Primaires américaines : Ted Cruz et Bernie Sanders l’emportent dans le Wisconsin

 

Le sénateur ultraconservateur du Texas, Ted Cruz, a facilement battu le milliardaire Donald Trump lors de la primaire du Wisconsin.

Les deux favoris des courses à l’investiture démocrate et républicaine ont connu un nouveau coup d’arrêt dans le Wisconsin, mardi 5 avril. Hillary Clinton et Donald Trump y ont été sèchement battus par Bernie Sanders et Ted Cruz. Dans le cas du milliardaire, la défaite sera accentuée par la prime que cet Etat accorde au vainqueur et qui pourrait permettre au sénateur du Texas, un ultraconservateur, derafler la majorité des 42 délégués en jeu.

Dans son discours de victoire, M. Cruz a mis en perspective un succès qui s’ajoute à ceux enregistrés en Utah, dans le Colorado et dans le Dakota du Nord. « Une lumière s’est allumée, c’est un tournant », a-t-il voulu croire. Il a également dressé la liste des soutiens récoltés au cours des dernières semaines, àcommencer par le gouverneur de l’Etat, Scott Walker, éphémère candidat à l’investiture présent à ses côtés mardi soir. Fort désormais de l’adoubement d’une demi-douzaine d’anciens prétendants, M. Cruz a jugé qu’il était le mieux placé pour rassembler un parti divisé dans la perspective de l’élection présidentielle du 8 novembre. « Nous gagnons parce que nous unifions », a-t-il assuré.

Dans le Wisconsin, M. Cruz a bénéficié avant toute chose du concoursinvolontaire de son adversaire, Donald Trump. Ce dernier a accumulé les déclarations malencontreuses, notamment sur la prolifération nucléaire ou l’avortement, dans les jours qui ont précédé le vote, alimentant les doutes sur sa capacité à exercer la fonction présidentielle. M. Trump a également entretenu unclimat détestable au sein du camp républicain en s’attaquant à la femme du sénateur du Texas, Heidi Cruz, l’une des rares « erreurs » qu’il a reconnues depuis son entrée en campagne, le 16 juin.

Le magnat de l’immobilier a pourtant poursuivi dans cette veine en réagissant à sa défaite avec alacrité dans un communiqué. Il s’est gardé de féliciter le sénateur, comme c’est pourtant la coutume, préférant le qualifier de « cheval de Troie » manipulé par les « patrons » du Parti républicain pour lui « voler » son investiture. Il l’a également accusé d’infractions aux règles électorales en assurant qu’il s’est coordonné avec les comités d’action politique (super PAC), les outils de groupes d’intérêts mobilisés contre lui, ce qui est interdit.

En dépit de ses derniers succès, M. Cruz reste cependant nettement distancé par M. Trump qui comptait à la veille des primaires du Wisconsin 736 délégués contre seulement 463 pour son rival. La bonne série du sénateur risque par ailleurs de s’interrompre le 19 avril avec les primaires de l’Etat de naissance du milliardaire, New York, dont il avait par ailleurs stigmatisé les « valeurs », jugées trop progressistes, lors d’un débat télévisé, en janvier.

Lire l’éclairage :   Primaires américaines : l’impasse qui menace le Parti républicain en trois graphiques

Plutôt que d’espérer atteindre le chiffre de 1 237 délégués nécessaire pour obtenirautomatiquement l’investiture (il lui faudrait en effet rafler plus de 95 % des mandats encore en jeu), M. Cruz s’efforce avant tout d’empêcher M. Trump deparvenir à ce seuil. Le magnat de l’immobilier doit pour sa part remporter plus de 60 % des délégués à venir pour être sûr de porter les couleurs républicaines le 8 novembre. Si aucun des deux n’y parvient, la convention prévue fin juillet à Cleveland, dans l’Ohio, pour adouber un candidat, sera alors « ouverte » et son issue imprévisible.

Longues courses aux investitures

La tâche semble comparativement plus facile pour Hillary Clinton, ses démêlés avec le FBI à propos du serveur et de l’adresse privés dont elle se servait lorsqu’elle était secrétaire d’Etat, de 2009 à 2013, mis à part. M. Sanders a également enregistré une série impressionnante en remportant six victoires lors des sept caucus et primaires organisées depuis le 22 mars. Mais ces succès s’expliquent en grande partie par des facteurs démographiques : le sénateur du Vermont a triomphé partout où la part de la population afro-américaine est nettement inférieure à la moyenne nationale, comme c’est le cas en Utah, dans l’Idaho, l’Etat de Washington ou bien dans le Wisconsin.e

 

La dernière séquence des primaires a été particulièrement favorable à Bernie Sanders, qui a remporté six des sept dernières consultations depuis deux semaines

En dépit de ses appels répétés, comme encore mardi soir, il est peu probable par ailleurs qu’il arrive à convaincre les super-délégués, membres de droit de la convention prévue à Philadelphie une semaine après celle de Cleveland, de lesoutenir. Nettement distancé par Mme Clinton au niveau des délégués élus, le sénateur indépendant ne bénéficie pour l’instant du soutien que de 31 super-délégués contre 469 pour l’ancienne secrétaire d’Etat qui est, elle, un ancien et actif membre du parti présidentiel.

Les deux victoires obtenues mardi par les deux challengers démocrate et républicain permettent de prédire deux longues courses aux investitures. M. Sanders, qui avait déjà quitté mardi le Wisconsin pour labourer le Wyoming, dans la perspective des primaires démocrates du 9 avril, dispose des moyens nécessaires puisqu’il parvient, mois après mois, à battre des records de collecte de fonds grâce à une armée mobilisée de petits donateurs. Il a ainsi pu réunir plus de 44 millions de dollars pour le seul mois de mars, plus que Mme Clinton.

Cette dernière bénéficie cependant, à la différence du sénateur, du soutien de super PAC capables d’engager des sommes considérables dans la bataille. Elle organisait d’ailleurs une collecte de fonds mardi soir dans l’Etat de New York à quinze jours de primaires qui s’annoncent particulièrement disputées. Mme Clinton a été sénatrice de l’Etat pendant huit ans et M. Sanders, comme en atteste son accent, est un pur produit de Brooklyn.

Source : http://www.lemonde.fr/

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