Présidentielle De 2019 : Karim WADE Et Khalifa SALL Hors Circuit, À Qui Le Prochain Le Tour ?

Pour une prouesse, c’en est vraiment une.

Le régime de la seconde alternance a réussi l’exploit de démarrer son septennat par un procès politico-judiciaire qui a tenu en haleine tout un peuple pendant près de deux ans avec l’affaire Karim Wade et de le boucler par un autre qui en principe devrait  démarrer le 14 de ce mois de décembre.

Quand le premier, ancien ministre sous le régime de son ex-Président de père, répondait devant la Cours de répression de l’enrichissement illicite (Crei), du délit d’enrichissement illicite, le second fera face au tribunal correctionnel pour des infractions d’association de malfaiteurs, détournement de deniers publics et escroquerie portant sur des deniers publics.

La similitude entre ces deux affaires étant qu’elles mettent toutes en cause de potentiels adversaires politiques à l’occasion de la prochaine présidentielle de 2019. Tous procès qui semblent donner raison à l’ancien Premier ministre et  président du parti Rewmi Idrissa Seck quand, dans une de ses sorties, il parlait d’un plan conçu par le régime pour tenter d’effacer ses opposants les plus sérieux du jeu politique sénégalais.

La première de ses cibles ayant été Karim Wade aujourd’hui en exil forcé et ensuite Khalifa Sall du Parti socialiste dont il avait salué d’ailleurs le courage exemplaire pour avoir choisi de se ranger du côté du peuple malgré l’arrimage inconditionnel de la direction de son parti à Macky Sall.

Un courage qui risque aujourd’hui de lui coûter cher avec cette épée de Damoclès qui plane dangereusement sur sa tête. Car nul doute qu’une condamnation à l’issue de ce procès serait pour l’écarter définitivement des prochaines joutes présidentielles voire mettre un terme à toute une carrière politique.

Pour dire toute l’inquiétude de ses partisans et sympathisants, qui, à l’instar d’un de ses avocats, maître El Hadj Amadou Sall perçoivent déjà le couperet avant le verdict. «Le procès n’est déjà pas équitable. La procédure jusqu’à présent ne crée pas les conditions d’un procès équitable. Il ne l’est pas. Il ne peut l’être et il ne le sera pas».

Toute certitude qui s’inspire d’une lecture minutieuse qu’il dit avoir faite de la situation dans un contexte où l’indépendance de la justice est sérieusement mise en doute et qui l’amène à tirer la sonnette d’alarme. Pour lui, le moment est venu pour que les Sénégalais s’arrêtent un instant pour réfléchir sur ce qui se passe, s’en révolter et prendre conscience de ce que, dans leur pays, la démocratie est en train de céder la place à un système autoritaire, brutal qui viole les droits et procède à la négation de l’individu, au bénéfice d’une ambition dévorante, d’une crainte justifiée d’aller aux élections.

Tout compte fait, la constance dans cette affaire est que l’avenir politique du député-maire de Dakar a subi un sacré coup et ce quoi qu’il advienne. Car même s’il échappe au couperet, son honorabilité est aujourd’hui sérieusement écorchée par cette accusation qui lui collera à la peau pour le restant de ses jours. Aussi se pose la question de savoir à qui le prochain tour puisque l’adage dit bien qu’il n’y a jamais deux sans trois.

A moins que, faute de temps nécessaire pour enclencher et boucler une nouvelle procédure judiciaire, le rouleau compresseur de potentiels présidentiables ne se voit contraint à l’arrêt. La prochaine joute présidentielle est en effet pour un peu plus d’un an. N’empêche, certains, à l’instar de l’ancien Premier ministre et farouche adversaire du tenant actuel du pouvoir, Idrissa Seck, n’entendent pas se laisser surprendre.

En atteste la mise en garde que le rewmiste en chef a récemment faite à ses ouailles lors du départ de son parti de l’ancien parlementaire Thierno Bocoum. «Macky Sall est dans une dynamique d’affaiblissement et de mise hors circuit de tous ses potentiels adversaires. S’il ne m’a pas atteint, c’est parce qu’il ne sait pas par où passer. Alors ne soyez pas le maillon faible de la chaîne», leur avait-il dit.

Sidy DIENG

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