RDC : un journaliste détenu pour avoir critiqué les autorités de sa province

Le bâtiment de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à Kinshasa, en RDC, le 16 juin 2004.|AFP
Le bâtiment de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à Kinshasa, en RDC, le 16 juin 2004.|AFP
Le bâtiment de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC) à Kinshasa, en RDC, le 16 juin 2004.|AFP

Un journaliste congolais est détenu depuis plusieurs jours dans le Nord-Ouest de la République démocratique du Congo pour avoir critiqué les autorités locales, a-t-on appris de sources concordantes, alors qu’une organisation de défense de la presse dénonce son arrestation arbitraire.

Le journaliste de radio Luron Libono « est en détention préventive pour injures publiques […] proférées envers l’autorité au cours de son émission », a déclaré à l’AFP Baudouin Ndaka, procureur général de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, joint au téléphone de Kinshasa.

M. Libono a été arrêté le 4 décembre « pour imputation dommageable suite à une plainte [du] gouverneur » par intérim de l’Équateur, Sébastien Impeto, a affirmé à l’AFP son employeur, Mme Minnouchka Koyangele, directrice d’E-Radio, station qui émet dans les environs de Mbandaka.

Cette affirmation, relayée par l’ONG congolaise Journaliste en danger (JED), qui dénonce une procédure « arbitraire » et « une justice aux ordres », a été démentie catégoriquement par Valentin Mokoko, conseiller juridique de M. Impeto.

« A ce jour, il n’y a [aucune] plainte du gouverneur à l’encontre d’un journaliste dans la province de l’Équateur », a déclaré M. Mokoko, laissant entendre que M. Libono aurait pu être arrêté du fait d’une « action déclenchée par le ministère public ».

Interrogé sur cette éventualité, le procureur général de Mbandaka n’a pas souhaité répondre.

JED avait dénoncé début novembre la fermeture de la station E-Radio par les autorités provinciales le 22 octobre, au lendemain d’une émission pendant laquelle M. Libono avait dénoncé le manque d’infrastructures, d’eau potable et d’électricité dont souffre la population de la province, et reproché au gouvernement de l’Équateur de n’avoir pas respecté ses promesses de développement.

Mme Koyangele nie que la moindre injure à l’encontre des autorités ait été proférée au cours de ce programme et indique que sa station a été rouverte lundi.

Selon elle, l’arrestation de M. Libono témoigne du « musellement de la presse », qui se voit « intimidée » dès lors qu’elle « ose dénoncer les actions des autorités » provinciales.

La RDC occupe la 151e place (sur 180 pays) au classement 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières (RSF). Les autorités nationales et locales y sont régulièrement accusées de restreindre la liberté de la presse.

AFP

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