RDC: 3 jours d’affrontements, le Bilan.

Scèen-de-vie-à-KnshasaTrois jours après le soulèvement de la population congolaise répondant à l’appel de l’opposition politique afin d’empêcher la modification de la loi électorale en RDC, un semblant de retour au calme est observé ce jeudi.

Dans les rues de Kinshasa, la capitale congolaise, les taxis-bus et autres transports en commun reprennent peu à peu du service. Les habitants encore apeurés, préfèrent dans la majorité rester à leurs domiciles en attendant des nouvelles plus rassurantes en termes de sécurité.

Mais le soulèvement ne se limite pas qu’à Kinshasa. Plusieurs villes comme Bukavu, Goma, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, ont pris le relais et se montrent tout aussi déterminées que les habitants de la capitale.

Appels au calme

La France, La Belgique, les USA et l’Union Européenne, se disent « préoccupé par les événements en RDC et appellent à un retour au calme. » Mais, aussi au « respect de la constitution et la publication par la CENI, d’un calendrier globale » des dates des futures élections prévues en 2015 et 2016. Conditions qui permettraient au gouvernement congolais de bénéficier d’une aide financière de la communauté internationale dans le cadre de déroulement électoral.

Le gouvernement Congolais fustige l’opposition, en l’accusant d’avoir instrumentalisé les enfants de la rue, afin de piller et saccager, les commerces de la communauté chinoise restés ouvert le jour de la manifestation » explique le ministre des congolais de l’étranger, Antoine Boyamba, joint au téléphone par Œil d’Afrique.

La mission de l’ONU, a elle aussi appelé à un retour au calme. Mais, la présence de l’armée, et de la garde républicaine aux côtés de la police nationale pose problème. «Seule la Police nationale est habilitée à maintenir l’ordre public et non l’armée, ni la garde républicaine», a déclaré le Général Abdallah Wafy, chef adjoint de la Monusco.

«On ne maintient pas l’ordre avec des forces armées, on ne maintient pas l’ordre avec des chars de combat», a-t-il martelé.

Pour le ministre des congolais de l’étranger, Antoine Boyamba, « il est tout à fait normal de voir l’armée venir à l’aide de la police débordée« .

3 jours d’affrontements, le Bilan

Le Congo Kinshasa a donc connu du 19 au 21 janvier une période de forte tension qui conduit la communauté internationale à réagir et à appeler au calme.

Joint par Œil d’Afrique, le ministère de la communication, donne le bilan de 14 morts et 350 personnes arrêtés. Un bilan à l’opposé des chiffres annoncés par l’opposition et les organisations non gouvernementales. La FIDH a comptabilisé 42 morts.

En réponse aux affirmations de l’ONG, le ministre de la communication, Lambert Mende répond: « La FIDH devient de plus en plus excessive » et, est « manipulée par un groupe de Congolais » en exil, a-t-il ajouté, accusant cette ONG de chercher simplement à « nuire au gouvernement congolais ».

L’opposition dénonce La réaction de la police qu’elle trouve disproportionnée. Contacté à Paris où il séjourne, le Président de l’Action Républicaine pour le Progrès (ARP), Emmanuel Ilunga enfonce le clos.

« Compte tenu de l’incapacité du pouvoir à solutionner, les crises que connaît notre pays. Nous demandons et exigeons la démission du gouvernement et de Joseph Kabila. » dit le Président de l’ARP.

Et la loi ?

Le débat au sénat qui devait déboucher au vote de la nouvelle loi électorale, a été repoussé à demain vendredi. Pour le Président du sénat, Kengo Wa Dondo, » il est important pour les congolais de supporter dans le calme la sélection nationale qui joue son deuxième match à la Coupe d’Afrique des Nations. » Une motivation qui peut surprendre, au vu de la situation que vit le Congo avec le dit projet de loi.

Par Roger Musandji

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