Psychose du coronavirus à la Mecque : Les pèlerins sénégalais s’en remettent à Dieu

Cette année, l’accomplissement du cinquième pilier de l’islam se fera sous le signe du coronavirus. A la Mecque, l’avancée de cette maladie, qui a fait plus de 30 morts, sème la peur. Il en est de même dans tous les pays musulmans. Chez nous, les pèlerins restent dans l’incertitude. pelerinsFatalistes, ils se remettent à la volonté divine.

En cette matinée ensoleillée, le Cices est plein de bonhomie. C’est une foire de joie. Les pèlerins ont le visage radieux. Ils piaffent d’impatience dans le couloir attenant au Bureau des passeports et au guichet de la compagnie de Sénégal Airlines.  Il est 10h. Le pavillon Sénégal du Cices sonne serein dans un contexte de peur en Arabie Saoudite. Depuis quelques mois, le coronavirus place ce pays au cœur des préoccupations des autorités sanitaires mondiales mobilisées pour faire face à cette nouvelle épidémie qui aurait fait plus de trente morts. Et plusieurs cas de contamination sont recensés à Riyad et à Médine.

A deux mois du pèlerinage, la peur commence à gagner les pays musulmans. Chez nous, les pèlerins, dont le nombre total est 8 400, nagent dans l’incertitude totale. «Nous sommes informés par voix de presse. C’est une maladie que nous avons apprise une semaine après le démarrage des inscriptions. Rares sont les pèlerins qui nous appellent pour nous demander des informations sur sa nature», dit Cheikh Ahmed Tidiane Niang, chargé des informations à l’agence de voyage Al Rahma.
Carte d’identification sur la poitrine, vêtu d’un «Jélabé» doré, silhouette svelte, il est une référence dans ce système.  «Le peu de pèlerins qui s’y (le coronavirus) intéressent ne sont pas inquiets. Ils le font parce qu’ils ont fait des études poussées», explique-t-il. «C’est une maladie que les autorités saoudiennes ont découverte en Arabie Saoudite. Pour le moment, je crois qu’elle y a provoqué une trentaine de morts», renseigne un responsable.
Karo Dème est zen. Assis sur une chaise, sac à la main droite, ce futur pèlerin est en train de réaliser son rêve éveillé en visitant la Kaaba. Mais il  ne sait pas que l’Arabie Saoudite est traversée par le coronavirus. Ce qui a contraint de mettre en place un système de veille sanitaire dans tout le pays pour détecter les cas suspects.  «Je ne suis pas au courant. Vous venez de me l’apprendre», s’étonne-t-il d’un ton sérieux. Les mauvaises nouvelles ne douchent pas son en­thousiasme. «Donc, elle (la maladie) ne peut pas m’empêcher d’aller à la Mecque», renseigne le jeune pèlerin.
Taille élancée, poitrine large, l’homme à la barbe noire n’a jamais mis les pieds aux lieux saints de l’islam. «Mes précautions reposent sur les prières que je formule. C’est l’unique recours que j’aie pour me défendre», dévoile-t-il. Originaire de Kaolack, Awa Bâ se remet à la volonté divine pour anéantir cette maladie.  Sur le chemin de la Mecque, elle implore : «Dieu sait que nous ne sommes pas au courant. Il faut qu’on formule des prières pour que Dieu  nous épargne de toutes formes de contaminations.» Amen !
Membre de la Coordination et de l’encadrement et point focal de la santé des pèlerins sénégalais, Ama­dou Lamine Thiam est d’avis que le coronavirus est «une maladie très contagieuse qui touche tout le monde et se manifeste par le gêne respiratoire, le cœur du malade s’emballe et il ne peut plus faire des gestes», explicite-t-il. Il ajoute : «Ce virus ne subit aucun traitement,  pas de vaccination à l’état actuel de choses. Il se transmet par la poussière et ne résiste ni à la chaleur ni au soleil.»

Mesures de prévention de la maladie : Les conseils du ministre de la Santé

Le ministère de la Santé va en croisade contre la propagation du «nouveau coronavirus». Pour barrer la route à cette maladie méconnue du grand public sénégalais, le ministère de la Santé et de l’Action sociale appelle au respect des mesures d’hygiène individuelle et collective. Pour cela, il recommande, au plan individuel, de se couvrir la bouche à l’aide de mouchoir en papier quand on tousse ou éternue, aérer les lieux d’habitation, se laver les mains avec du savon, etc.

Sur le volet collectif, les précautions à prendre reposent, selon le communiqué, sur la tenue régulière  de réunions du comité de gestion des épidémies, la mise en alerte de l’ensemble du personnel de santé sur tout le territoire national, particulièrement au niveau des frontières aériennes, maritimes et terrestres, entre autres.
Découvert dans la Péninsule arabique, «le coronavirus se manifeste par voie respiratoire. Il n’existe pas à l’heure actuelle de vaccin ni médicament efficace pour son traitement», lit-on sur le communiqué. Selon le ministère de la Santé,  il peut se transmettre par des toux, contacts rapprochés avec une personne infectée (serrer sa main ou l’embarrasser), etc. «La maladie s’est étendue au cours des derniers mois en Europe, essentiellement en France, en Allemagne et en Grande Bretagne», informe-t-on à travers les colonnes du communiqué.

En outre, il signale qu’en septembre 2012 et mai 2013, l’Orga­nisation mondiale de la santé (Oms) a été informée de 33 cas d’infections respiratoires occasionnées par un nouveau virus, le «nouveau coronavirus» ayant occasionné plusieurs cas de décès.

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