POUR AVOIR LYNCHE A MORT UN VOLEUR MOUSSA BA ET BACARY DIATTA RISQUENT 2 ANS DE PRISON FERME

Leur acte risque de leur coûter très cher. Attraits hier, à la barre de  la Chambre correctionnel de Dakar pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention, les prévenus Moussa Ba et Bacary Diatta encourent une peine de 2 ans ferme, si les réquisitoires du ministère publique sont appliqués. Ils seront fixés sur leur sort le 07 décembre prochain.

Le moins qu’on puisse dire est qu’Abdoulaye Diallo n’a pas mérité ce qui lui est arrivé. En effet, il a succombé à des blessures après avoir été lynché par les nommées Moussa Ba et Bacary Diatta. Et, c’est ce qui a valu à ces derniers leur comparution, hier, devant le juge d’instruction de la Chambre criminelle de Dakar. Ils sont poursuivis pour  coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention. S’agissant des faits, dans la nuit du 29 avril 2016, vers les coups de 3 heures du matin, la dame Adama Diallo, épouse du prévenu Moussa Ba,  a senti la présence d’une personne dans sa maison. Suite à cela, elle  réveilla son mari pour l’en informer.

Ce dernier, une fois sorti de la chambre, aperçoit le sieur Amadou Diallo entrain de décrocher son écran plasma (téléviseur). Très remonté, il lui a d’abord administré des coups pour ensuite le trainer dans l’enceinte de la maison et l’attacher. Avec l’aide de son ami, Bacary Diatta, ils lui ont fait souffrir le martyr. Et ce sont les pleurs du voleur qui ont finalement alerté le voisinage.
 
Mais, comme il faisait nuit, Moussa Ba a muri l’idée de le garder jusqu’à l’aube avant de le livrer à la Police. Toutefois, les choses ont pris une autre tournure. Le matin, dès son réveille, Bineta Ba, sœur de Moussa Ba, a découvert le corps sans vie de la victime et elle a appelé son frère pour l’informer. Mis au parfum, les éléments de la brigade de Keur Massar se sont transportés sur le lieu et ont retrouvé le corps inerte qui sera identifié plus tard sous le nom d’Abdoulaye Diallo. Au  côté de qui, ils ont trouvé une corde et un banc. Le certificat médical faisant état de traumatisme rachidien et de fracture au niveau des vertèbres, a conduit à l’arrestation des mis en cause.
 
LE TEMOIN INCRIMINE  LES PREVENUS
 
A la barre, Moussa Ba a réitéré ses déclarations faites à l’enquête préliminaire. «Il est passé par la fenêtre de ma chambre. Il a pris mes deux téléphones, une pochette et un écran plat. On s’est battu et au moment où il prenait la fuite, j’ai crié au voleur. Une foule s’est formée et il a été lynché. J’avoue que je l’ai frappé aussi. Ensuite, je l’ai ligoté avec l’aide de Bakary jusqu’au lendemain pour l’amener à la Police. Mais j’ai remarqué ses blessures», a raconté le sieur Ba. Son co-prévenu, lui, estime n’avoir nullement participé au lynchage. «J’ai été appelé par Moussa. Et, ce jour-là, il a envoyé sa sœur Bineta pour le faire. Lorsque je suis venu, je l’ai aidé à le ligoter, mais je ne l’ai pas frappé».
 
Invité à témoigner, la dame Bineta Ba a enfoncé le clou. «C’est moi qui étais partie appeler Bakary. C’était vers les coups de 2 heures du matin. Quand il est venu, il n’y avait personne. Ils ont commencé à frapper le voleur avec un bâton pour Moussa et Bakary avait un fil. Et, quand je me suis réveillée, j’ai vu qu’il était mort et j’en ai parlé à Moussa qui a avisé le chef de quartier», a-t-elle indiqué. Quant à l’épouse de Moussa Ba, elle a servi une autre version, contraire à qu’elle avait dit devant les enquêteurs. Devant qui, elle avait déclaré que c’est son mari qui a ligoté le voleur avec l’aide de Bakary. Ce, après l’avoir sorti de la chambre.
 
LA VICTIME ETAIT UN DELINQUANT
 
Lors des débats d’audience, les représentants du défunt, son demi-frère et son oncle, se sont constitué partie civile. Ils reconnaissent avoir été en connaissance des actes de leur fils, mais affirment néanmoins qu’il n’était pas quelqu’un de violent.

«J’ai été plusieurs fois interpellé à la Police pour des cas le concernant». Par conséquent, la famille d’Abdoulaye Diallo a réclamé le franc symbolique. Le Procureur de la République, pour sa part, accuse les mis en cause. «Pour la protection de biens, on ne doit pas arracher la vie humaine parce qu’elle est sacrée. Après avoir maîtrisé son voleur, il pouvait le livrer à qui de droit. Mais il ne l’a pas fait», a-t-il clamé.

Selon lui, les faits sont clairs et le témoignage de la sœur les a suffisamment édifiés. Elle a été constante depuis l’enquête préliminaire. Ce qui l’amène à requérir, pour Moussa Ba et Bacary Diatta, une peine de 5 ans dont 2 ans ferme. La défense, de son côté, a demandé la clémence du tribunal, avant de solliciter une application bien vaillante de la loi. L’affaire est mise en délibéré au 7 décembre prochain.

Adama FAYE

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