Produits pétroliers et gaziers : Des professionnels des hydrocarbures déplorent les difficultés de la Sar et de la Senelec

Selon des professionnels de la Sar, de Senstock ou de l’association des butaniers, le Sénégal est en danger du fait des difficultés financières de la Société africaine de raffinage et de la Senelec. L’existence d’un seul quai de déchargement du gaz butane limite les capacités de réception de grands bateaux. Autant de griefs notés lors d’un panel organisé hier par la Commission développement industriel, énergie et technologies du Conseil économique, social et environnemental.

La Commission développement industriel, énergie et technologies du Conseil économique, social et environnemental, présidée par Ibrahima Diagne, a abordé, de long en large, le thème lié à la sécurité énergétique au Sénégal, pour un approvisionnement sûr et au meilleur coût. Selon le directeur général de Senstock, Amadou Abdoul Dème, la situation financière délicate que traversent actuellement des entreprises comme la Société africaine de raffinage (Sar) ou la Senelec, menace sérieusement le secteur des hydrocarbures.

Les acteurs appellent l’Etat à régler, d’urgence, ces impairs qui plombent l’approvisionnement correct en gaz butane et en produits pétroliers blancs ou noirs. « Nous sommes en danger car une entreprise comme Senstock, qui assure 85 % des chargements de la Senelec et 60 % des capacités de stockage du pays, est au bord de la faillite », s’émeut le patron de la société de stockage.

L’affaire est d’autant plus sérieuse que les produits pétroliers, du fait d’une conjoncture favorable aux pays producteurs, connaissent une flambée impressionnante. Pire, le pays ne dispose, à ce jour, que d’un seul quai pour recevoir tous les tankers qui seraient obligés de faire la queue pour débarquer leur chargement. Le quai en question ne peut accueillir que des bateaux de moins de 25.000 tonnes, le second quai étant tombé en panne depuis plusieurs mois, selon le patron de Senstock.

Résultat : l’impact négatif sur l’approvisionnement correct du pays et le coût des produits pétroliers est immédiat. Ce qui est n’est point conforme à l’ambition de la société de stockage qui a toujours cru que le Sénégal pourrait prochainement se positionner comme un hub pétrolier.

Le secrétaire permanent de l’Association des butaniers du Sénégal, Boubacar Camara, abonde dans le même sens et estime que ce n’est point sécurisant de disposer d’un seul point de déchargement tout en déplorant le fait que les butaniers soient encore considérés comme des « roues de secours » dans le volet approvisionnement au moment où ils disposent de licences d’importation délivrées en bonne et due forme. M. Camara précise que la Sar est en proie à des difficultés telles qu’elle doit sortir du circuit délicat de l’importation de gaz butane.

Tout laisse croire que le stockage demeure le point névralgique du secteur comme l’a rappelé Jean Pierre Noël du Groupement professionnel de l’industrie pétrolière (Gpp). En définitive, ce panel du Cese a aussi été l’occasion, pour la Sar, de partager, avec les conseillers, le Document unique Sar (Dus), un texte considéré comme le fruit d’une étude sérieuse menée par l’Amicale des cadres de l’entreprise. Pour la présidente de la structure, Mme Maïmouna Diop Diagne, la recapitalisation, par l’apport d’argent frais de même que le partage du « risque Senelec » avec les distributeurs, sont considérés comme des solutions d’urgence afin de remettre à flot la raffinerie.

Mamadou Lamine DIATTA

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