Reconduit pour 3 ans à la tête l’Unsas : Un Sock théâtral

mademba sock 000La médiation menée par Mamadou Ndoye et Mamadou Diop Castro pour maintenir l’unité dans les rangs de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas) était prometteuse. L’Unsas a fini par organiser son deuxième congrès ordinaire ce week-end. Mais «l’équilibre précaire» n’a pas tenu ou est sur le point de lâcher. La «théâtralisation» orchestrée par les souteneurs du secrétaire général n’a pas plu à ses adversaires, comme Awa Wade, qui avaient assigné en référé Mademba Sock pour le renouvellement des instances de cette centrale syndicale. Les termes du consensus obtenu ont, semble-t-il, été piétinés au grand dam des médiateurs.

L’auditorium de l’hôtel King Fahd Palace de Dakar était loin des rencontres scientifiques et intellectuelles qu’il a l’habitude d’abriter, samedi dernier. A l’ouverture du deuxième congrès ordinaire de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (Unsas), la démonstration de force prenait le dessus sur le débat d’idées. La démonstration de force primait sur le thème : «Bâtir un mouvement syndical fort et porteur des solutions alternatives crédibles pour l’émergence d’un développement durable». Dans une confusion totale, Mademba Sock a été réélu à son poste de secrétaire général de l’Unsas.

Malgré des réserves des frondeurs qui ont voulu lui trouver une voie de sortie «honorable». Awa Wade de l’Uden parle de «théâtralisation».

Les souteneurs du secrétaire général sortant, Mademba Sock, rivalisaient d’ardeur pour imposer leur choix. Battements de tam-tam, de mains, sifflets de train…, tout ce qui permettait de faire le plus de bruit possible était le bienvenu. Il n’était pas encore question de vote, mais des syndicats affiliés à l’Unsas comme le Satrail tenaient à montrer leur soutien à leur leader. Bizarrement, ils étaient les seuls à se manifester de cette manière.

Aucune réaction des adversaires n’a été observée. Quand le Sg sortant a fait son apparition dans la salle, le modérateur Saliou Faye Daff, secrétaire général du Syndicat autonome de la santé (Sas), avait du mal à contenir l’enthousiasme des pro-Mademba Sock. Il lui a fallu quelques minutes et des rappels à l’ordre répétés pour obtenir un peu de silence et introduire les invités. Pourtant,  Mademba Sock ne fait plus l’unanimité dans la centrale. Il compte de nombreux adversaires qui l’ont d’ailleurs poussé à organiser ce deuxième congrès ordinaire 12 ans après celui de 1992.

Mademba Sock reconduit par acclamation

Cela n’était pourtant qu’un avant-goût de ce que les alliés de Mademba Sock avaient préparé. Après des discours qui ont souligné l’importance de l’union et salué le retour au calme, les amis de Sock ont de nouveau manifesté leur joie.

Pancartes et banderoles réclamant sa réélection étaient agitées. Après la prise de parole de M. Sock, les jeunes ont presque arraché la parole. Après des ovations soutenues au secrétaire général sortant, la présidente du comité des jeunes de l’Unsas a introduit une motion. Elle a demandé à ce que Mademba Sock soit réélu «debout et par acclamation».
Le ministre de la Fonction publique et des Organisations professionnelles, président de la séance, a donné suite à la requête. Ayant pris la parole pour lancer officiellement l’ouverture de ce congrès, Mansour Sy a soumis à l’assemblée la demande.

Sans surprise, la majorité des personnes présentes se sont levées et ont ainsi voté pour que Mademba Sock rempile. Cette scène n’a pas manqué de susciter des interrogations de la part des invités étrangers qui ont suivi de loin le processus qui a mené à l’organisation de ce congrès. En effet, il a fallu mener une médiation pour que les membres de l’Unsas s’accordent sur l’essentiel. Ils avaient fini par s’entendre sur une transition que devait assurer Mademba Sock, explique Awa Wade, Sg de l’Uden. Le vote des délégués ne concernait donc que les autres postes. Le médiateur Mamadou Ndoye n’a pas pu cacher son étonnement devant la scène qui se déroulait sous ses yeux. Triomphalement, Mademba Sock exultait devant ses militants.

Retour de frictions en vue

La réaction de Awa Wade qui avait observé une certaine réserve pendant toute la médiation ne s’est pas fait attendre. «C’est du cinéma», s’est-elle exclamée. D’après elle, ils avaient suspendu toutes les actions entreprises contre Mademba Sock et s’étaient entendus pour qu’il assure la transition. «Nous voulions accorder à notre secrétaire général  une sortie honorable», confie-t-elle. Pour elle, le vote qui a suivi la motion n’a aucune valeur.

L’élection se fait par mandat et par ordre de grandeur, précise-t-elle. Ce ne sont donc pas toutes les personnes présentes dans la salle qui avaient voix au chapitre. Mais du côté de Mademba Sock, c’est pour un nouveau mandat de trois ans qu’il a été élu. «La transition concernait les mo­dalités d’organisation du congrès», se défend-il. L’organi­sation de ce deuxième congrès ordinaire devait confirmer que l’Unsas est un modèle achevé de démocratie. Cepen­dant, il ne serait pas étonnant que les moments de turbulences traversés ces derniers temps refassent surface.

agueye@lequotidien.sn

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