Procès Balkany : «On avait des espèces, il fallait bien les utiliser»

Le Parquet national financier a requis jeudi quatre ans de prison ferme et un mandat de dépôt contre le provocateur maire de Levallois.

  • Procès Balkany : «On avait des espèces, il fallait bien les utiliser»

Certains diront que l’accusation a la main lourde mais tout de même : jeudi après-midi, le représentant du Parquet national financier (PNF), Arnaud de Laguiche, a requis quatre ans de prison ferme contre Patrick Balkany et surtout un mandat de dépôt immédiat à la barre, une fois que le jugement sera rendu. Concernant son épouse, Isabelle, toujours hospitalisée après une tentative de suicide, il a demandé quatre ans de prison ferme dont deux avec sursis. Et pour les deux, dix ans d’inéligibilité.

Verges. Dans ce procès, pour fraude fiscale, jugé cette semaine, avant d’aborder le cœur de l’affaire pour blanchiment, Balkany aura fourni les verges pour se faire battre. Lors de l’audience de mercredi, croyant amuser la galerie (certains médias s’étant principalement amusés de la sonnerie de son portable, un jingle issu du film les Tontons flingueurs), le maire de Levallois-Perret avait tout avoué ou presque, croyant bien faire, sur ses avoirs planqués à l’étranger : «Je ne crois pas que beaucoup de Français déclarent ce qu’il y a sous le matelas […]. On avait des espèces, il fallait bien les utiliser. On a mangé notre capital, mais on a bien vécu. Ce que nous avons dépensé, c’était notre argent.» Encore aurait-il fallu le déclarer. L’avocat du fisc, Xavier Normand-Bodard, partie civile dans le volet fraude fiscale, s’en est donc donné à cœur joie jeudi, pointant un «système frauduleux». «OK, on a le droit de manger son capital disponible. Mais si on revendique ces sommes, elles rentrent dans le patrimoine assujetti à l’impôt.» D’où un arriéré (sur le revenu comme sur la fortune) évalué par Bercy à 4 millions d’euros.

Le coup de pied de l’âne revenait au parquet. Sur le mode ironique, d’abord – Patrick Balkany ayant évoqué son moulin de Giverny (Eure), sa piscine «à refaire», son terrain de tennis «déformé», sa villa Pamplemousse de l’île Saint-Martin régulièrement dévastée par les «airs marins» -, et bémolisations de son patrimoine : «Ce modeste bungalow se louait 10 000 ou 20 000 dollars la semaine», rétorque l’accusation.

«Magie». On en vient à l’essentiel. Quand Patrick Balkany se domiciliait officiellement en sa permanence électorale de Levallois, Isabelle Balkany résidait en Normandie, avant de se remettre en ménage à Giverny, «leur propriété permettant une double résidence». Le PNF tient là un autre chef d’accusation : «Voila comment, par la magie de la fraude fiscale, on échappe à l’imposition commune d’un patrimoine taxable.»

Avec ce comble : l’emploi de personnels de maison permettant de déduire leurs salaires de ce qui reste du revenu imposable, voire d’en obtenir restitution. «C’est le contribuable qui paie le train de vie des Balkany !» Le parquet fait un parallèle avec l’affaire Cahuzac – Balkany ayant alors hurlé avec les loups – condamné quoiqu’ayant régularisé sa situation fiscale. Et de balancer à l’élu : «Vous êtes un grand fraudeur, vos propos tiennent de celui qui se croit tout permis. Un tel comportement d’un élu est inacceptable.» Le jugement du TGI ne sera rendu qu’à l’automne, dans la foulée de celui sur le blanchiment.Renaud Lecadre

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