RCA: L’Etat dépose une plainte en France pour traquer les profiteurs du système Bozizé

L’ancien président centrafricain, François Bozizé
L’ancien président centrafricain, François Bozizé
L’ancien président centrafricain, François Bozizé

L’Etat centrafricain vient de déposer une plainte par l’entremise de l’avocat français William Bourdon devant le parquet national financier à Paris, renseigne RFI. La plainte vise l’ancien président centrafricain, François Bozizé, son clan et ceux qui ont pu profiter de son système. 

La plainte rentre dans le cadre de la relance de l’affaire Uramin dans laquelle le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany est cité. Les autorités centrafricaines ont décidé de relancer l’affaire Uramin dans laquelle Patrick Balkany avait été cité. La plainte a été déposée mercredi devant le parquet national financier.

Maître William Boudon, l’avocat mandaté par les autorités centrafricaines explique à cet effet que le sens de cette plainte c’est, premièrement, l’inventaire du patrimoine immobilier et mobilier qui aurait été acquis dans des conditions frauduleuses par le clan Bozizé, certains de leurs complices et certains de leurs proches.

« C’est aussi un certain nombre d’opérations « commerciales » à l’occasion desquelles les commissions auraient été versées de façon illicite et auraient participé à l’enrichissement d’un certain nombre de citoyens français et, parmi ceux-là, monsieur Balkany», a-t-il ajouté.

Tout a commencé en juin 2007 quand le géant nucléaire français Areva annonce avoir conclu un accord avec la société Uramin pour une offre publique d’achat (OPA) amicale. Ainsi, la junior, qui est immatriculée à Tortola aux îles Vierges britanniques, est valorisée aux prix fort, à savoir 2,5 milliards de dollars.

En ce temps, Areva avait justifié son action par le fait qu’Uramin est parvenue à «identifier d’importants gisements en uranium sur le continent africain» parmi lesquels le gisement de Bakouma, en Centrafrique. Le président centrafricain François Bozizé n’a pas apprécié l’opération et s’est opposé au nouvel acheteur.

Cette situation avait amené les responsables d’Areva à faire appel à des intermédiaires pour ramener M. Bozizé à la raison. Le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany et l’homme d’affaires belge, Georges Forrest ont été contactés à cet effet.

Un accord sera finalement signé le 1er août 2008 avec le gouvernement centrafricain mais ceux qui ont permis sa conclusion n’ont pas été rémunérés.

William Bourdon relève que les actuels responsables de l’Etat centrafricain n’en sont apparemment pas convaincus. «Pour la première fois, un Etat demande à la justice d’un autre Etat d’enquêter sur des ressources publiques qui auraient été versées dans des conditions frauduleuses à des acteurs étrangers», a-t-il précisé. C’est ce qui justifie la plainte déposée en France.

© OEIL D’AFRIQUE

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