RAMADAN ET CHANGEMENT D'HABITUDES ALIMENTAIRES :Saucisson, fromage, jus de fruits prennent le dessus…

Le mois béni du Ramadan, période d’observation du quatrième pilier de l’Islam est un moment de pénitence par excellence. Les habitudes de vie et surtout l’alimentation sont chamboulées. Face à cet énorme changement, si nombreux sont ceux qui choisissent de limiter les dépenses, d’autres ne lésinent   pas  sur les moyens pour une alimentation variée, équilibrée ou non.ngogou c bon

Il est 12 heures au quartier Sacré-Cœur 3. Des va-et-vient incessant, sous une chaleur torride qui dégage.  Des gens sont moins bavards que d’habitude. Une ambiance particulière et paisible est perceptible  sur les lieux. Sur presque tous les visages, le constat est le même, du moins ceux qui ont observé le jeûne.

A l’image des nombreuses localités de la capitale sénégalaise, le quartier vit au rythme du Ramadan, un mois de pénitence et de privations dans la vie du musulman. C’est aussi une période où certains jeuneurs imposent de nouvelles habitudes alimentaires.

Si certains pensent qu’il n’est pas nécessaire de créer autant de protocole  autour du jeûne, d’autres mettent les bouchées doubles, en terme de nourriture, pour rattraper les calories perdus. Que l’alimentation soit équilibrée ou non, c’est parfois le cadet de leur souci.

Seydina  Omar,  âgé d’environ 24 ans, la mine triste, habillé en chemise blanche et d’un pantalon jean, nous accueille avec enthousiasme. Rencontré dans une école de communication,  cet homme souligne que ses habitudes  alimentaires sont modifiées durant le mois béni. «A l’heure de la rupture, j’ai envi de diversifier ma nourriture. Je consomme parfois  du fromage gruyère  et saucisson, pourquoi  pas du jus. Un bon «ndogou» (rupture du jeûne) nécessite tout cela »,  a-t-il  confié.

Madame Sy, la trentaine ne lésine pas sur ses moyens. Trouvée à Cambéréne, (banlieue dakaroise) cette dame nous confie: «je dépense plus durant le mois de ramadan que les jours ordinaires. J’achète du gruyère, du  fromage…». Elle renchérit : «il me faut acheter le «kheud» (le repas pris à l’aube), du jus, des mangues, du  pain perdu («mbourou fass») pour  faire plaisir à mon mari. A mon avis, cela est une bonne chose au vue de la fatigue endurée la journée».
A la Patte d’Oie, Momo comme l’appelle ses proches, en  boubou beige, cure-dents à la bouche,  embouche la même trompette. Le jeune-homme de 33 ans lance: «j’achète des cornes-bœufs, du jus d’ananas et deux pots de lait par jour. Ce qui n’était pas le cas avant», mentionne t-il.

Contrairement à ces habitudes, le Ramadan est synonyme de période d’économie chez certains. Adja Faye, 30 ans, est de ceux-là. Trouvé un peu plus loin, entrain de tresser une jeune maman dans un salon de coiffure de la place, elle explique: «durant le ramadan, je mange peu et je dépense moins.  C’est une occasion pour moi de faire des économies », fait-elle savoir.

Non loin de celle-ci, Sophie, 24 ans, teint clair, taille moyenne, abonde dans le même sens: «je suis maladive, de ce fait, je mange peu. D’habitude, durant  cette période, j’économise plus qu’en tant normal», scande cette demoiselle.

PREFERENCE A L’HEURE DE LA RUPTURE – Couper avec des dattes …

Le prophète (SAW), a recommandé à l’heure de la rupture de couper avec des dattes. Selon Cheikh Ahmed Tidiane Faye, Imam de la mosquée de Patte d’Oie, le Prophète  a indiqué que: «le fervent musulman à l’heure de la rupture du jeûne, doit couper avec un nombre impair. Quelque soit le nombre: une, trois, cinq, sept, etc. Maintenant, s’il n’a pas de dattes pour couper, il peut prendre de l’eau dans ce cas, qu’elle soit chaude où froide».

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