PRESIDENTIELLE GABONAISE : Maixent Accrombessi l’homme qui a fait perdre le sommeil aux Gabonais

MAXENT ACCROMBESSILe député du PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir), Bertrand Zibi Abeghe, qui a démissionné de tous ses mandats, la semaine dernière, devant Bongo Ondimba Ali (BOA) afin de dénoncer sa très calamiteuse gouvernance du pays, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Conscient qu’il est porteur d’une aspiration populaire, il a, fortement, interpellé, dans une lettre ouverte, datée de lundi, 1er août, le nouveau chef de l’Etat du Bénin, Patrice Talon, dans laquelle il dénonce, vivement, l’arrogance et le positionnement (très) stratégique dont use et abuse Maixent Accrombessi (note photo), directeur de cabinet du président de la République du Gabon, qui est, lui aussi, béninois d’origine.

Le fait que Bertrand Zibi Abeghe ait démissionné du PDG, à Minvoul, dans sa circonscription, devant ses milliers d’électeurs, alors que BOA était, juste assis devant le podium où il prononçait son discours, montre que les Gabonais sont, désormais, prêts à tout, pour sauver leur pays. La façon choisie pour faire connaître, publiquement, ses ressentiments à l’endroit de Maixent Accrombessi, montre que le DirCab de BOA n’est pas, seulement, une préoccupation pour la seule opposition, mais, qu’il est, aussi, une véritable épine dans le pied des élus de la majorité et du PDG.

Voici quelques passages de la lettre qu’il a fait parvenir à Patrice Talon, lundi, 1er août.

« Je viens vous faire part d’une situation extrêmement préoccupante ».

« Il est de notre devoir de vous interpeller par rapport à la situation de l’importante colonie de Béninois que le Gabon accueille sur son sol ». « Ils y vivent, paisiblement, comme s’ils étaient à Cotonou, Porto Novo, etc ».

Pour preuve, « 80% des commerçants du Marché Mont-Bouet, le plus important de Libreville, sont des Béninois ; 70% des taximen dans l’ensemble du pays, sont, également, des Béninois ».

« Aujourd’hui, le peuple gabonais tout entier et son président sont insultés par des journalistes de votre pays, sous prétexte que le directeur de cabinet de notre président, Bongo Ondimba Ali, d’origine béninoise, serait le véritable président du Gabon. Et ce sulfureux monsieur, qui fait l’objet de poursuites judiciaires en France, n’en dit pas moins à qui veut l’entendre ».

« Depuis quelques temps, une rumeur circule avec insistance au Gabon, attestant que plusieurs de vos compatriotes auraient reçu, frauduleusement, la nationalité gabonaise, puis, seraient inscrits, et même, déjà, détenteurs de la carte d’électeur afin de prendre part au prochain scrutin présidentiel, ce qui ne sera accepté ni toléré par les Gabonais ».

Après un large tour d’horizon de la situation qui prévaut au Gabon, l’ancien député pose quelques questions au président, Patrice Talon :

« Existe-t-il un seul Gabonais ayant participé à la dernière élection béninoise qui vous a porté au pouvoir » ?

« Existe-t-il un seul Gabonais qui occupe des postes de responsabilité au Bénin » ?

« Seriez-vous ravi si des journalistes gabonais vous traitaient de « MARIONNETTE », vous, Monsieur PATRICE TALON, président du Bénin » ?

Et Bertrand Zibi Abeghe de convoquer Jean Jacques Rousseau qui disait : « Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage ».

Et l’ancien député du PDG de conclure, ainsi, sa (très troublante) lettre :

« Alors, Monsieur le Président, nous, populations du Gabon, meurtries dans nos chaires respectives, par le mépris, la condescendance et les détournements massifs de votre compatriote, Maixent Accrombessi, vous recommandons, vivement, de rappeler votre fils dans votre pays. Nous disons le Gabon aux Gabonais » (fin de citation).

Sans se voiler la face, Bertrand Zibi Abeghe dit, tout haut, dans sa lettre au président du Bénin, ce que la grande majorité des Gabonais et des Gabonaises, dit tout bas, parfois, dans un défaitisme qui n’a d’égal que le courage de l’ancien député : « On va encore faire comment » ?

La question de la présence de Maixent Accrombessi, chef tout puissant de ce qui est, communément, appelé, au Gabon, « Légion étrangère », c’est-à-dire, ces étrangers ou Néo-Gabonais dont s’entoure BOA pour travailler au quotidien, et qui sont à l’origine d’un pillage « massif » des ressources financières de l’Etat, tel que le Gabon ne l’avait jamais connu auparavant, est en train de devenir, progressivement, une question diplomatique. Selon l’ancien président démissionnaire de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama (qui s’y connaît pour s’être aventuré à plusieurs reprises par des mises en garde avisées au chef de l’Etat), BOA est capable de renvoyer tous les Gabonais de leur poste, pour garder Accrombessi à ses côtés. La question est de savoir ce qu’il lui apporte en retour, lui qui n’hésite, d’ailleurs, pas (pour se montrer ultra-puissant devant ses interlocuteurs) d’humilier BOA, parfois, en utilisant l’image du coq et de la poule. Question à 2.000 F CFA gabonais : Qui en cette occasion est la poule ?

L’interpellation de Bertrand Zibi Abeghe n’est pas anecdotique quand l’opposition reproche, publiquement, à BOA d’avoir dit Niet à l’audit du fichier électoral, tel que le recommandent l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et le National Democratic Institute (NDI). Au bas mot, les experts en matière électorale de l’opposition, évaluent à plus de 33.000 faux électeurs prévus pour gonfler le score de BOA, au soir du 27 août, grâce au bienveillant concours des anti-chambres du Palais du Bord de Mer que sont la Cenap (Commission électorale nationale autonome et permanente) et la Cour constitutionnelle dite « Tour de Pise » pour sa faculté à ne pencher que d’un seul côté, dans ses arrêts en faveur du Palais du Bord de Mer.

Qu’on se le dise sans exagérer, que, ici, comme dans beaucoup d’autres domaines décriés, c’est, encore et toujours, Maixent Accrombessi, véritable président du Gabon, comme le disent les Gabonais (et les journalistes béninois), qui est à l’oeuvre. Sa puissance dépassant, de très très très loin, celle du président de la République (qui veut se faire réélire), il y a, incontestablement, problème.

Le président, Pascal Talon, est, donc, officiellement, saisi. Que pourra-t-il faire ?

BBC

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