PRISE EN CHARGE DU SIDA AU SENEGAL : Un gap de près de 40 milliards fcfa à combler

senegal SIDA

En raison de la crise financière mondiale, au Sénégal, la lutte contre le Sida est affectée par le déficit de financement. Suffisant pour que l’Alliance nationale contre le Sida (Ancs) préconise d’instaurer la taxe sida. Elle consiste à faire un prélèvement annuel de 1% sur les salaires pour boucler le budget du plan stratégique national 2011-2015.

82,24% du budget de lutte et de prévention du sida dépend des partenaires extérieurs qui sont de plus en plus enclins à réduire les financements octroyés aux organisations de lutte contre le Sida. Une austérité qui amène les acteurs de la lutte contre le Sida à faire preuve d’inventivité dans la recherche de sources de financement. Au Sénégal, c’est un prélèvement annuel de 1% sur les salaires que propose l’Alliance nationale contre le Sida. Selon, cette organisation, les programmes de santé du Sénégal étaient toujours soutenus par les partenaires extérieurs qui sous prétexte de la crise financière mondiale réduisent ou annulent leur financement. Pis, le budget alloué à la santé est entre 10 et 13% alors que le Sénégal s’était engagé à porter ce budget à 15% au sommet d’Abuja. C’est pour combler les gaps de financement destinés à la lutte contre le sida qu’ils ont proposé cette taxe dont le prélèvement est prévu chaque mois de décembre. « Nous voulons symboliquement proposer le mois de décembre, mois qui abrite la journée mondiale de lutte contre le Sida », explique Mossiga Thiandoum chargé des programmes de l’Ancs. En effet, tous les salariés et au-delà toutes les autres personnes qui disposent de revenus sont appelés à verser cette rente tous les mois de décembre pour contribuer à mobiliser des ressources au niveau du Sénégal. « Ce serait une taxe pour renforcer les fonds qui vont dans la santé de manière global et spécifiquement dans la lutte contre le Sida », estime encore le chargé des programmes de l’Ong. Pour faire de cette proposition une réalité, l’Ancs compte mener de larges concertation avec les acteurs privés, ceux du secteur public et les institutions afin d’opérationnaliser cette initiative.

Pour l’instant, à en croire M. Thiandoum beaucoup de réactions sont venues des acteurs. « On a même des syndicats qui sont d’accord, d’autres ont juste réagi à notre appel et attendent qu’on se concerte pour qu’ils puissent donner leur avis », dit par ailleurs Thiandoum. Quoiqu’il en soit, l’Ancs compte faire la proposition à l’Assemblée nationale afin d’en faire une loi. Comme cela, ce sera une initiative de solidarité nationale en ce qui concerne les salariés. S’agissant des autres acteurs, on informe qu’à l’issue des concertations, leur mode de contribution sera déterminé.

Ces fonds collectés serviront à soutenir les différentes stratégies de lutte contre le sida : prise en charge médicale et psychosociale des personnes vivant avec le Vih, des orphelins et enfants vulnérables, à l’achat de médicament, au traitement, bilan médicaux, appui à la solidarité des enfants vivant avec le Vih, appui nutritionnel etc. Ces fonds collectés serviront aussi à faire la prévention à travers des campagnes de sensibilisation des populations.

Dans cette quête d’un financement de plus en plus problématique, l’Ancs est soutenu par des partenaires tels l’Usaid à travers Family health international (Fhi), le Fond mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, Alliance internationale contre le Sida, Onu sida et l’Etat du Sénégal à travers l’exonération de taxe sur les matériels et produits qu’il achète. « Il faut préciser que nous ne recevons pas d’argent de l’Etat du Sénégal », fait savoir M. Thiandoum. Avec ce financement, l’Ancs appuie 30 ONG sénégalaises et plus de 500 organisations qui luttent contre le Sida à travers tout le pays. « Nous intervenons dans les 14 régions du Sénégal », dit-il. L’organisation lance un appel à la solidarité à tous les sénégalais qui souhaitent contribuer à « cette initiative noble » pour continuer à assurer un bon traitement et en une prise en charge des personnes vivant avec le Vih mais aussi pour la prévention de la lutte contre le Sida.

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