Sanctions contre Moscou : une étude confirme leurs ravages pour l’UE… mais pas pour les Etats-Unis

L’institut allemand pour l’économie mondiale de Kiel confirme que les sanctions économiques décidées à l’encontre de la Russie en 2014, continuent de produire leurs effets délétères. Mais pas tant pour la Russie que pour les poids lourds européens.

Les sanctions décidées en 2014 par les Etats-Unis, et ensuite par l’Union europénne (UE) n’ont pas atteint leur but : la Russie n’a pas plié. Mais elles semblent bien avoir scindé le continent eurasiatique en deux, contribuant à isoler économiquement l’Europe de l’Ouest de la Russie.

D’après une étude de l’Institut allemand pour l’économie mondiale de Kiel (IfW), l’Allemagne est le pays qui a perdu le plus – parmi les grandes puissances occidentales – des sanctions économiques occidentales décrétées contre la Russie depuis 2014. «L’Allemagne encaisse presque 40% de la baisse des échanges, tandis que les autres acteurs géopolitiques majeurs […] sont bien moins affectés», affirment les auteurs du rapport, qui n’a pas encore été publié mais qui est cité par les quotidiens Rheinische Post et Franfurter Allgmeine ce 14 décembre 2017.

Les calculs de cette étude montrent que le manque à gagner pour l’économie allemande se chiffre à 618 millions d’euros par mois. Pour la seule année 2015, les échanges entre la Russie et les pays occidentaux à l’origine des sanctions ont chuté de quelque 97 milliards d’euros. Si les entreprises russes ont été touchées à hauteur de 61% de ce montant, les auteurs de l’étude estiment que les entreprises occidentales n’en sont pas sorties indemnes non plus, avec 37,5 milliards d’euros de manque à gagner. Cette année-là, les entreprises européennes ont supporté 90% du manque à gagner, contre 10% pour leurs concurrentes américaines.

En 2017, la ventilation des pertes est comparable. Les sanctions, pourtant destinées à impacter l’économie russe, coûtent aussi au Royaume-Uni une baisse des échanges avec la Russie de 7,9% et à la France, de 4,1%. Les Etats-Unis, qui avaient en 2014 un volume d’échanges commerciaux avec la Russie bien moindre que l’UE, souffrent logiquement moins des sanctions imposées à la Russie, avec une baisse de seulement 0,6%.

L’UE, à la fois pour les sanctions contre la Russie… et inquiète de leurs conséquences

Fin 2014, après le premier train de sanctions imposées après le coup d’Etat pro-Union européenne de Maïdan en Ukraine en février de la même année, puis le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie par référendum, les exportations des Etats-Unis vers la Russie avaient même bondi de 7,8%, selon Le Moniteur du commerce international.

Sur la même période, les exportations des Etats membres de l’UE chutaient fortement en raison des représailles de la Russie, un embargo sur les produits agroalimentaires en provenance de l’Europe, des Etats-Unis, du Canada, de la Norvège, de l’Australie et du Japon. En clair, les poids lourds économiques de l’UE payaient déjà l’essentiel des conséquences des sanctions décrétées contre Moscou, un constat que le rapport de l’IfW confirme trois ans plus tard.

Dans le même temps, les sanctions occidentales ont agi comme des mesures protectionnistes en faveur de la Russie, qui en a profité pour développer son propre secteur agroalimentaire et redéployer ses relations commerciales avec certains pays d’Asie, à l’instar de la Chine.

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