Retombées de la visite du président OBAMA : Les Etats-Unis vont financer l’agriculture et les infrastructures.

« Disso » (concertations), « gno far !» (on est ensemble), « Dieuredieuf » (merci), un clin d’œil au sport national sénégalais, la lutte. Le président des Etats-Unis, Barack Obama a cité quelques facettes de la culture et des expressions sénégalaises. Macky Sall  et Barack Obama

Une manière d’exprimer sa satisfaction d’être l’hôte du pays de la Téranga pendant 48 heures. Il a dit que les Usa vont construire des infrastructures routières et accompagner l’agriculture au Sénégal. M. Obama a remercié les Sénégalais pour l’accueil qui lui a été réservé. Il a promis d’étudier les modalités de reconduction de l’Agoa, cette disposition qui permet aux opérateurs économiques sénégalais d’exporter leurs produits aux Usa sans payer des taxes.
« Je vais chercher des modalités de reconduction et d’amélioration  de l’Agoa, la Loi sur le développement des opportunités en Afrique pour accompagner davantage le commerce et l’emploi entre les deux pays », a déclaré, hier, le président des Etats-Unis, Barack Obama. C’était lors de la conférence de presse qu’il co-animait avec le président, Macky Sall au Palais de la République. Le président Obama, visiblement satisfait de l’accueil populaire que les Sénégalais lui ont réservé devant les grilles du Palais, la cathédrale de Dakar, le Théâtre Daniel Sorano, a souligné que son pays veut renforcer ses relations avec le pays de la Téranga. « Nous voulons être votre partenaire pour les années à venir pour montrer  que la démocratie donne lieu à des progrès », a-t-il dit devant plus d’une centaine de journalistes africains et occidentaux.

Etude pour la reconduction de l’agoa
Barack Obama a révélé avoir parlé avec le président Sall de la nécessité pour Dakar et Washington d’augmenter leur volume de commerce afin de faciliter l’investissement mutuel. Il a dit avoir demandé à son conseiller en commerce de finaliser un nouvel accord d’investissement avec la Cedeao. « La croissance doit, à terme, toucher davantage de populations. Nous pensons qu’il va s’agir d’un développement vaste pour tout le monde », s’est-il empressé de préciser. Le président des Etats-Unis a exprimé sa fierté d’être au Sénégal dans le cadre du 50ème anniversaire du Corps de la Paix. « Les Etats-Unis vont demeurer l’un des partenaires les plus forts du Sénégal dans ce domaine.

Nous allons construire de nouvelles routes, des ponts pour que les marchands puissent écouler leurs marchandises, pour qu’il y ait davantage de manuels scolaires, de connectivité Internet afin que les enfants puissent apprendre », a-t-il souligné. M. Obama a également dit que les Usa vont soutenir le secteur agricole au Sénégal. « Vu que la plupart des gens au Sénégal et en Afrique travaille dans l’agriculture, nous allons aider les agriculteurs à développer de nouvelles semences pour augmenter les rendements », a-t-il déclaré. M. Obama a poursuivi : « à mesure que le président Sall entame une réforme foncière, nous allons augmenter cette affluence pour la sécurité alimentaire ».

Babacar DIONE

« Le Sénégal, une démocratie stable? »
Dans le domaine de la santé, il a indiqué que les deux pays vont poursuivre les efforts communs contre le Vih-Sida, soulignant que ces efforts ont permis  de maintenir à un niveau bas le taux d’infection.  S’agissant de la lutte contre le paludisme, Obama a laissé entendre que les Etats-Unis vont continuer à distribuer des moustiquaires pour protéger les Sénégalais contre cette maladie.
Les autres pays africains vont également continuer à bénéficier du soutien des Américains. « L’Afrique est confrontée à beaucoup de défis et répondre à ces défis ensemble est l’axe de concentration de ce voyage », a dit Barack, Obama qui déplore le fait que la presse internationale ne s’intéresse à l’Afrique que pendant les périodes de crises. « Très souvent, le monde ne tient pas compte des progrès réalisés en Afrique. Les pays d’Afrique ont fait énormément d’avancées en démocratie. Il y a des progrès au Libéria, en Sierra Léone, au Niger, au Ghana et au Sénégal », a-t-il affirmé. Pour le président Obama, le Sénégal est l’une des démocraties les plus stables d’Afrique et un des partenaires les plus forts de la région. D’où sa décision de recevoir, en mars dernier, le président Sénégalais et d’effectuer une visite officielle à Dakar.
Il s’est réjoui des réformes entamées par le Sénégal pour renforcer les institutions démocratiques. « Les Africains demanderont davantage de gouvernements responsables au profit des populations. Le Sénégal est un grand exemple. On utilise le mot « Disso », cela montre le truchement des Sénégalais à régler leurs différends par le dialogue », a-t-il dit. Le président des Etats-Unis a ajouté : « le Sénégal n’a jamais connu de coup d’Etat militaire. Il y a des élections libres et équitables. Des alternances pacifiques. Une société civile en plein essor. Une presse forte et des douzaines de partis politiques ».

