PROJET APPUI MULTINATIONAL UNIVERSITE VIRTUELLE AFRICAINE (UVA) L'enseignement à distance pour faire face à l'engorgement des universités

La cérémonie officielle à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb) du lancement au Sénégal de la phase II du Projet d’appui multinational de l’Université virtuelle africaine (UVA), a été l’occasion pour son recteur de décliner un ambitieux programme de développement de l’enseignement à distance. C’est la Banque africaine de développement BAD) qui a financé cette deuxième phase du projet qui concerne dans 21 pays, 27 universités  africaines, dont celles de Gaston Berger et Cheikh Anta Diop de Dakar. Une alternative à l’engorgement des universités et pour une « démocratisation » de l’enseignement supérieur. edu_uva

L’UVA a déjà participé à la formation d’au moins de 43 000 étudiants africains. La phase II du programme a pour objectif de renforcer l’UVA et son réseau d’institutions pour la création et la gestion de programmes d’enseignement et de formation de qualité privilégiant l’intégration des TIC », selon le Pr. Bakary Diallo, recteur de l’UVA, dont le siège est à Nairobi au Kenya.
Le recteur de l’UVA a listé les contraintes inhérentes à l’enseignement à distance en Afrique. Les goulots d’étranglement ont pour nom, difficulté d’accès au matériel informatique (le taux de disponibilités des ordinateurs plus faible en Afrique qu’ailleurs) et de mise en place de Centres d’enseignement à distance (Ced) ou de points d’accès. Il se trouve aussi que la qualité de la bande passante Internet n’est pas partout satisfaisante.

Toutefois, la téléphonie mobile et les tablettes peuvent servir d’alternatives. La non-disponibilité des ressources humaines en la matière est aussi un obstacle d’où la mise en place de programmes de renforcement de capacités.

Cependant, c’est surtout au niveau des gouvernements que les craintes se font jour. En effet, la vulgarisation de l’enseignement à distance nécessite « une volonté politique forte et une planification très poussée qui constituent le secret de la réussite », de l’avis du Pr. Diallo. Le recteur de l’Uva s’est dit optimiste pour le cas du Sénégal avec un ministre de tutelle qui a très tôt compris les enjeux avec l’érection de l’Université virtuelle sénégalaise (Uvs) dont les inscriptions seront bientôt lancées.
Une alternative à l’afflux de nouveaux bacheliers

Avec cette sorte de démocratisation de l’enseignement à distance, les promoteurs de l’EAD ont-ils pensé au Coût ? « L’éducation a un coût et il faut que quelqu’un le supporte. Au Sénégal, c’est l’Etat. La question, c’est comment réduire les frais de scolarité. Le e-learning peut aider à cela. Un cours donné à 200 étudiants peut aussi desservir des milliers d’étudiants. Les déplacements ne sont pas payants.

L’UGB qui compte actuellement 7 000 apprenants en enseignement présentiel, entend profiter pleinement de cette opportunité en visant 5 000 étudiants virtuels de plus d’ici fin 2016. Selon le recteur Amadou Lamine Guèye, la deuxième université du Sénégal réserve une place de choix à l’enseignement à distance (EAD) à travers son plan stratégique.

Une montée en puissance qui vise à régler une demande sociale très forte, aussi bien pour les nouveaux bacheliers  que pour les Sénégalais de manière générale. Et le Pr. Guèye  d’affirmer  qu’avec à peine 6% d’Africains qui accèdent à l’enseignement supérieur, l’EAD constitue un recours obligé pour nos pays. Le Sénégal qui a dépensé l’année dernière 5 milliards de francs Cfa pour 30 000 étudiants inscrits dans les établissements d’enseignement supérieurs, sans compter les 40 000 bacheliers de 2013, ne pourra continuer à tenir le coup et a désormais fait de l’EAD une option nationale.

Pour sa part, le Pr. Amadou Lamine Guèye analysera : « dès que le nombre d’étudiants augmente, les coûts baissent sans compter qu’il n’y aura plus de frais de logement ou de restauration. » Seulement, avertit-il,  il y a des investissements primaires préalables qui doivent relever de l’Etat. L’EAD est un enjeu national.

Et le recteur de l’UGB de relever qu’il faut que ce soit accessible parce qu’un enseignement à distance inaccessible, n’est pas viable. Une modulation des frais d’inscriptions est préconisée avec les professionnels qui devront plus mettre la main à la poche que les étudiants classiques.

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