POURSUIVI POUR UNE ESCROQUERIE SUR 10 MILLIONS FCFA, LE DOUANIER SE DÉFAUSSE SUR SON ÉPOUSE

G. Ndiaye, agent de constatation des douanes, en service à la subdivision de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass et son épouse Nd. F. Ndiaye ont comparu ce lundi, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour association de malfaiteurs et escroquerie portant sur 10 millions de francs Cfa. Ils encourent, chacun, 2 ans dont 1 an ferme et seront fixés sur leur sort le 29 mai prochain.

Leur arrestation fait suite à la plainte déposée par la partie civile, Mamadou Moustapha Ngom, comptable de son état. Ce dernier, devant le prétoire, a soutenu que dans le courant du mois d’octobre 2018, la dame Nd. F. Ndiaye s’est présentée à la société « SMK » pour passer une commande d’un lot de téléphones portables d’une valeur de 10.755.000 francs. Mais, c’est son mari, G. Ndiaye, qui a récupéré la marchandise au nom de « Jamila electronics » dont son épouse est la propriétaire.

Pour se faire livrer la marchandise, il a remis un chèque de banque du même montant. Convaincue de sa bonne foi, la partie civile lui a livré la marchandise contre un bon de livraison qu’il a signé. Au moment de la signature du bon, il avait promis que l’argent serait disponible au plus tard le 15 novembre 2018. A date échue, le comptable s’est rendu à la banque pour se faire payer. Contre toute attente, le chèque est revenu impayé pour défaut de provision. Pour sa part, le douanier G. Ndiaye a reconnu les déclarations de la partie civile. Mais, il a jeté la responsabilité sur son épouse en soutenant que c’est cette dernière qui avait passé la commande mais, elle peinait à s’acquitter de ses dettes parce que sa société rencontrait des difficultés financières.

A l’en croire, il s’est juste porté garant au nom de son épouse. En effet, la déclaration du douanier ne concorde pas avec celle servie par son épouse. Nd. F. Ndiaye a pris le contrepied de son époux. Selon elle, son époux avait exprimé le désir d’avoir un lot de téléphones portables car, il avait des commandes à livrer auprès de certaines personnes. Mais, en tant que agent des douanes, il ne pouvait pas traiter avec la société. C’est sur ces entrefaites qu’elle a appelé la société « SMK » pour passer la commande au nom de l’entreprise de sa femme. « Après avoir passé la commande, mon mari s’est rendu à la SMK récupérer la marchandise. Après la livraison, il est parti écouler la marchandise auprès de ses clients à mon insu et a utilisé les fonds à d’autres fins », a expliqué la dame qui est sous contrôle judiciaire parce qu’elle souffre de diabète et allaite un enfant de 14 mois.

D’autres plaintes dans le dos, avec un préjudice de 200 millions !

Dans son réquisitoire, le procureur a constaté que le couple ne veut pas expliquer les faits clairement pour la manifestation de la vérité puisque les deux se renvoient la balle. Cependant, le parquet estime que les faits qui leurs sont reprochés sont constants d’autant plus qu’ils n’ont pas nié l’existence de la commande des téléphones portables. « Ils n’ont pas été contestés avoir encaissé les bagages d’une valeur de plus de 10 millions de francs Cfa. Elle a agi de connivence avec son mari. Ils savent que les faits sont graves et qu’ils encourent des peines fortes. Je requiers contre eux 2 ans dont 1 an ferme », a déclaré le procureur. Qui, dans le même sillage, a fait une révélation de taille qui indique que le couple n’est pas encore sorti de l’ornière.

Selon le maitre des poursuites, il y a, au moins 5 autres plaintes qui attendent sur la table du procureur et le préjudice qu’ils ont causé aux autres plaignants est estimé à près de 200 millions de francs Cfa. La partie civile a réclamé 12 millions de francs Cfa pour toute cause et préjudice confondus. L’avocat de la dame a chargé l’époux, arguant que sa cliente était tombée malade et avait confié la gestion de sa boite à son époux qui passait les commandes, vendait les portables sans rembourser. « Son mari a abusé de sa naïveté », a déclaré l’avocat de la dame qui, à titre principale plaide la relaxe et, subsidiairement, l’application bienveillante de la loi.

Pour sa part, l’avocat du douanier considère que cette affaire est douloureuse mais son client restera un gentleman jusqu’au bout. « C’est la dame qui a passé la commande donc elle ne peut pas être blanchie comme neige », a soutenu l’avocat qui demande la clémence. Les prévenus seront édifiés sur leur sort le mercredi 29 mai.

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