Refus de pharmacies agréées de donner des médicaments aux militaires invalides : Des victimes crient à la non-assistance à personne en danger

armee militaireDes militaires invalides ont saisi Le Quotidien pour se plaindre du fait que des pharmacies agréées par l’Etat, malgré la présentation de bons pharmaceutiques, refusent de leur octroyer les médicaments dont ils ont besoin. Mais le président de l’Association nationale des anciens militaires invalides du Sénégal (Anamis) relativise et annonce même la résolution du problème dans les meilleurs délais.  

Les militaires invalides, blessés de guerre pour la plupart, ont tous les problèmes aujourd’hui, pour se voir fournir les médicaments dont ils ont besoin pour leur traitement. Quasiment tous ceux qui ont des bons pharmaceutiques, qui leur sont délivrés mensuellement, ont buté devant le refus des pharmacies agréées par l’Etat du Sénégal.

Cette situation dure depuis plus de six mois maintenant, selon certains d’entre eux, qui se sont confiés au journal Le Quotidien. 
Mais cette situation s’explique, selon Issa Guèye, président de l’Association nationale des anciens militaires invalides du Sénégal (Anamis), par le fait que l’Etat n’a pas encore honoré les factures dues aux pharmacies agréées.

Joint par téléphone hier, il jure néanmoins, que la situation va être résolue dans les prochains jours, pour ne pas dire dans les heures à venir. Il indique que le blocage se situait au niveau de la direction de la Solde au ministère de l’Eco­nomie et des finances, mais après avoir sensibilisé cette direction, les choses ont beaucoup évolué. 

Aujourd’hui, assure encore Issa Guèye, la balle est dans le camp du Trésor, qui ne tardera pas à régler les factures. Il se dit convaincu que c’est juste de petits blocages, qui sont à l’origine de cette situation déplorable encore que même, précise-t-il, il ne s’agit pas de refus de la part des pharmacies agréées, mais plutôt de rupture de certains médicaments demandés.

Ce qui est indépendant, selon lui, de la volonté des pharmaciens. Soit. Mais la réalité aujourd’hui, est tout autre de l’avis de certains invalides, qui traînent avec leurs bons pharmaceutiques depuis des mois. Ils sont inconsolables et n’hésitent pas à accuser les pharmacies agréées de «criminels», parce qu’elles «refusent» d’assister des personnes en danger de mort. 

Pourtant, indiquent nos interlocuteurs, la Convention qui lie l’Etat du Sénégal aux pharmacies agréées interdit à ces dernières, de ne pas fournir des médicaments aux militaires invalides, munis de leurs bons pharmaceutiques. Mais presque partout au Sénégal, de Dakar à Thiès en passant par Kaolack, les invalides peinent à s’approvisionner en médicaments.

Le Quotidien a appris, sous ce rapport, que certains militaires invalides de guerre, qui se sont désolidarisés de l’Anamis, envisagent un mouvement d’humeur, pour se faire entendre, relativement au «refus» des pharmacies agréées de leur donner les médicaments dont ils ont besoin. 

Il faut rappeler qu’il y a seulement 20 ans, seules deux pharmacies dont celle du Plateau de Dakar étaient agréées par l’Etat, pour l’octroi de médicaments aux militaires invalides. Mais devant la souffrance de certains militaires invalides, qui habitaient à l’intérieur du pays, l’Etat a étendu les pharmacies, en agréant une dans chaque département du pays.

Aujourd’hui, l’accessibilité des pharmacies ne pose plus problème, mais l’équation majeure demeure les lenteurs dans le paiement des factures, qui s’amoncèlent entre les mains des pharmaciens.  

alyfall@lequotidien.sn

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