Mythe ou réalité? Je l’ignore». En attendant, pour ce dernier, se retrouver en situation de détresse émotionnelle au sein de la prestigieuse école, n’est pas bien difficile. «Certains vivent mal le fait de ne plus avoir d’objectifs à 20 ans. On sort de deux ans de prépa où tout est encadré, à Polytechnique où l’on est livrés à nous-mêmes. Le lieu est très isolé, il y a beaucoup d’étudiants qui ne sont pas parisiens et qui peuvent se sentir seul, surtout qu’ils passent le week-end là-bas. Sans parler du fait de ne pas se sentir intégré dans une école où chacun est très solidaire avec l’autre» explique-t-il.

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/polytechnique-deux-eleves-se-donnent-la-mort-a-a-quelques-jours-d-intervalle-19451/?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&link_time=1457436890#xtor=AL-155-[facebook]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*