PREVENTION – Usage des Tics contre la mortalité maternelle et infantile : Le téléphone portable pour «sauver des vies»

L’Uit, en étroite collaboration avec l’Oms, a présidé une rencontre à Dakar sur les Stratégies nationales de cyber-santé en vue d’améliorer l’état de santé des femmes et des enfants, pour la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile.

Dakar a accueilli hier un atelier régional sur : «Les stratégies nationales de cyber santé en vue d’améliorer l’état de santé des femmes et des enfants». Organisé conjointement par l’Uit et l’Oms, il a vu la participation de représentants des ministères de la Santé et des Technologies de l’information et de la communication du Burkina Faso, du Cameroun, de la Cote d’Ivoire, de Madagascar, de la Mauritanie, du Mali et notamment du Sénégal.

L’objectif de cet atelier, selon les initiateurs, est de : «Présenter les outils permettant au niveau national, d’élaborer cette stratégie et de soutenir la mise en œuvre des recommandations de la Com­mission sur l’information et la responsabilisation (Coia).»

Cette commission, créée en 2011, co-présidée par le secrétaire général de l’Uit et la directrice générale de l’Oms, «veille à l’amélioration de la commission globale, la surveillance et la responsabilité de la santé des femmes et des enfants».

Durant cet atelier, les organisateurs ont insisté sur l’importance des Tics, notamment l’utilisation du téléphone portable, qui pourrait permettre de réduire le taux de mortalité maternelle et infantile, grâce à une bonne communication.

«Aucune femme ne devrait perdre la vie lors d’un accouchement parce que la bonne information n’a pas été obtenue d’elle à temps, alors que des technologies de l’information et de la communication sont disponibles. Aucune situation épidémiologique ne saurait être hors de contrôle parce que l’information n’a pas été diffusée assez tôt», a indiqué le rapport de l’Uit, intitulé : «Les Tic pour améliorer l’information et la responsabilisation des femmes et des enfants».

Transformation du secteur de la santé
L’Oms, pour sa part, définit la cyber-santé comme : «L’utilisation rentable et sécurisée des Tech­nologies de l’information et de la communication (Tic) pour la santé et à des fins liées à la santé.» Andrew Rugege, directeur du Bureau régional Uit/Addis Abeba a «félicité le gouvernement du Sénégal, en particulier le ministère de la Communication et de l’Economie numérique, pour l’appui aux activités touchant le développement des e-applications notamment la e-santé, la cyber-sécurité et la e-éducation», avant de se pencher sur la question de l’importance des Tic qui, selon lui, contribuent à transformer le secteur de la santé.

«Les nouveaux domaines d’applications des Tic continuent à être diffusés et à se propager rapidement grâce au haut débit et aux téléphones mobiles, pour permettre la revitalisation des économies et la création d’opportunités plus innovantes, plus inclusives avec des solutions à fort impact», a-t-il ajouté.

L’utilisation des services de santé à base de téléphonie mobile a permis l’émergence de la cyber-santé en Afrique, apportant ainsi à ce continent, tant convoité, des avancées significatives, pour atteindre les Omd 4 et 5, relatifs à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. Une étude réalisée par l’Oms a aussi permis de constater que l’Afrique est la région où le taux de croissance de la large bande mobile a augmenté de 2% en 2010 à 11% en 2013. Cette pénétration reste des plus élevées au cours des trois dernières années. Cette même étude a révélé que plus de la moitié des décès maternels dans les pays en développement se produit en Afrique sub-saharienne. Les enfants de cette zone sont 16 fois plus susceptibles de mourir avant l’âge de 5 ans que les enfants des pays développés.

Venu assister à cet atelier, M. Ousseynou Bâ, consultant de l’Oms et ancien ministre de la Santé de la Mauritanie déclare : «L’utilisation des Tic peut améliorer la fourniture des soins de qualité à la population africaine et réduire les taux de mortalité maternelle et infantile.» Il en a profité pour souligner les problèmes qui gangrènent les sociétés africaines en matière de santé, dont l’un des obstacles majeurs est celui du «leadership des dirigeants africains et de leur manque de volonté».

Le deuxième point concerne le cadre juridique et  règlementaire ; peu de pays ont des lois de protection des données personnelles et médicales. Et enfin, déclare M. Bâ, le dernier point est lié au problème d’accessibilité, car ça coûte encore cher et la population est pauvre.
Sept pays francophones étaient au rendez-vous. Tous ont semblé satisfaits de cette première expérience qui, pour rappel, va durer trois jours, en présence d’experts venus de Genève (Suisse) pour présenter ces dispositifs.

Écrit par Par Abdourahmane THIAM Stagiaire

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