Refus du Tchad de transférer vers le Sénégal deux co-inculpés de Habré: Cela montre le dédain de Ndjamena, selon les avocats des victimes

L’ancien président du Tchad, Hissène Habré
L’ancien président du Tchad, Hissène Habré
L’ancien président du Tchad, Hissène Habré

Le collectif des avocats des victimes de Hissène Habré ont déploré, lundi 20 octobre 2014,  le manque de coopération des autorités judiciaires tchadiennes avec les Chambres africaines extraordinaires chargées de juger l’ex-homme fort de Ndjamena, Hissène Habré.

Dakar a annoncé que le Tchad refusait officiellement de mettre à sa disposition Saleh Younous, premier directeur de la DDS (ancienne police politique de l’ancien président tchadien) et Mahamat Djibrine dit «El Djonto», tous deux inculpés de crime de guerre et d’acte de torture par les Chambres africaines, au même titre que Habré.

Le collectif des avocats des victimes de Hissène Habré sont inquiets. Ce lundi, ils sont sortis de leur mutisme pour déplorer ce qu’ils appellent «le manque de coopération des autorités judiciaires tchadiennes avec les Chambres africaines extraordinaires». 

Dakar et Ndjamena se livrent un véritable bras de fer sur la question du transfert de Saleh Younous, premier directeur de la DDS (ancienne police politique de l’ancien président tchadien), et Mahamat Djibrine, dit «El Djonto», présenté comme un tortionnaire. Considérés comme présumés complices d’Hissène Habré, les deux hommes ont été inculpés de crime de guerre et d’acte de torture par les Chambres africaines extraordinaires chargées de juger l’ancien président tchadien Hissène Habré en prison à Dakar.

Pour le collectif des avocats des victimes qui a publié un communiqué, le refus du Tchad de transférer les deux complices de Habré au Sénégal pour qu’ils y soient jugés et le rejet par le Tchad d’une demande de commission rogatoire émanant de Dakar, montrent le mépris de Ndjamena pour les Chambres africaines extraordinaires et le mandat de l’Union africaine.

Le tribunal spécial pour Habré a sollicité à plusieurs reprises les autorités tchadiennes afin d’entendre les deux hommes qui sont en détention provisoire à Ndjamena.

Pour les avocats des victimes, les autorités tchadiennes ont ralenti la procédure montrant ainsi qu’elles ne respectent pas la justice africaine et internationale.

«Les changements répétés ces derniers mois au sein de la magistrature tchadienne, l’accélération soudaine de la procédure contre les anciens complices alors que le nouveau procureur général de N’Djaména vient à peine de prendre ses fonctions et la remise en liberté de certains anciens tortionnaires sans qu’en soient notifiés les avocats des victimes, montrent le dédain de l’Etat tchadien pour les règles de procédure », regrette le collectif des avocats des victimes de l’ancien chef d’Etat du Tchad, Hissène Habré.

Baba Mballo

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