RDC: Mgr Ambongo invite la France à faire pression pour le départ de Kabila en 2016

Mgr-FRIDOLIN-AMBNGOLe président de la commission Justice et Paix de l’épiscopat de la RDC en visite en Europe sollicite l’intervention des autorités françaises auprès de Joseph Kabila pour l’empêcher de modifier la Constitution pour se représenter en 2016.

Dans une interview accordée à La Croix, Mgr Fridolin Ambongo a salué au passage la détermination des Congolais qui étaient descendus dans la rue, malgré l’interdiction de manifester pour contraindre le pouvoir à se rétracter.

Mgr Fridolin Ambongo était à la tête d’une délégation de membres de la commission Justice et Paix de la Conférence des évêques de RDC qui a fait le tour des grandes chancelleries en Europe. Mgr Fridolin Ambongo a expliqué que la tournée s’explique par la situation politique de la RDC. La délégation a eu à échanger avec les autorités françaises, mais aussi allemandes, belges et européennes.

«Nous pensons que le Président Joseph Kabila veut se maintenir à la tête de l’Etat après 2016, date à laquelle, il doit quitter le pouvoir après deux mandats consécutifs. Pourtant, la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat », a-t-il dit.

Avant d’indiquer : «cette volonté s’est manifestée à plusieurs reprises: le régime a d’abord tenté de changer un article pour lui permettre de se représenter. Puis, il a voulu lier les prochaines élections à un recensement de toute la population ».

Le prélat dénonce également la volonté de Joseph Kabila de s’offrir quatre de plus au pouvoir à travers le recensement général de la population qui prend au moins quatre ans en RDC. Des tentatives qui ont échoué à la suite des soulèvements qui ont eu lieu à Kinshasa et qui ont contraint le Parlement a renoncé aux projets.

Mgr Ambongo dénonce la duplicité du Président congolais qui a souvent indiqué qu’il n’a aucune envie de changer les règles constitutionnelles. Mais Kabila n’a toujours pas annoncé qu’il ne sera pas candidat en 2016.

Le Président de la commission Justice et Paix de l’épiscopat de la RDC a expliqué que sa délégation a demandé aux autorités françaises de dissuader Kabila de vouloir rester contre la volonté de tous.

«Les populations d’Afrique centrale sont généralement considérées comme amorphes, incapables de réagir contre leurs dictateurs. En RDC, ce n’est plus le cas. Nous demandons au gouvernement français de prendre cet élément-là très au sérieux, et d’accompagner le peuple, de l’encourager afin que l’initiative des changements démocratiques vienne de la base», a-t-il dit. Puis, il a ajouté que la France est également sollicitée pour faire pression sur l’entourage du président Kabila pour qu’il parte en 2016.

Mgr Fridolin Ambongo salue le réveil du peuple congolais, aussi bien sur le plan civique que politique. «J’y vois l’aboutissement de tous les efforts menés par la société civile, et en particulier par l’Église catholique, à travers son programme ‘Éducation civique et électorale’. Quand vous allez à l’intérieur du pays, vous sentez que les rapports entre les élus et le peuple ont changé. Les gens savent pertinemment qui travaille pour leur bien, et qui ne le fait pas. Le peuple n’est plus disposé à laisser un homme modifier la Constitution pour servir ses intérêts privés», explique-t-il.

A la question de savoir les raisons pour lesquelles l’Eglise s’engage sur le terrain politique, l’évêque indique que dans un pays comme le Congo, la mission de l’Église est de s’occuper de tout ce qui touche à la personne humaine, dans sa dimension spirituelle, mais aussi économique, culturelle et politique.

« Personne ne nous critique parce que nous avons des écoles et des hôpitaux. En revanche, quand nous portons une parole politique, certains crient au scandale. Vous ne verrez jamais un prêtre ou un évêque congolais député ou ministre, mais nous croyons que notre mission, en tant qu’Église, est d’accompagner le peuple», a conclu Mgr Ambongo.

© OEIL D’AFRIQUE

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