REPORT – Délégations spéciales ou prolongation du mandat des élus : Un Macky, deux scénarii

Macky Sall Gros Plan TetePour le moment, l’installation de délégations spéciales n’effleure pas les esprits.

Mais si ce scénario venait à surprendre, ce serait une guerre d’abord entre l’Apr et les alliés de Benno bokk yaakaar, le Ps et l’Afp notamment, qui contrôlent les grandes mairies.

C’est en cela que la prorogation du mandat des élus locaux est plus plausible.

Un report des Locales a d’autres conséquences politiques. Au-delà de la possible compromission de la rencontre annoncée entre le président de la République et l’opposition, il indisposera davantage la coalition Benno bokk yaakaar (la majorité présidentielle).

Si en 2001, le régime de l’alternance avait subi les grosses foudres de la nouvelle opposition, principalement du Parti socialiste (Ps), c’est parce que les collectivités locales étaient presque dans leur totalité entre les mains de Ousmane Tanor Dieng et ses camarades.

Et le fort dépit des Sénégalais, qui avaient encore en mémoire leur bilan, ne plaidait pas en leur faveur pour espérer une quelconque sympathie à leur égard. Même si Moustapha Niasse, après 11 mois avec Wade, était déjà dehors et aux côtés de l’opposition réunie autour du Cadre permanent de concertation (Cpc).

Mais pour ce report de mars à juin, il s’agit de collectivités dont les plus importantes sont contrôlées, non pas par l’opposition, mais par la coalition au pouvoir elle-même. Non plus par le parti du Président, comme ce fut le Ps en 2001, mais par ses alliés et surtout ses adversaires aux prochaines Locales.

Et c’est ce qui fait toute la délicatesse de cette décision. Car Macky Sall est conscient des conséquences de l’installation éventuelle de délégations spéciales qui mettront ses alliés (Tanor, Niasse- Idy, hier) en stand-by. Le faire serait vu comme la réédition du coup de Wade qui a géré le timing en sa faveur pour récupérer les bastions socialistes les plus complexes.

C’est pourquoi la prorogation du mandat des élus jusqu’à juin est non seulement, comme le dit l’expert, Amadou Sène Niang, «l’option la plus judicieuse» (voir ailleurs), mais elle est aussi la plus plausible.

Elle rassure les alliés de Benno bokk yaakaar que le parti présidentiel, malgré ses ambitions légitimes de reprendre Dakar et les autres grandes villes, n’est pas si gourmand au point d’oublier ce fair-play. Quoique Macky Sall est allé dans certaines localités sous la bannière de Benno siggil senegaal en 2009 là où la coalition Dekkal ngor avait peu de chances de s’imposer. C’est le cas chez lui, à Fatick.

hamath@lequotidien.sn

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