Réouverture envisagée de la frontière entre le Sénégal et la Guinée : Les populations de Vélingara entre crainte et joie

La réouverture envisagée de la frontière entre le Sénégal et la République de Guinée est diversement appréciée dans le département de Vélingara, frontalier à ce pays, affecté par la fièvre hémorragique à virus Ebola.

L’annonce de la nouvelle d’une possible réouverture a été accueillie par des rires et des interrogations dubitatives à Diaobé commune, qui abrite un marché hebdomadaire sous régional, qui doit sa notoriété aux marchandises emmenées par la forte colonie de commerçants et commerçantes du pays de Alpha Kondé.

Fatou Camara Kébé, habitante de Diaobé, manifeste son impatience : «Depuis six mois, les populations de Diaobé parviennent difficilement à joindre les deux bouts. Ce sont les Guinéens qui font Diaobé avec leurs nombreuses marchandises, qui attirent des clients de toutes les régions du pays et au-delà de nos frontières. Nous continuons à fréquenter le marché, mais nos recettes journalières ont drastiquement baissé du fait de la baisse de la fréquentation.»

Le gestionnaire de la commune de Diaobé ne dit pas autre chose. Amadou Baldé explique : «Beau­coup de familles vivent des activités liées au marché. Sa fermeture a mis un terme à ces activités. Au même moment, les habitués du marché n’ont pas eu d’opportunités de reconversion. C’était la galère.»

La municipalité affiche également un large sourire à la perspective que les Guinéens vont faire leur come-back dans la commune-marché. Et pour cause, selon Baldé, «avant la fermeture de la frontière aux Guinéen, la commune collectait des taxes hebdomadaires de l’ordre de 1 million de francs Cfa. Actuellement, nous ne parvenons pas à réaliser une recette de 500 mille francs par semaine dans ce marché».

Sur un autre registre, Mamadou Lamarana Diallo, basé dans la commune de Vélingara et originaire de la Guinée, s’exclame de joie : «Nos parents d’un certain âge qui ont passé la fête de Korité au pays n’ont pas pu revenir au Sénégal depuis lors pour reprendre leurs activités économiques ou s’occuper de leur famille. Cela pourrait être désormais le cas.»

Toutefois, les raisons de nourrir des craintes ne manquent pas. Hamadou Kandé, un habitué du marché de Diaobé, ne cache pas son spleen : «Ce sont les ressortissants de la Guinée forestière et de la Sierre Leone, les foyers de l’épidémie, qui emmènent l’huile de palme et le ‘’Café Touba’’.»

Pour lui, il faut absolument, en cas de réouverture de la frontière, surveiller les entrées en plaçant des brigades sanitaires mobiles pour dépister ceux qui entrent dans le pays. «Sinon, prévient-il, ce serait la catastrophe pour Diaobé et pour le pays».

akamara@lequotidien.sn

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