SENEGAL-POLITIQUE-DECENTRALISATION: Bok Gis Gis invite Macky Sall à différer la réforme

pape diopDakar (APS) – La Convergence démocratique Bok Gis Gis (opposition) a invité, jeudi, le gouvernement sénégalais à différer la réforme sur l’Acte 3 de la décentralisation pour tenir les prochaines élections locales à la date fixée afin de respecter le calendrier de la République.

‘’Nous demandons au Président (Macky Sall) de maintenir les élections en mars 2014 et de pousser un peu les réformes après les élections, d’ici cinq ans, car la réforme on la fait doucement et posément dans un large consensus’’, a dit Daour Niang Ndiaye du Comité directeur de Bok Gis Gis.

Le chef de l’Etat souhaite faire une réforme dans l’aménagement du territoire (acte 3) visant à faire des communautés rurales des communes et à donner au département le statut d’une collectivité locale, à partir de 2014.

La finalité est de construire un Sénégal nouveau, à partir de ses territoires, en mettant fin aux injustices sociales et en créant des espaces de solidarité et de citoyenneté, avait déclaré El Hadji Oumar Youm, ministre de l’Aménagement du territoire et des Collectivités locales.

S’exprimant au terme de la rencontre du comité directeur de sa formation, Daour Niang Ndiaye a insisté sur la nécessité de différer l’Acte 3 de la décentralisation. ‘’Il n’est jamais trop tard pour réformer, mais avant de le faire, il faut s’asseoir sur quelques chose de solide’’, a-t-il ajouté.

Depuis 1996, a-t-il rappelé, il y a des projets de décrets d’application de cette réforme et jusqu’a présent aucun décret n’est signé ni appliqué. ‘’Comment peut-on faire une autre réforme alors que celle qui est là a beaucoup de problèmes et n’est pas revisitée pour voir ce qu’il faut garder et ce qu’il faut changer’’, a-t-il dit.

M. Ndiaye a estimé qu’il était bien pour un gouvernement de poser un acte, mais auparavant il faudrait faire l’inventaire de l’existant. ‘’Dès lors que la réforme de 1996 avait tellement d’insuffisances, nous aurions souhaité qu’une évaluation de cet acte posé par le Parti socialiste soit faite’’, a-t-il ajouté.

L’ancien député-maire libéral de Pikine, avec le Parti démocratique sénégalais (PDS), a souligné des problèmes de compétences qui se posaient déjà entre la ville et les communes d’arrondissement dans la région de Dakar, relativement à la dernière réforme sur la décentralisation des pouvoirs.

‘’A part la ville de Dakar, toutes les autres communes ont des problèmes d’argent et je pense que la fiscalité locale pourrait beaucoup aider les maires, car pour pouvoir travailler ils ont besoin d’une certaine somme’’, a soutenu Daour Niang Ndiaye, qui chemine avec Pape Diop, ancien président de l’ex-Sénat.

‘’La péréquation de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est encaissée par l’Etat et nous avions demandé à ce qu’un pourcentage puisse être alloué aux communes pour les aider. Ce n’est toujours pas fait, de même que (le statut de) la Fonction publique locale qui n’est pas appliquée’’, a signalé M. Ndiaye.

De son côté, l’ancien ministre d’Etat Bécaye Diop a estimé qu’un report des élections au mois de juin les feraient coïncider avec la saison des pluies rendant impossible la tenue du vote dans certains endroits du pays. ‘’Nous pouvons faire des réformes tout en respectant le calendrier républicain’’, a-t-il dit.

Il y a trop de réformes au Sénégal alors qu’elles pouvaient être mises ensemble avec l’implication de la société civile, des politiques et de l’Administrations afin de trouver un consensus qui permettrait d’aller de l’avant, a indiqué le maire de Kolda (670 km, Sud).

‘’L’acte 3 de la décentralisation, il aurait était plus simple d’évaluer d’abord, corriger de manière consensuelle celle que nous avons ici (et qui) a des insuffisances même si par ailleurs d’un certain côté elle a été utile’’, a-t-il poursuivi.

SK/SAB

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