SAINT-LOUIS – Pour obtenir la réhabilitation de l’école Abdoulaye Mbengue Khali de Guet-Ndar : Les parents décident de retenir leurs enfants chez eux

Soucieux de la sécurité de leurs enfants, les parents d’élèves de l’école primaire Abdoulaye Mbengue Khali de Guet-Ndar ont décidé de ne plus les envoyer dans cet établissement tant qu’il n’est pas réhabilité.

L’école, vieille de plusieurs dizaines d’années, est dans un état de délabrement très avancé et constitue, selon eux, une menace pour la sécurité des élèves qui la fréquentent.

Les élèves, parents d’élèves et enseignants de l’école Abdoulaye Mbengue Khali de Guet-Ndar n’affichent toujours pas le sourire, quelques jours après la rentrée des classes.

L’établissement, qui accueille près d’un millier d’élèves dans le populeux quartier de pêcheurs, est en effet dans un état de délabrement très avancé qui ne permet pas un déroulement normal des apprentissages.

Selon Baye Diallo, président de l’Association des parents d’élèves, qui a invité la presse à une visite guidée des lieux, l’école est dans une situation alarmante qu’il faut prendre en charge très rapidement pour sauver l’année scolaire.

Le décor trouvé sur place renseigne en effet des raisons du courroux de ces malheureux parents qui ont décidé de se faire entendre pour que le droit à l’éducation de leurs enfants soit respecté. En effet, les salles de classe n’ont plus de toiture, les murs sont délabrés et dans un état qui fait peser beaucoup de risques sur la sécurité des enfants.

A cela s’ajoute le fait que plusieurs pans du mur de clôture sont tombés, laissant la cour de l’école à la merci des enfants et autres badauds. Il en est de même pour le pan du mur de protection séparant l’école et la plage, car largement entamé par l’érosion marine. Le bureau du directeur et les salles de classe que nous avons également visités ne sont pas mieux lotis. Le bureau, dont une partie du plafond s’est effondrée, menace la sécurité du maître des lieux qui n’a dû son salut qu’à la récréation, car c’est en ce moment précis qu’il est tombé.

Dans les salles de classe, la situation est encore pire. Les plafonds n’existent presque pas, la plupart a été emportée par le vent pendant la saison des pluies, alors que les murs tiennent à peine, usés qu’ils ont été par la brise marine. La situation d’insalubrité et de vétusté des locaux qui servent de toilette est à la limite inacceptable. D’ailleurs, pour la sécurité des enfants, ces toilettes ont été fermées depuis plusieurs mois.

Cette situation ne manque d’ailleurs pas de poser d’autres problèmes de sécurité, car la position de l’école, située à quelques mètres du quai de pêche, ne facilite pas les choses, avec le passage des camions de transport du poisson. Pour assurer la sécurité des élèves, les parents sont obligés de faire le pied de grue pour les aider à traverser la route afin qu’ils puissent faire leurs petits besoins.

Face à cette situation, ces parents d’élèves, qui ont loué la qualité du personnel enseignant sur place, ont décidé de retenir leurs enfants jusqu’à ce que les autorités viennent faire le constat elles-mêmes pour trouver des solutions. «Il n’est pas question que nous envoyions nos enfants dans cette école où ils risquent leur vie. Nous préférons qu’ils soient des ignorants plutôt que des cadavres.

On nous parle d’«Ubbi tay, jang tay», mais ici nos enfants risquent de ne pas ouvrir avant l’année prochaine, c’est comme si on était au moyen âge» s’est énervé Baye Diallo, qui a invité dans la même foulée les autorités administratives et académiques à venir visiter l’école pour se rendre compte de la situation qui y prévaut.

Dans la cour de l’école vidée de ses élèves, les enseignants qui semblent perdus discutent certainement des solutions qu’il faut préconiser. Interrogés, le directeur et ses adjoints n’ont pas voulu se prononcer sur cette affaire, pourtant portée au niveau des autorités locales qui n’ont pas pu trouver une solution définitive même si, selon des informations, le préfet du département avait décidé de fermer l’établissement pendant les vacances.

  • Écrit par  Cheikh NDIONGUE

cndiongue@lequotidien.sn

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