REMANIEMENT MINISTERIEL Raisons d'un limogeage

2 avril 2012 -1er septembre 2013 ! C’est le temps que Abdoul Mbaye aura passé à la tête du premier gouvernement de Macky Sall depuis l’accession de celui-ci à la magistrature suprême, le 25 mars 2012. M. Mbaye aura fait exactement 17 mois comme Premier ministre et, le terme mis à ses fonctions est aussi surprenant aux yeux de certains que sa nomination, le 2 avril 2012. D’autant plus surprenant que Mbaye n’a cessé en tant que chef du gouvernement, de vanter les mérites du Chef de l’Etat et entendait le soutenir afin qu’il obtienne un deuxième mandat de cinq ans en 2017.abdoulmbaye_1

Seulement la situation socio-économique du pays ne lui permettait plus de poursuivre sa mission. Dans un contexte de tension vive et palpable. Des récriminations sont agitées pour fustiger la manière de gérer le pays.

La « rupture » tant chantée et attendue, tarde encore à se concrétiser. Pendant ce temps, on assiste à une certaine cacophonie dans la gestion des affaires de l’Etat notamment sur la traque des biens supposés mal acquis avec son lot de maladresses. La tendance à médiation pénale relativement aux «pilleurs» de la République, mais aussi sur l’utilisation des fonds remboursés.

Mais le limogeage de Abdoul Mbaye pourrait aussi être d’ordre politique. En tant que technocrate et en perspective des échéances électorales à venir (Locales 2014 et Présidentielle 2017), le désormais ex-Premier ministre n’était plus l’homme de la situation. Ces joutes vont entrainer forcément la recomposition de la coalition Benno Bokk Yakaar qui est de plus en plus fragilisée par des sorties au vitriol des parties qui la composent. Pis, l’Alliance pour la République n’étant toujours pas structurée, Macky Sall ne peut se permettre de sortir le bâton à tout va. Au contraire ! Il est obligé de négocier et souvent même de se plier aux exigences de ses partenaires stratégiques. Surtout, ceux qui font, pour l’heure, preuve de loyauté.
Quid des inondations ? Leur gestion cette année pose aussi de sérieux problèmes. On a comme l’impression que l’Etat n’a d’autre solution que celle de renvoyer la responsabilité à ceux « qui ont choisi d’habiter dans des zones non aedificandi». Une vérité difficile à supporter pour les sinistrés et leurs proches parents.

Les dossiers qui auraient perdu Abdoul Mbaye embrassent les affaires Habré et du CIO font aussi partie des odeurs qui ont « pourri » l’atmosphère.

Même si l’argent ne figure pas sur la liste des chefs d’accusation retenus contre l’ancien président de la République du Tchad poursuivi pour  crime de guerre, crime contre l’humanité et tortures, il y a de fortes chances qu’il y ait eu des trébuchements lors du procès. Au cas échéant, les avocats de la défense ne vont pas hésiter à appeler l’ancien PM à témoigner sur les transactions financières de Hussein Habré à l’époque. Même si au mois le 26 décembre 2012, Abdoul Mbaye s’est exprimé sur le sujet devant la représentation nationale.

Quant au dossier du CIO, la candidature de Abdoul Mbaye a été décriée par le mouvement sportif notamment le Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) qui y voit une volonté manifeste de barrer la route à son «rival» Mamadou Diagna Ndiaye, soutenu par le président de la République, Macky Sall. Souleymane Jules Diop avait d’ailleurs déclaré que le Chef de l’Etat «en tirerai toutes les conséquences nécessaires».

Souvent discret, Abdoul Mbaye a dernièrement effectué des sorties médiatiques diversement appréciées. Selon certains observateurs, il aurait fait preuve de maladresses dans le verbe qui lui aurait coûté son poste.
Désormais, c’est Aminata Touré dite «Mimi» qui prend les commandes avec comme mission d’améliorer les conditions d’existence des sénégalais.

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