PROJET DE CONSTRUCTION DE L'ARENE NATIONALE AU TECHNOPOLE L’Institut des Sciences de l’Environnement note des vices de procédures

L’Association des diplômés de l’Institut des Sciences de l’Environnement (Adise) qui regroupe toutes les promotions de l’Institut des Sciences de l’Environnement (Ise) a rendu public hier, jeudi 5 septembre 2013, une étude sur le projet de l’arène nationale au Technopôle. Dans ce document intitulé «Oui à l’arène nationale, mais pas au technopôle !», l’équipe scientifique de l’Adise a assuré que ce projet viole les procédures et technopole1règlements en vigueur dans notre pays.

«Oui à l’arène nationale, mais pas au technopôle !», tel est l’intitulé du rapport  rendu public hier, jeudi 5 septembre 2013, par l’Association des diplômés de l’Institut des Sciences de l’Environnement (Adise) de l’Université de Dakar. Ce document constitue le premier travail scientifique réalisé sur l’impact de ce projet sur ce site. Toutefois les conclusions n’ont fait que conforter les voix hostiles à ce projet qui se sont déjà faits entendre.

Selon Abdoulaye Dieng, président de l’Adise, l’étude a montré que «la construction de l’arène nationale est incompatible avec la conservation de la biodiversité ainsi que les autres fonctions du Technopôle». Confortant le président de l’ Adise, Yakha Ben Abdalah Badiane, membre du comité scientifique qui a rédigé cette présente étude a assuré que le choix du technopôle est  en violation des procédures et règlements en vigueur au Sénégal. Selon lui, les promoteurs de la construction de l’arène nationale sur le site du Technopôle ont agi dans la précipitation, ne respectant pas l’étape de l’étude d’impact environnemental, indispensable pourtant pour ce genre de projet. Si cette étape avait été respectée, Technopôle comme lieu d’accueil de cette arène serait déjà conjugué au passé. Pour cause, a-t-il indiqué, l’impact négatif d’un tel projet sur ce site du point de vue écologique, hydrologique, scientifique, environnemental, économique et même politique sont désastreux.

Au point qu’aucun expert ne cautionnera sa réalisation sur ce site du technopôle dont «les fonctions écologiques sont inestimables au regard de tous les services qu’il offre».

«La fonction la plus apparente du site est la conservation de la biodiversité avec la présence de reliques de mangroves et de nombreux oiseaux sédentaires et migrateurs», a-t-il expliqué. Au moins 178 espèces d’oiseaux sont présentes sur le site, dont le Géoland d’Audouin et la Barge à queue noire. Elles sont sur la liste rouge de l’Union internationale pour la Conservation de la nature (Uicn) relative aux espèces menacées d’extinction. La réalisation de ce projet sur ce site, signerait tout simplement la fin pour ces familles d’oiseaux, a-t-il souligné.

«Risques d’inondations dans la banlieue»
Outre ces conséquences écologiques, le document de l’Adise est largement revenu sur les autres répercussions environnementales de ce projet sur les populations de la banlieue. Ainsi, au premier rang figure l’échec de tous les efforts jusqu’ici consentis par l’Etat du Sénégal dans la lutte contre les inondations dans la banlieue dakaroise. Pour eux, la réalisation de ce projet ne fera qu’augmenter le risque des inondations. «Le technopôle contribue à l’atténuation des inondations en captant les eaux de ruissellements provenant des quartiers périphériques. L’installation de ce projet sur ce site va entrainer le remblaiement d’une partie de sa cuvette, ce qui compromettra forcement la gestion des eaux usées de Pikine, Guediawaye et de Dakar», indique le document. Il prédit comme autres conséquences, la mort du Projet de gestion des eaux pluviales(Progep) élaboré par l’Etat et financé par la Banque mondiale (Bm) dans le cadre de la lutte contre les inondations, la destruction du microclimat qu’offre ce site, la fin de l’activité de maraîchage pour les centaines d’acteurs qui alimentent le marché local dakarois en fruits et légumes ainsi que la pêche.

L’autre sonnette d’larme est la menace sur le cadre propice qu’offre le technopôle à l’éducation et à la recherche scientifique pour les écoles de Dakar et les étudiants dans le cadre de la préparation de leurs mémoires de fin d’études. Avec l’arène nationale, c’est la fin de tous ces atouts sur ce site du technopôle, souligne le document. Pour évier un tel désastre, les autorités sont invitées à tendre une oreille attentive à toutes les voix qui se sont élevées car le risque est grand et le manque à gagner est immense pour les populations.

«Un manque d’esprit imaginatif»
Pour Henry Mathieu Lô, enseignant chercheur à l’Ise, le choix du technopôle comme lieu devant abriter le projet d’arène est contraire au principe démocratique que prétendent défendre les autorités. «Il nous faut aujourd’hui saisir toutes les opportunités possibles pour un meilleur rééquilibrage des territoires. On continue de se plaindre que Dakar n’a ni les infrastructures ni l’espace pour recevoir toutes les populations du reste du Sénégal. Dans le même temps, on ne fait rien pour inverser la tendance sinon poser des actes qui n’ont pour objectif qu’empirer cette situation», a-t-il martelé. Aussi fait-il observer : «je trouve qu’il est contradictoire de mettre en place l’autoroute à péage pour permettre de sortir relativement facilement de Dakar et de vouloir concentrer à nouveau toutes les infrastructures à Dakar, ce qui sera synonyme à un appel de populations». Pour lui, le lieu le mieux indiqué et le plus propice, aussi bien pour la rentabilisation de l’autoroute à péage que l’aménagement du territoire, reste Diamniadio, quelque part à Sebikotane ou ailleurs à la sortie de Dakar.

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