Procès de l’ancien chef de cabinet de Karim Wade : La CREI savonne Bachir Diawara

Arrêté mercredi pour trouble à l’audience consacré à Karim Wade et ses présumés complices, Mouhamadou El Bachir Diawara a été jugé hier par la Crei. Les juges n’ont pas raté le prévenu en lui apprenant les bonnes manières à avoir devant une institution.

C’est un procès qui en a appelé un autre. Jugé hier pour trouble à l’audience, l’ancien chef de cabinet de Karim Wade a pris une dose de leçons de morale de la part de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Bachir Diawara a été savonné par les juges qui lui ont particulièrement donné des cours de respect à l’égard des institutions du pays comme celle qu’ils incarnent. «Montrez le respect dont vous parlez à la Cour dans vos comportements. Vous avez dit que vous avez des amis.

Donc, vous êtes un exemple. Essayez de vous comporter comme tel. Nous sommes courtois à votre endroit, alors essayez de nous le rendre. Vous ne le faites pas pour nous mais pour la justice. Respectez le président de la Cour pour l’institution qu’il incarne. Vous ne nous avez jamais vu prononcer un mot quand le président parle.

Même si la Cour s’installait dans votre salon, ceci deviendra une salle de Tribunal où vous devez être respectueux», lui intime le premier assesseur. Et un magistrat du siège de demander au prévenu s’il peut lui citer les institutions du pays. Le prévenu liste quelques unes comme la justice, le président de la République, la Police nationale. «La Cour aussi», lui rajoute le juge.

«Je ne vais pas prêter le flanc»
Le quatrième assesseur Maguet­te Diop a essayé de le rassurer en ces termes : «Nous ne sommes intéressés que par la manifestation de la vérité et rien d’autre.» Toutefois, la question délicate est venue du substitut du procureur spécial, Alioune Ndao étant absent : «Pensez-vous que ce procès est politique ?»

Le chef de cabinet de Karim Wade a dû réfléchir avant de répondre : «Même si je ne suis pas d’accord, je ne vais pas prêter le flanc. Ce n’est pas le lieu de le dire. Je vous demande de laisser cette appréciation au niveau du débat politique. Je ne vais pas donner à mes adversaires l’occasion de me liquider. Je n’ai pas droit à l’erreur.» Il a fallu que Antoine Diome insiste sur sa question au point d’irriter son avocat Me Ciré Clédor Ly pour que Bachir Diawara aille plus loin. «Les gendarmes ne sont pas mes adversaires, vous non plus. J’ai confiance en la Cour, c’est pourquoi je viens ici…

C’est vrai que je suis vindicatif. Je défends mes idées avec dignité mais je n’ai jamais manqué de respect ou fait preuve d’indiscipline à l’endroit de quelqu’un. D’ail­leurs, je n’aime pas qu’on me fasse des remontrances», ajoute le responsable Libéral. Il est ainsi revenu à Antoine Diome de conclure en le regardant dans les yeux : «Ce lieu est un endroit commun à tous les Sénégalais. Le manquer de respect, c’est manquer de res­pect à soi-même.» Le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés. Selon lui, il n’a aucunement perturbé l’audience.

  • Écrit par  Birame FAYE

biramefaye@lequotidien.sn

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