Sénégal: la défense de Habré rumine sa colère suite au «blocage de son recours»

L’ancien président du Tchad Hissene Habre, à gauche, lève la main alors qu’il part du tribunal de Dakar sous escorte de la police sénégalaise, novembre 2005
L’ancien président du Tchad Hissene Habre, à gauche, lève la main alors qu’il part du tribunal de Dakar sous escorte de la police sénégalaise, novembre 2005
L’ancien président du Tchad Hissene Habre, à gauche, lève la main alors qu’il part du tribunal de Dakar sous escorte de la police sénégalaise, novembre 2005

Les avocats de Hissène Habré  ont dénoncé, lundi, le comportement des juridictions sénégalaises envers leur recours dénonçant la violation de la Constitution par l’accord de création des Chambres Africaines Extraordinaires (Cae).

«Le blocage est  organisé par la Cour suprême et n’avait pour but que de permettre aux chambres africaines illégales de boucler la fin de l’instruction, sans que l’institution (…) ne puisse se prononcer sur la légalité de celles-ci», ont indique, dans un communiqué, les avocats de l’ex-président tchadien en détention préventive à Dakar. Ledit recours a été introduit Juillet 2013.

Après 19 mois de blocage et suite au décès du Président du Conseil Constitutionnel sénégalais, la Cour Suprême, «dans son audience du 23 janvier 2015, a décidé de transférer le recours au Conseil Constitutionnel».

Incomplet dans sa composition, le Conseil Constitutionnel ne pouvant statuer dans le délai de 20 jours imparti par la loi, doit attendre désormais que le président de la République désigne son nouveau président et son vice-président dont le mandat a expiré, souligne le communiqué de la défense de Habré.  

Ce retard, estiment les avocats, avait pour but de permettre aux chambres africaines «illégales de poursuivre la mise en œuvre d’une procédure violant toutes les règles du procès équitable et qui n’avait d’autre objet que de finaliser le complot dont l’objectif est d’obtenir la condamnation du Président Habré».

Selon les conseils de Hissène Habré, la Cour Suprême a donc joué sa partition dans l’affaire de l’ex-président tchadien, en «manœuvrant et empêchant que le droit soit dit mais aussi privé, jusqu’à ce jour, Habré de l’exercice d’un droit essentiel à savoir l’accès au juge constitutionnel ».

Vendredi dernier, les Chambres africaines extraordinaires créés par le Sénégal et l’Union africaine (UA) pour juger M. Habré, ont rendu une ordonnance qui «renvoie l’inculpé Hissène Habré» devant une cour d’assises spéciale. Il  y sera jugé pour «crime contre l’humanité, crimes de guerre et crime de torture».

L’ex-président tchadien avait été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar puis inculpé le 2 juillet 2013 par le tribunal spécial et placé en détention préventive. La date de son procès n’a pas été précisée.

© OEIL D’AFRIQUE

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