Présidentielle 2017 Remobilisation de Bby : le ps dans un sall piège – Mahmout Saleh : «Le Président n’est pas l’alter ego de Khalifa»

macky-khalifaEn rencontrant ses alliés de Benno bokk yaakaar de manière assez régulière depuis le lendemain des élections locales, Macky Sall veut isoler le Ps dans ses idées et ambitions. A défaut de compter sur les Socialistes, il veut réussir à mettre tous ses partenaires politiques contre eux pour la Présidentielle de 2017.
Si le secrétaire général du Parti socialiste (Ps), Ousmane Tanor Dieng, joue la musique que le Président Macky Sall veut entendre à quelques couplets près, les Socialistes martèlent qu’il n’est pas question de ne pas présenter un candidat à la prochaine Prési­dentielle. L’histoire et la vocation du parti les y obligent. Le séminaire de Benno bokk yaakaar (Bby) que le leader de l’Alliance pour la République (Apr) a présidé le week-end est une occasion d’isoler la seule formation politique parmi ses alliés qui présente des velléités de candidature. Mousta­pha Niasse s’est disqualifié et a mis son ennemi juré, Tanor, devant ses responsabilités. Serigne Mansour Sy Djamil a mis de l’eau dans son vin au soir des Locales du 29 juin passé. Avant ce scrutin, le chef de l’Etat n’avait jamais jugé opportun de rassembler ses alliés, malgré les nombreuses réclamations de mise en place d’un cadre de concertation. Rattrapage ou nouvelle campagne de charme en direction de ses alliés ? En tout cas, le souci d’un second mandat fait oublier les priorités du pays pour réparer et requinquer la machine électorale victorieuse de 2012, mais très mal en point, et qui se manifeste par la dispersion des idées et initiatives. La coalition s’était déchirée et était partie aux dernières élections en rangs dispersés.

Scénario d’un Bby sans le Ps
Au lendemain des Locales, Macky Sall, candidat à sa succession, a remis son manteau de rassembleur en perspective de la Présidentielle. Subitement, personne n’est devenu politiquement inutile, car l’Apr a démontré qu’elle manque de bases solides capables de porter une candidature. Pour ferrer ses alliés, elle s’appuie sur sa «tontine» politique en décidant d’allouer à tout membre de la «coalition des coalitions» un million de francs Cfa. Officiellement. Par la suite, lui et son conseiller juridique tentent d’emballer leurs alliés dans un référendum prévu en 2016, à un an de la Présidentielle. Dans cette galaxie d’«assisards» et d’alliés de la 25ème heure, seule «l’étoile socialiste» donne de l’insomnie aux Apéristes. D’autant qu’il devient évident que son «confident», Tanor, n’est pas perçu comme un cheval gagnant sur lequel un congrès d’investiture du Ps prendrait le risque de miser. La stratégie est flagrante. Pour Macky Sall, il s’agit de tout faire pour que les Socialistes soient comptables de son bilan en 2017. D’ailleurs, la reconduction de Aminata Mbengue Ndiaye, en dépit de sa déroute électorale à Louga, était une manière de ferrer ce parti. Au-delà, vendre les réalisations du gouvernement aux alliés au moment où d’importants financements obtenus dans le cadre du Plan Sénégal émergent (Pse) cherchent projets n’apporte point de valeur ajoutée aux yeux du Sénégalais lambda. En 2017, Macky Sall voudrait compter un Benno bokk yaakaar, sans le Ps au pire des cas.

biramefaye@lequotidien.sn

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