RAMADAN ET TRAVAUX PUBLIQUES Quand des ouvriers sont plus motivés à jeun

Effectuer des travaux pénibles pendant Ramadan, un mois de privation et d’abstinence, n’est pas chose aisée. Si certains musulmans trouvent qu’il est hors de question d’observer le jeun et s’adonner à ce genre de corvée, pour d’autres rien n’y fait, au contraire, en cette période, l’on est plus motivés que jamais.travaux_routes

Il est 15 heures dans un chantier de travaux publics à Dakar. Sous un soleil impitoyable, une dizaine d’ouvriers d’une société de travaux publique venue de Dakar, soutenue par des natifs de la banlieue, s’active au tour du bitumage d’un tronçon dans la ville de Guédiawaye.

Il s’agit de (chantier de bitumage) de la route reliant le marché jeudi de Guédiawaye à la préfecture (de Guédiawaye). Soit une distance de 4km. Le jeûne et la canicule ne changent rien à leurs habitudes et manière de travailler en ces journées de Ramadan. Au, contraire, tenus par les délais, pour la livraison du tronçon, la chaleur et le jeûne ne semblent être qu’un petit détail devant l’obligation d’une mission à accomplir.

A les en croire, effectuer les tâches très dures tout en observant le jeûne sous un soleil de plomb ne semble pas être une contrainte pour eux. «Le travail est dure, mais il faut s’armer de courage et d’abnégation parce que c’est mieux que de rester sans rien faire. L’homme doit supporter l’endurance», dit cet homme.

La plupart d’entre eux viennent de la banlieue et restent sur les chantiers 9 heures par jours, y compris la pause. «Nous travaillons ici de 8heures à 17heures, nous avons fait 3 mois. Les travailleurs sont originaire pour l’essentiel de Sicap Mbao, de Pikine, de Thiaroye, entre autres», précise notre interlocuteur.

Son ami de l’autre côté qui porte une casquette à la tête et de lourdes chaussures de sécurité n’observe pas le jeûne de ce mois. «Ce n’est pas le chantier qui m’empêche de jeûner. Moi je suis un «baye fall» (Talibé de Cheikh Ibra Fall), je suis entrain de suivre les pas de mon guide Mame Cheick Ibrahima Fall», note ce jeûne natif de Diamagueune.

Tenir 13 heures sans manger ni boire, c’est le défi que tentent de relever chaque jour ces ouvriers. C’est dur, mais quand-même ils supportent. «C’est bon, on est à l’aise. C’est dur des fois, mais quand même on gère, le Ramadan ne pose pas de problème, au contraire ça me motive», nous confie un autre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat

La tenue de travail exigée sur le chantier «n’est pas pour arranger» les choses, mais sécurité oblige. C’est pourquoi il est ordonné de porter des pantalons et de lourdes chaussures de sécurité qui conservent la chaleur qui est de plus en plus ressentie. Malgré la transpiration, les ouvriers accomplissent leurs tâches avec un courage et une opiniâtreté admirable, sans se plaindre. Ni le jeûne ni les rayons acérés du soleil ne freinent leur rythme de travail. Mieux, ils sont solidaires et motivés.

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