Réaction de Marième Sakho Dansokho, Sg du Sypros, sur la sortie de Macky Sall à Libreville «Quand il s’agit des enseignants et de l’école, on invoque le manque de moyens»

Marième Sakho Dansokho, Sg du SyprosLa sortie du chef de l’Etat au Gabon assimilée à «une déclaration de guerre» continue de susciter la colère des enseignants. La secrétaire générale du Syndicat des professeurs du Sénégal (Sypros) a vivement fustigé un tel discours qui plombe tout dialogue et ouvre la voie à une confrontation stérile.

C’est une Marième Sakho Dansokho très dépitée qui démolit l’argument avancé par le chef de l’Etat. La secrétaire générale du Sypros tient, en effet, un autre discours. «Il est regrettable que le président de la République invoque un manque de moyens pour la mise en œuvre des accords et des revendications», balance-t-elle.

«Quand il s’agit de faire des nominations basées sur aucun critère objectif, de créer une indemnité pour des députés qui ont un salaire considérable et de leur payer des véhicules dont le coût avoisine 15 ans de salaire d’un enseignant, de mettre en place contre vents et marées des institutions pour recaser des politiciens, d’organiser des rencontres partisanes avec l’argent du contribuable, en ce moment il y a des moyens.

Mais, quand il s’agit de mettre les enseignants dans leurs droits il n’y a plus de moyens», se désole la responsable nationale du Sypros.

Mme Sakho de conclure que «c’est quand il s’agit des enseignants et de l’école qu’on pose le manque de moyens». Elle souligne que les enseignants sont contraints de brandir la hache de guerre car «leur volonté d’apaisement, matérialisée par une tournée de leurs délégués auprès des porteurs de voix, se heurte au refus de dialogue des autorités qui se sont braquées derrière une position tranchée et se lancent dans une campagne de stigmatisation et de diabolisation».

Très remontée contre l’attitude du chef de l’Etat, la secrétaire générale du Sypros relève que «cette fusillade a été un choc» vis-à-vis d’une plateforme réduite à 11 points. «C’est pour mettre l’accent sur des points qui marquent l’équité et la justice et qui sont les bases de la performance de notre système», souligne la syndicaliste.

Eradiquer les violences faites aux filles en milieu scolaire

La secrétaire générale du Sypros a fait cette déclaration en marge d’un atelier portant sur «la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes en milieu scolaire». Ouvert ce mercredi à l’hôtel municipal de Sédhiou, l’atelier de trois jours initié par le Sypros se veut un cadre de «formation et d’information» des enseignants des régions de Matam, Tambacounda, Kolda et Sédhiou.

Face à la montée du fléau, le Sypros, à travers ce programme dénommé «Action positive contre la violence faite aux filles dans les établissements scolaires et universitaires du Sénégal», entend mener un combat pour éradiquer un phénomène qui prend de l’ampleur et devient alarmant avec la mise en cause des enseignants.

L’atelier mettra l’accent sur la violence sexuelle. Pour El Hadji Mbengue, secrétaire national chargé de l’éducation et de la formation du Sypros, par ailleurs coordonnateur du projet, «il s’agit de partager avec une trentaine de participants, tous des enseignants, l’effectivité du phénomène et les instruments juridiques mis en place» pour protéger les jeunes filles.

odemba@lequotidien.sn

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