B. DIONE

Maintien de la paix : Le courage des soldats sénégalais magnifié
Le président Barack Obama a salué hier l’engagement des soldats sénégalais dans les opérations de maintien de la paix en Afrique. « Les forces de maintien de la paix du Sénégal ont été très courageux en Côte d’Ivoire et au Congo », a dit le président Obama devant son homologue sénégalais, Macky Sall avec qui il animait une conférence de presse. Barack Obama a remercié le Sénégal qui est, selon lui, « un partenaire fort pour la sécurité régionale ». Le président Obama a également dit que les troupes sénégalaises aident le Mali à recouvrer son pays, révélant avoir accordé au président Sall son soutien dans le cadre de cette mission.

Macky Sall a, pour sa part, fait savoir que le Sénégal continuera à fournir des soldats pour le maintien de la paix  dans le monde. « Nous sommes présents dans plus de cinq pays avec  plus de 2.000 soldats. Nous pourrons monter en puissance si nous avons l’appui et l’accompagnement nécessaires », a lancé le président Sall.
S’agissant de la crise malienne, Macky Sall a remercié le président Obama pour le soutien des Etats-Unis. « Aujourd’hui, ce sont les Etats-Unis qui donnent toute l’alimentation et le carburant utilisé par la force des Nations-unis pour le Mali après que la France a pris une décision que nous avons approuvée avec l’intervention de la force Serval », a-t-il fait remarquer.

Macky Sall : « Nous ne sommes pas prêts à dépénaliser l’homosexualité »
Lors de sa conférence de presse conjointe avec son homologue américain, Barack Obama, le président de la République, Macky Sall, a déclaré que le Sénégal n’est pas prêt à dépénaliser l’homosexualité.
Le débat sur l’homosexualité qui s’invite, depuis quelques temps dans l’espace public sénégalais, va certainement s’estomper. Face à la presse nationale et internationale, en présence du président des Etats-Unis, Macky Sall a réaffirmé la décision de son gouvernement de ne pas dépénaliser l’homosexualité au Sénégal. « On n’est pas prêt à dépénaliser l’homosexualité. Je l’ai dit en Conseil des ministres. C’est l’option du Sénégal pour le moment, mais tout en respectant les droits des homosexuels. Nous ne sommes pas disposés à lever cette disposition de la Loi », a déclaré le président de la République.
Macky Sall a donné la position de son gouvernement après avoir entendu son homologue américain saluer la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser le mariage gay et appeler au respect de la liberté pour tous les citoyens. « Monsieur le président, vous avez dit quelque chose d’essentielle. Il y a des principes généraux que toutes les nations peuvent partager. C’est le respect de la personne humaine. C’est la non-discrimination, mais ces questions fondamentalement sont des questions de société. Et il ne saurait y avoir un modèle fixe applicable sur toutes les Nations », a rétorqué le président Sall.
Reprenant les propos du président des Etats-Unis qui a relativisé ses propos en mettant en exergue les réalités propres aux Etats, Macky Sall a déclaré : « nous avons des cultures différentes, des religions différentes, des traditions différentes. Dans les pays où la dépénalisation est appliquée, les avis ne sont pas partagés. Le Sénégal est un pays tolérant. Il n’y a pas de discrimination en termes de traitement sur les droits inaliénables de la personne. On ne dit pas à quelqu’un tu ne seras pas recruté parce que tu es un homosexuel. Tu n’as pas accès à un tel emploi puisque tu  as une autre orientation sexuelle ».
Macky Sall a précisé que la position de son gouvernement ne signifie pas que les Sénégalais sont homophobes. « Il faut que la société absorbe cette question, qu’elle prenne le temps de les traiter sans qu’il ait une pression. C’est comme la peine de mort. Nous l’avons abolie depuis longtemps.    Nous respectons les droits de chaque pays. Soyez rassurés. Le Sénégal est un pays de liberté.
Et les homosexuels ne sont pas pourchassés, mais il faut qu’ils respectent les choix des autres sénégalais ». Il ajoute que le gouvernement du Sénégal a des questions en discussion sur l’adoption des enfants. « Nous avons un débat très actif. L’Assemblée nationale va prendre le relais. Ce sont des questions qu’il faut laisser à la société. Celle-ci les régulera en fonction des mentalités et en fonction de ce que les gens considèrent comme acceptable ou pas acceptable », a-t-il martelé.

B. DIONE

Obama : « La question de l’homosexualité n’a pas été abordée durant notre entretien ».
Le président des Etats-Unis d’Amérique Barack Obama a déclaré, hier, que la question de l’homosexualité n’a pas été au menu de son tête-à-tête avec son homologue sénégalais Macky Sall. Selon lui, l’homosexualité et le lesbianisme sont des questions controversées dans beaucoup de régions en Afrique. ‘’Durant mon entretien avec le président Sall sur la coopération bilatérale, la question de l’homosexualité n’a pas été mentionnée’’, a déclaré Barack Obama lors de sa conférence de presse conjointe avec Macky Sall au Palais de la République.
Interpelé sur la question par une journaliste américaine, M. Obama n’a pas varié quant à sa position sur l’homosexualité. ‘’Nous sommes tous égaux devant la loi. Il s’agit d’une étape de plus pour faire en sorte que ce principe fondamental s’applique à tout le monde (…). Nous allons gérer ces questions de manière systématique et expéditive’’, a notamment dit Barack Obama.
Il a, tout de même, reconnu que chaque pays a ses coutumes, ses traditions et ses convictions religieuses qu’il peut faire valoir en ce qui concerne l’homosexualité.

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