Poursuivi pour meurtre : Moussa Diagne condamné à 6 ans de travaux forcés

 Abidjan_0003-prisonniers-de-Dramane01Malgré la peine de six ans de travaux forcés qui lui a été infligée, Moussa Diagne recouvre la liberté. Il comparaissait pour meurtre commis sur la personne de Mamadou Bâ.

Après six années passées en prison, Moussa Diagne a humé enfin l’air de la liberté. Jugé pour meurtre devant la Cour d’assises, il a été condamné à 6 ans de travaux forcés qui couvrent sa durée de détention. La Cour n’a fait que suivre les conseils du Parquet général qui pense que c’est Mamadou Bâ, la victime, qui aurait dû se trouver à la place de l’accusé.  «J’ai l’impression que c’est lui qui devait être accusé», a-t-il dit.

Certes Mamadou Bâ a rejoint l’au-delà, mais son comportement n’est pas exempt de tout reproche, poursuit-il. Selon toujours le Procureur général, le père de la victime, entendu à l’instruction, avait dit que son fils est resté dix ans sans venir le voir.

Il avait révélé aussi que Mama­dou Bâ avait eu à commettre dans le passé un meurtre de même nature que celui que Moussa Diagne a commis sur lui. Ce géniteur avait même refusé de se constituer partie civile, car il manifestait un dégoût vis-à-vis de son rejeton, a-t-il précisé. On aurait compris, pour l’amour filial, qu’il témoigne en faveur de son fils. Mais selon le Procureur général, ce témoignage du père en dit long sur la nature de la victime.

Toutefois, cela ne disculpe pas l’accusé, s’est-il empressé de souligner en soutenant que les hostilités ont été commencées par la victime. «C’est évident qu’il a cherché à le tuer en se servant du couteau que détenait Mamadou Bâ. Le dessein criminel ne fait l’ombre d’aucun doute», dit-il.

Par ailleurs, Mamecor Ngom pense que Moussa Diagne pouvait l’abandonner après l’avoir maîtrisé et arraché son couteau, mais a choisi de l’achever en écrasant volontairement sa tête avec une brique pleine. L’accusé avait comme prétexte devant les enquêteurs la légitime défense : «J’ai donné la mort pour sauver ma vie», a-t-il rappelé. Le procureur trouve que cet acte n’est pas légitime en ce sens qu’il n’a rien  de juridique.

Malgré toutes ces remarques, le Procureur général estime que l’accusé peut bénéficier d’une excuse de provocation. Pour lui, le certificat médical de Moussa Diagne l’atteste avec une blessure à l’oreille de 4 cm et une autre à la main. «Lesquelles lui ont été occasionnées par la victime. Dans pareille circonstance, on est exonéré, mais la responsabilité pénale demeure selon la loi», soutient le procureur.

Les choses changent au niveau de la peine. En lieu et place de la peine de travaux forcés qui devait être prononcée, c’est une peine de 2 à 10 ans. En demandant de le déclarer coupable, il a requis 6 ans de travaux forcés qu’il a fini de purger. L’avocate de la défense pour sa part a estimé que son client est un simple miraculé qui n’a dû son salut qu’à son courage.

Car selon elle,  Mamadou Bâ s’était présenté chez Moussa Diagne à 4h du matin armé d’un couteau. Piqué par l’énergie du désespoir quand il a été attaqué, il a tenté de se défendre. Ce qui amené son avocate à dire qu’il peut lui être accordé l’excuse de provocation. «Il a frappé pour mettre hors d’état de nuire, mais cela ne veut pas dire qu’il a attenté à sa vie», a-t-il précisé. Il a demandé de lui faire appliquer l’article 50 du Code de procédure pénale et de le faire acquitter.

 Justin GOMIS

justin@lequotidien.sn

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