RAMADAN: le jeûneur, le malade et les malades imaginaires

Reportage:SANDAGA RAMADAN
Quatrième des cinq piliers de l’islam par ordre d’importance, le ramadan est vu comme le pilier de l’islam le plus difficile à appliquer, selon bon nombre de dakarois. « C’est normal » pour certains, qui soutiennent que malgré l’abstinence, le jeûne est plein de bienfaits. Et donc, ils sont prêts à l’accomplir pour que leurs prières soient exaucées. D’autres par contre reconnaissant tout de même ses grâces, jugent indispensable de se mettre prêts avant “l’épreuve “, car il est ” difficile”, selon leurs dires.

Au moment où certains commencent tout de suite leur diète, par souci de tenir prêt pour mieux aborder le mois de jeûne, d’autres par contre, choisissent de diminuer leur régime alimentaire, dans l’objectif d’être dans les dispositions “normales”, d’ici au début du ramadan. Ce la simplement par ce que bon nombre de sénégalais se sentent obligés de jeûner. “C’est par ce que nous sommes des musulmans et qu’il est impossible de voir ses semblables le faire sans toi”, dira Nabou Sarr. Cette jeune fille trouve que le ramadan est un passage obligé sinon, elle ne l’aurait jamais honoré. “Parce que c’est trop dur”, tente-t-elle à justifier. ”j’ai une maladie incompatible avec la faim et qui pourraient s’aggravait avec le ramadan”, ont encore déclaré certains de nos interlocuteurs, sous le couvert de l’anonymat.
D’autres par contre ne souffrent pas de problème de santé ; mais estiment que jeûner est “tellement difficile” qu’il faut le préparer. “C’est tout à fait normal, car, il est difficile de changer d’un coup, son régime alimentaire”, soutient Mawdo Mbaye. Pour ce dernier, il faut dès à présent penser à diminuer son alimentation quotidienne, en vue d’aborder la diète dans la continuité et surtout la tranquillité. Ce cas de figure, Ami Ndiaye l’a très tôt compris, c’est pourquoi elle attend toujours l’approche du ramadan pour rattraper ces journées perdues. “Une façon de me tenir prête avant le mois à venir”, confesse-t-elle.
Ndèye Maty Diop quantà elle, nous fait savoir qu’elle commence à jeuner avec un rythme léger et pour ensuite aller vers la régularité. “Je jeûne tous les trois jours, histoire de me familiariser avec l’abstinence, pour qu’aux derniers jours, je puisse être régulière”, déclare la jeune femme. D’autres plus soucieux, sont également plus catégoriques. C’est le cas d’Ibou Diouf qui réactive une vielle maladie pour tout simplement, être à l’abri de 30 jours de faim. “Je ne pense même pas à jeûner, mon état de santé ne me le permet pas”, informe-t-il.
À la question de savoir si elle jeûnera, voilà ce qu’Aida Gueye apporte comme réponse. “Je ne le pense même pas, je vais mourir si je reste tout une journée sans mettre quelques choses dans mon ventre”. Chacun a ses raisons. Et même les débutants ont leurs alibis. “Je ne l’ai jamais fait, mais je pense que cette année, je vais essayer et cela dépendra du temps et de la chaleur”. Voilà les conditions de Mouhamed Diop qui jusqu’à 14 ans n’a toujours pas commencé à faire la diète. Oubliant ainsi les bienfaits de ce mois plein de grâce simplement par souci de combler sa faim. Il apparait alors “grave” de revoir les choses. Mais quoi qu’il en soit, le ramadan frappe à nos portes avec ses bénédictions et chacun peut en bénéficier selon son degré d’engagement ou de croyance aux valeurs islamiques.

Papa Ibrahima Diassé

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