RETRO – Décryptage des artistes : 2014, une année culturellement pas facile

Décryptage des artistesL’année 2014 est terminée. Il est donc venu l’heure des bilans et des perspectives. De nombreux évènements, de très bons comme de très mauvais ont marqué le paysage culturel sénégalais.

Et pour un meilleur décryptage, Le Quotidien donne la parole aux acteurs de tous bords, hommes de culture, artistes musiciens, rappeur, danseur, comédien, pour qu’ils donnent leurs impressions, ce qu’ils retiennent et surtout  ce qu’ils souhaitent pour l’année 2015.

Guissé Pène, secrétaire général de l’Association des métiers de la musique au Sénégal (Ams)
«L’état a pris la culture comme un amusement»
Durant l’année 2014, ce qui m’a le plus marqué, c’est le retour sur scène de YoussouNdour. En plus de cela, j’ai remarqué que cette année les artistes ont envahi les grandes scènes. Ce qui me dérange tout juste c’est que l’Etat a pris la culture comme un amusement et il faut que ça cesse… Les artistes sont sans soutien et sans accompagnement. Il faut vraiment qu’ils arrêtent. Pour que ça marche en 2015, je souhaite que l’Etat intègre la culture et que les artistes soient soutenus, accompagnés dans toutes leurs entreprises.

Elie Charles Moreau, Ecrivain, directeur des éditions Le Nègre International
«Je n’ai rien retenu de bon»
Je n’ai rien retenu de l’année 2014 sur le plan culturel. Absolument rien du tout! Je vous renvoie au texte que j’ai écrit sur la politique culturelle de Senghor à Macky Sall.

Pr Omar Sankaré, Ecrivain, Agrégé en Grammaire française
«Nous sommes dans une culture de récréation»
Le bilan culturel de l’année 2014 est négatif. D’abord, le sommet de la Francophonie a été dévié vers la politique et l’économie et pas la culture. Au sujet de ce sommet de la Fran­cophonie, je déplore le fait que le Président Abdou Diouf m’est écarté. J’ai fait des déclarations sur lui et cela ne lui a pas plu. C’est pourquoi ils m’ont mis à l’écart… Ensuite, il n’y a pas de liberté d’expression pour le monde de la culture. Les gens ne lisent pas. En plus, ils critiquent tout ce qui bouge en commençant par mon ouvrage que j’ai sorti. Beaucoup de personnes n’ont même pas lu, mais ont passé leur temps à dénigrer. La majeure partie des gens, qui se sont exprimés sur l’œuvre, n’ont même pas lu, car sur 2 millions de personnes qui en n’ont parlé, il n’y a que 100 exemplaires qui ont été vendus. J’en déduis que nous ne sommes pas dans une culture intellectuelle mais une culture de récréation.

Thiat du groupe Keur Gui, membre de Y’en a Marre
«A partir de 2015, il faut organiser des Grammy Awards»
2014 a été une bonne année. Le bilan est très positif. Le hip-hop est parti de plus belle. Beaucoup de fêtes, de festivals ont eu lieu cette année contrairement aux autres. De bons sons sont apparus et le Grand Théâtre a beaucoup aidé les jeunes artistes. C’est une très bonne chose : la démocratie dans la musique. Les jeunes artistes sont plus conscients et proposent de nouvelles sonorités…Je souhaite que 2015 soit le début du commencement de nouvelles initiatives. Qu’on apprenne à honorer les artistes en organisant des Grammy Awards. Car c’est injuste que l’artiste travaille jusqu’à la fin de l’année, sans être récompensé. Il faut aussi arrêter de diffuser les films occidentaux alors qu’on a des talents ici qu’on peut promouvoir. Il faut enfin, que la presse en ligne diffuse des infos sûres. Et surtout que le hip-hop aille de l’avant.

Iba Guèye Massar, artiste reggae
«2014 a été une année positive»
2014 a été une année positive car depuis le 17décembre dernier, on note qu’on est sur le point de remplacer le Bsda par une société de gestion collective. Ce qui permettra à l’édition, à la musique…, à la communication d’aller de l’avant. A partir de ce moment, les artistes pourront vivre de leur art. Au-delà des grands événements à savoir le sommet de la Francophonie qui n’a pas été très culturel mais plutôt politique, il y a l’apparition de Marema Fall qui m’a marqué. Elle est devenue, après la sortie de son premier album, prix Décou­vertes Rfi 2014. Nous devons enfin, essayer de faire en sorte que le reggae émerge. Car c’est une musique très écoutée et qui n’a pas l’aide de créance qu’il mérite.

Malal Ndiaye, Président de Ballet et Danse du Sénégal
«En 2015, je veux voir le statut des artistes finalisé»
Je regrette les décès de : Omar Ndao et Macodou Mbengue. Ces départs ont attristé tout le secteur culturel et moi particulièrement. J’ai toujours le sentiment qu’on n’a pas encore fini de recevoir leurs enseignements et qu’ils sont partis. Les deux évènements qui m’ont marqué sur le plan culturel, c’est le retour de Youssou Ndour sur scène ainsi que la Francophonie. Main­tenant en ce qui concerne l’année à venir, je veux voir le statut des artistes finalisé et ensuite voir construire une grande scène à Tionk-Essil.

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